La différence entre une foule et une communauté!

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Je suis obligée d’admettre que le titre en anglais serait sans doute plus évocateur qu’il ne l’est en français. En effet, les mots « Crowd » et « community » sont définitivement plus utilisés dans le langage courant du Web. Dans la foulée du « crowd-tout-et-rien » (sourcing, funding, coding, design, etc.), avez-vous déjà entendu parler du foulefinancement, du foulecodage ou du foulesource? Sûrement que non, mais du crowdfunding ou du crowdsourcing sûrement. La variante en français se concentre plus sur le mot social comme dans le sociofinancement ou socio-tout-et-rien! Peu importe votre allégeance pour Shakespeare ou Molière, disons que la même question demeure pertinente: qu’elle est la différence entre ces deux notions souvent confondues?

L’aspect « social » pour différencier foule et communauté?

À l’ère des médias sociaux, nous pouvons affirmer que nos modes de vie sont totalement transformés et les conséquences dans notre quotidien sont énormes. Mais cela ne justifie pas l’utilisation du mot « social » lorsque nous parlons de  « foule » et selon moi, c’est un raccourci à éviter. Si je suis dans un cocktail, je suis en pleine activité dite sociale, tout comme si je publie sur mon mur de Facebook ou LinkedIn. De la même façon, si quelqu’un partage un commentaire anonyme dans un blogue, il fait une activité considérée sociale dans le vocabulaire du Web. Mais la réalité est plus nuancée et complexe à la fois. Une foule est anonyme et représente un grand nombre de personnes indifférenciées. C’est la création d’une entité qui agrège les individus qui la compose.

Nous entendons depuis longtemps que l’âge mental d’une foule est généralement celui d’un enfant de plus ou moins 7 ans. Parce qu’un individu caché dans une foule perd son individualité et ses inhibitions. Une foule est donc une masse transformée en animal « social » qui aurait brisé sa laisse. Si vous y ajoutez l’anonymat, fort utile pour ces « animaux » affamés de polémiques et chaos, notre ère est parfaite pour servir les intérêts de ceux qui savent manipuler ces bêtes, tout sauf sociales, selon moi. Nous pouvons affirmer que Trump a su utiliser les foules hargneuses à son avantage, comme Obama l’avait fait avant lui dans une foulée plus positive disons-le. Les foules sont utiles pour sonder l’opinion publique et tâter le pouls d’une humeur collective. Je ne parle pas ici des méthodes pour le faire, car sur ce point, les foules en sont les seuls juges selon le principe de la démocratie. Avouons cependant que les médias, dits sociaux, ont engendré la capacité de manipuler les foules plus rapidement et plus dangereusement aussi. Imaginez si Hitler revenait à notre ère numérisée… hum! Un sujet que j’ai abordé dans mon livre et qui semble avoir été un peu trop prophétique.

Voilà déjà une énorme différence, une communauté est composée d’individus identifiés qui partagent des idées et des intérêts à la lumière du jour et qui assument leur individualité pour faire avancer les débats ou faire rouler une économie de partage. Je pourrais même aller jusqu’à dire que les communautés seraient plus l’exemple parfait de l’intelligence collective alors que l’on peut douter parfois de la sagesse des foules. La Présence dont je parle n’est pas visible dans les foules, mais dans une communauté.

L’aspect « économique » d’une foule ou d’une communauté

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Après l’obsolescence planifiée, la chronophagie ou la perte de temps planifiée!

Temps de lecture estimé : 4 minuteschronophagie planifiée

Maintenant que nous sommes résignés au phénomène de l’obsolescence planifiée dans le dessein socialement acceptable de faire tourner l’économie, et l’hypocrisie des multinationales, obsédées par des profits de plus en plus gros sur le dos des consommateurs, qui réduisent volontairement la durée de vie des produits, il ne restait que notre temps à usurper, et c’est fait! Après tout, le temps c’est de l’argent, surtout celui des autres! Vous connaissez Tristan Harris, cet ex-ingénieur informatique de Google responsable de la philosophie des produits? Vous ne le trouverez plus dans les corridors chez Google, car dorénavant, il a choisi de dénoncer ce à quoi il a lui-même contribué : nous voler des heures de notre vie. Je le découvre avec espoir, et j’espère que vous aussi.

