Après l’obsolescence planifiée, la chronophagie ou la perte de temps planifiée!

Temps de lecture estimé : 4 minuteschronophagie planifiée

Maintenant que nous sommes résignés au phénomène de l’obsolescence planifiée dans le dessein socialement acceptable de faire tourner l’économie, et l’hypocrisie des multinationales, obsédées par des profits de plus en plus gros sur le dos des consommateurs, qui réduisent volontairement la durée de vie des produits, il ne restait que notre temps à usurper, et c’est fait! Après tout, le temps c’est de l’argent, surtout celui des autres! Vous connaissez Tristan Harris, cet ex-ingénieur informatique de Google responsable de la philosophie des produits? Vous ne le trouverez plus dans les corridors chez Google, car dorénavant, il a choisi de dénoncer ce à quoi il a lui-même contribué : nous voler des heures de notre vie. Je le découvre avec espoir, et j’espère que vous aussi.

Pour faire suite à mon article sur la réalité augmentée en lien avec le phénomène de Pokémon Go, un lecteur m’a partagé un article paru dans l’OBS rue 89 . Franchement, j’ai laissé tomber la mâchoire devant cette lecture. Je ne saurais écrire un article mieux étoffé pour expliquer le phénomène dont il est question, mais je vous éviterai de « perdre du temps » au risque d’être incohérente avec le titre de cet article, et je vous résumerai donc l’essentiel des propos. Mais je vous invite à le lire, c’est fascinant. 😉

La dérive numérique à son paroxysme

Expliquons d’abord cette perte de temps savamment organisée par Google, Facebook et compagnie. M. Harris précise qu’il a terminé son programme de formation en étudiant pour devenir membre du laboratoire de « persuasion » technologique de Stanford. Le but ultime de ce laboratoire est de trouver les meilleurs moyens pour que les gens complètent un formulaire jusqu’à la fin, ou comment les convaincre d’ouvrir un courriel et de cliquer sur des liens et plus encore pour qu’ils suivent le plan de navigation prévu. Nous sommes donc dans l’art de la persuasion afin de s’accaparer la meilleure part de notre attention dans cette nouvelle économie d’attention. Tels des magiciens du Web, les designers, les psychologues, les programmeurs et tutti quanti mobilisent leurs talents au service de notre dérive attentionnelle afin de nous convaincre de rester le plus longtemps possible dans une application X, ou un réseau Y. C’est de bonne guerre non? On nous offre des gratuités, des alertes, des rappels, on gère nos fils de nouvelles, on décide pour nous qui apparaîtra dans nos murs, et j’en passe, et tout ça afin de revendre votre attention à des intérêts commerciaux. Jusque-là rien de nouveau dans cette approche à la base des plus grands succès du Web. Là où je suis estomaquée, c’est à quel point on déploie des efforts conscients pour nous rendre complètement dépendants d’un agenda qui n’est pas le nôtre, et que nous soyons si naïfs au point de nous laisser dériver volontairement. Oups, j’ai reçu trois alertes depuis que j’écris cet article…reste concentrée Sylvie…ils ne réussiront pas!

Qui se préoccupe des conséquences?

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Apprendre à survivre dans l’économie d’attention : le nouvel art du CTA (Calls-to-Action)

Attention! La nouvelle économie de l’attention veut votre attention! Je crois qu’il serait difficile d’attirer plus longuement votre attention sur le mot attention. À l’ère de la surexposition et des multiples plateformes, attirer l’attention des consommateurs est devenu le principal défi des marketeurs. C’est ce que le livre « The Attention Economy: Understanding the New Currency of Business » par Thomas H. Davenport et John C. Beck essaie de démystifier. Voici un extrait révélateur du livre traduit librement :

« L’attention est un engagement du mental concentré sur un élément particulier d’information. Les informations arrivent dans notre champ de vision, nous sommes attirés par un élément particulier et nous décidons d’agir ou non sur cette information.(Davenport & Beck 2001, p. 20) »

Un réel défi : attirer votre attention !

L’économie d’attention tient particulièrement dans le défi d’amener les consommateurs à remarquer la publicité. Les médias traditionnels ont compris depuis longtemps l’ampleur de ce défi et en publicité, nous parlons de AIDA pour l’acronyme de : Attention – Intérêt – Désir et Action. Quatre objectifs intimement liés qui vise un seul but, celui de vous faire acheter ou de consommer. L’attention est donc importante et c’est la première étape dans le processus de conversion des non-consommateurs. Comme le coût de diffuser de la publicité est devenu marginal, le défi est donc réellement d’attirer votre attention. Avec des centaines d’exposition par jour, on peut comprendre le niveau de difficulté du défi. Sans compter que nous vivons à l’ère du déficit d’attention généralisé, un défi à plus d’un niveau faut-il préciser.

Gérer l’attention, un verbe très interactif

L’objectif ultime est de vous amener à la quatrième étape soit : l’action ! Lire la suite