Pour faire suite à mon article sur la réalité augmentée en lien avec le phénomène de Pokémon Go, un lecteur m’a partagé un article paru dans l’OBS rue 89 . Franchement, j’ai laissé tomber la mâchoire devant cette lecture. Je ne saurais écrire un article mieux étoffé pour expliquer le phénomène dont il est question, mais je vous éviterai de « perdre du temps » au risque d’être incohérente avec le titre de cet article, et je vous résumerai donc l’essentiel des propos. Mais je vous invite à le lire, c’est fascinant. 😉

La dérive numérique à son paroxysme

Expliquons d’abord cette perte de temps savamment organisée par Google, Facebook et compagnie. M. Harris précise qu’il a terminé son programme de formation en étudiant pour devenir membre du laboratoire de « persuasion » technologique de Stanford. Le but ultime de ce laboratoire est de trouver les meilleurs moyens pour que les gens complètent un formulaire jusqu’à la fin, ou comment les convaincre d’ouvrir un courriel et de cliquer sur des liens et plus encore pour qu’ils suivent le plan de navigation prévu. Nous sommes donc dans l’art de la persuasion afin de s’accaparer la meilleure part de notre attention dans cette nouvelle économie d’attention. Tels des magiciens du Web, les designers, les psychologues, les programmeurs et tutti quanti mobilisent leurs talents au service de notre dérive attentionnelle afin de nous convaincre de rester le plus longtemps possible dans une application X, ou un réseau Y. C’est de bonne guerre non? On nous offre des gratuités, des alertes, des rappels, on gère nos fils de nouvelles, on décide pour nous qui apparaîtra dans nos murs, et j’en passe, et tout ça afin de revendre votre attention à des intérêts commerciaux. Jusque-là rien de nouveau dans cette approche à la base des plus grands succès du Web. Là où je suis estomaquée, c’est à quel point on déploie des efforts conscients pour nous rendre complètement dépendants d’un agenda qui n’est pas le nôtre, et que nous soyons si naïfs au point de nous laisser dériver volontairement. Oups, j’ai reçu trois alertes depuis que j’écris cet article…reste concentrée Sylvie…ils ne réussiront pas!

Qui se préoccupe des conséquences?

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Laissez-vous une belle marque?

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« Ah! Comme ma marque a marqué! Ma promesse est une garantie de sourires! »

C’est fou comme les entreprises n’ont pas le réflexe de la marque. Je sais, je parle plutôt des petites entreprises qui se croient trop petites pour traiter leur marque aux petits soins. Les grandes marques, pour leur part, agissent en général de la conformité, évacuant du même souffle l’essence de la marque. Nous savons tous que le capital de la marque est l’un des actifs les plus précieux d’une entreprise. Avec votre patrimoine numérique, la valorisation de votre entreprise en est décuplée. Difficile de comprendre pourquoi les entreprises ont tendance à couper les coins ronds lorsqu’il s’agit de bien définir leur marque, et lui donner vie dans l’écosystème social. La première question à se poser est : quelle est la promesse de ma marque?

Des promesses d’ivrogne, ou l’ivresse de la marque?

Cela fait quelque fois que je vois une campagne sur grands panneaux d’affichage routiers : Mange d’la Marque! Je ne voudrais pas leur donner une attribution en nommant ces spécialistes du branding, mais j’avoue m’être questionnée sur ce choix. Il semble que la vieille tactique qui veut nous surprendre, voire nous choquer, ait encore des adeptes (voir mon annexe dans mon livre). Ce qui m’étonne, c’est la profondeur du message. Quelle est la promesse? Nous sommes tellement passionnés qu’on mange du branding, même s’il faut manger de la « marde » pour y arriver? Vous voyez, un message qui frappe fort doit le faire sans le moindre doute sur les compétences ou la promesse implicite. Personnellement, je n’aurais pas conseillé à un client de faire une sortie comme celle-là, mais je les remercie. En effet, cela permet de raffermir le message sur la nécessité de bien gérer sa marque. Donc, définir d’abord la personnalité, le « persona » dans le nouveau jargon Web. À une autre époque, nous appelions cela le profil du client type. Dans cet exemple, nous avons la certitude que nous allons traiter avec des créatifs un tantinet coquins, voire légèrement irrévérencieux, et franchement provocateurs (en jargon populaire, on dit « avoir des couilles »). Au final, une marque, c’est une personnalité qui cherche ses semblables. Qui cherchez-vous?

Quelle est la personnalité de votre marque?

La plupart des clients à qui je pose la question sont incapables de répondre à cette question simplement. Ils ne seraient pas capables de la représenter visuellement par un avatar. Les marques veulent être tout le monde. Pourquoi se priver, il faut être caméléon pour plaire au plus grand nombre de clients potentiels non? Peut-être, mais lorsque nous entrons dans les médias sociaux et que nous souhaitons faire parler notre marque, il faut qu’elle choisisse un ton, un langage, une couleur, un style, une approche et j’en passe. Ce fameux « persona » doit être clair, car c’est la dérive assurée dans l’écosystème médiatique. Donc si la marque se joue sur sa rigueur dans les grandes entreprises, et sur son côté flou dans les petites, force est de constater qu’elle doit se jouer sur sa fluidité, et son intégrité, partout où elle veut faire sa place dans le Web. Tant sur les multiplateformes, les multiécrans, les multi formats, les multicanaux, les multi « n’importe quoi », la marque doit plus que jamais s’adapter au milieu où elle souhaite faire entendre sa voix. Il ne faut plus un général de la marque, mais une armée d’ambassadeurs pour diffuser la marque. L’époque révolue de la marque qui dicte a fait place à la marque qui écoute, à la marque de reconnaissance, la marque héroïne. Regardez les différentes définitions du mot « marque » selon Larousse, admettez qu’il y a là de quoi se rappeler la force du mot marque et sur l’impression qu’elle doit laisser: Lire la suite

Le marketing de peur : même les consommateurs intelligents n’y échappent pas!

marketing de peur et consommateurs intelligentsPeut-être la fête de l’Halloween m’inspire-t-elle le titre de cet article ou peut-être mes nombreuses heures d’écoute de télévision ces derniers jours, où les drames d’horreur se multiplient sous nos yeux. Une chose est certaine, la peur fait désormais partie de la vie de plus de Canadiens, surtout militaires et parlementaires. Oui, cette peur qui peut déclencher des nouveaux besoins que nous n’avions jamais ressentis auparavant. Pensons à la menace nucléaire ou la menace de contamination qui permet à une industrie de faire des millions de dollars avec les produits et services assurant notre sécurité en cas d’accident nucléaire ou de propagation d’un virus. En ce moment, l’industrie de la sécurité fait des millions en personnel supplémentaire partout, et ce n’est que la suite du début depuis 9-11 2001. Que dire de la guerre, outre que le lobby des armes doit jubiler en ce moment avec ce climat favorable à leur enrichissement par l’insécurité ? Si notre héros national du jour, le sergent d’armes Vickers, n’avait pas eu d’arme, qui sait combien d’autres morts le Canada pleurerait aujourd’hui? En fait, la consommation par la peur a toujours dopé bien des ventes. Lors de mon colloque sur le marketing Web en janvier dernier à San Diego, j’ai été stupéfaite de constater le niveau de paranoïa des Américains. Je peux vous confirmer que les sites de commerce en ligne pour les équipements de survie font des millions en ventes, comme dans bien d’autres domaines connexes.

La peur et les 7 péchés capitaux : arme marketing

Depuis la nuit des temps, les marketeurs exploitent les peurs et les faiblesses humaines, les plus tordus peuvent aller très loin. Ce n’est pas nouveau, et je suis sûre que nous ne verrons pas la fin de ce stratagème, du moins, de mon vivant. Le marketing axé sur la Présence, le marketing de sens qui traite avec des consommateurs intelligents, est un antidote à ce marketing malicieux qui fait dire à trop de gens que le marketing est le diable incarné. Or, croyant ou non, un fait demeure : nul n’échappe à la vulnérabilité de notre nature humaine, Les sept péchés capitaux ont le mérite

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Êtes-vous un preneur, un donneur ou un échangeur?

triomphe des généreuxIl y a de ces thèmes qui nous interpellent plus que d’autres. L’attitude à développer dans les médias sociaux est certainement un de ces points de convergence dans tous mes messages. Cette « attitude réseaux » que j’appelle. Cette attitude d’ouverture qui me fait dire : « Que les réseaux sociaux sont comme des parachutes : ils fonctionnent mieux lorsqu’ils sont ouverts! ». Ce n’est donc pas un hasard, si le thème du nouveau livre d’Adam Grant « Give and Take » traduit « Triomphe des généreux » a attiré mon attention. Cette notion de preneur, donneur et échangeur a résonné très fort en moi. Une douce musique à mes oreilles, moi qui prône la Présence, la « grattitude » et le pouvoir de la générosité. Ici, nous avons une ode à l’altruisme, mesurée par rien de moins que le plus jeune professeur de la Wharton School.

Comment situer votre entreprise, ou vous-même, dans ce spectre?

Pour arriver à bien comprendre ce spectre, il serait préférable de définir brièvement les trois thèmes. Parlons d’abord du « preneur ». Vous êtes considéré un preneur, si votre objectif prioritaire est de retirer la plus grosse part du succès. Faire tout pour gagner. Si vous êtes du type « donneur », votre objectif est d’avoir un impact positif sur la vie des autres. Votre souci n’est pas de gagner, mais bien de faire une différence. Si vous êtes un échangeur (et non un échangiste 😉 ), vous recherchez l’équité. Vous êtes parmi les partisans du gagnant/gagnant, et vous cherchez les compromis. Je doute fort que vous ayez conclu que votre entreprise est dans le spectre du « donneur ». Bien peu de dirigeants versent dans cette pensée altruiste, et c’est dommage. Nous y reviendrons. Les chances sont que vous êtes « preneur » et fier de l’être, ou peut-être « échangeur », mais encore ici, gagner fera partie de l’équation dans la petite voix au fond de vous. C’est ainsi que les entreprises sont construites, sinon nous appelons cela un « OSBL / OBNL ». D’accord avec moi?

Faites-vous de la gestion à court ou long terme?

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La nouvelle économie collaborative : avoir – savoir – ravoir!

Inspiré de mon billet de la semaine dernière (Savoir valoriser le savoir : le secret du succès en affaires!), cet article risque de vous faire réfléchir si vous êtes en démarrage ou redémarrage. Pour faire suite à ma réflexion sur le manque d’innovation entrepreneuriale, je m’explique mal comment de nouvelles entreprises s’efforcent de répondre à des besoins en voie d’extinction. Je comprends celles qui tentent de se maintenir dans leurs paradigmes, même si je n’approuve pas, mais une « start-up » qui a seulement le futur comme paradigme…. Étrange! Voici donc une bonne façon de trouver des pistes intéressantes pour des affaires qui ont de l’avenir!

La nouvelle réalité des affaires : zéro barrière à l’entrée!

À une certaine époque, démarrer une entreprise exigeait d’énormes capitaux et garantissait une certaine tranquillité sur ses marchés. Aujourd’hui, la situation a « nettement » changé. La petite planète connectée dans laquelle nous vivons, permet à tout entrepreneur créatif de devenir le David contre Goliath. Accès aux outils, aux marchés mondiaux, aux financements, aux ressources sociales et tutti quanti, les géants aux pieds d’argile savent mieux que jamais qu’ils ne sont plus à l’abri. Les attaques fusent de toutes parts et sans répits. Il y a tellement d’opportunités dans cet environnement d’affaires, construit par les spécialistes de la confusion. Lire la suite

Dr. Michio Kaku : Les prédictions sont difficiles, surtout celles du futur!

Je continue ma série HDI 2012, avec la conférence la plus époustouflante du programme et celle qui m’a d’abord attiré. La citation en titre est tirée d’un physicien danois, Niels Bohr (1885 – 1962) et débute la conférence du physicien le plus connu aux USA, le Dr. Michio Kaku. Il serait le nouveau Einstein de notre époque. D’emblée ce personnage fait une impression immédiate, le voyage commence dès qu’il ouvre la bouche. Un voyage sur notre futur immédiat et notre futur lointain. Je craque parce que je suis fascinée par l’évolution de l’Homme à l’ère technologique. Le résumé de cette conférence est aussi inspiré de son livre « Physics of the future » ou How science will shape human destiny and our daily lives by the year 2100.

Le futur de l’information

Tout le monde le sait, si « Savoir c’est le pouvoir », trop d’information peut aussi être dangereux. C’est ainsi qu’il nous fait la démonstration éloquente que toutes les crises économiques majeures ont toutes été engendrées par une bulle qui a éclaté suite à l’arrivée d’une nouvelle énergie. Le « crash » de 1850 suite à l’arrivée de la locomotive à vapeur, celui de 1929 suite à l’arrivée de la révolution électrique et celui de 2008 suite à l’arrivée des nouvelles technologies. Toutes le même « pattern », la prochaine crise à venir sera suite aux biotechnologies, les nanotechnologies et l’intelligence artificielle. Intéressant de comprendre que depuis des décennies, les investisseurs spéculent sur l’avenir des technologies en créant des bulles qui finissent par éclater lorsque l’essoufflement arrive et que d’autres révolutions se préparent. Il semble que nous n’apprenons pas beaucoup de nos erreurs, mais enfin, c’est un autre sujet. Il prédit que l’information sera tellement facilement accessible, que personne ne pourra se différencier par la simple connaissance. Comment alors pourrons-nous nous différencier? C’est ici que vous entrez en jeu dans ce futur. La meilleure façon de prédire le futur est Lire la suite