Après l’obsolescence planifiée, la chronophagie ou la perte de temps planifiée!

Temps de lecture estimé : 4 minuteschronophagie planifiée

Maintenant que nous sommes presque résignés au phénomène de l’obsolescence planifiée du commerce international dans le dessein socialement acceptable de faire tourner l’économie, et l’hypocrisie des multinationales, obsédées par des profits de plus en plus gros sur le dos des consommateurs, qui réduisent volontairement la durée de vie des produits, il ne restait que notre temps à usurper, et c’est fait! Après tout, le temps c’est de l’argent, surtout celui des autres! Vous connaissez Tristan Harris, cet ex-ingénieur informatique de Google responsable de la philosophie des produits? Vous ne le trouverez plus dans les corridors chez Google, car dorénavant, il a choisi de dénoncer ce à quoi il a lui-même contribué : nous voler des heures de notre vie. Je le découvre avec espoir, et j’espère que vous aussi.

Pour faire suite à mon article sur la réalité augmentée en lien avec le phénomène de Pokémon Go, un lecteur m’a partagé un article paru dans l’OBS rue 89 . Franchement, j’ai laissé tomber la mâchoire devant cette lecture. Je ne saurais écrire un article mieux étoffé pour expliquer le phénomène dont il est question, mais je vous éviterai de « perdre du temps » au risque d’être incohérente avec le titre de cet article, et je vous résumerai donc l’essentiel des propos. Mais je vous invite à le lire, c’est fascinant. 😉

La dérive numérique à son paroxysme

Expliquons d’abord cette perte de temps savamment organisée par Google, Facebook et compagnie. M. Harris précise qu’il a terminé son programme de formation en étudiant pour devenir membre du laboratoire de « persuasion » technologique de Stanford. Le but ultime de ce laboratoire est de trouver les meilleurs moyens pour que les gens complètent un formulaire jusqu’à la fin, ou comment les convaincre d’ouvrir un courriel et de cliquer sur des liens et plus encore pour qu’ils suivent le plan de navigation prévu. Nous sommes donc dans l’art de la persuasion afin de s’accaparer la meilleure part de notre attention dans cette nouvelle économie d’attention.

Tels des magiciens du Web, les designers, les psychologues, les programmeurs et tutti quanti mobilisent leurs talents au service de notre dérive attentionnelle afin de nous convaincre de rester le plus longtemps possible dans une application X, ou un réseau Y. C’est de bonne guerre non? On nous offre des gratuités, des alertes, des rappels, on gère nos fils de nouvelles, on décide pour nous qui apparaîtra dans nos murs, et j’en passe, et tout ça afin de revendre votre attention à des intérêts commerciaux. Jusque-là rien de nouveau dans cette approche à la base des plus grands succès du Web et des derniers scandales à la Facebook. Là où je suis estomaquée, c’est à quel point on déploie des efforts conscients pour nous rendre complètement dépendants d’un agenda qui n’est pas le nôtre, et que nous soyons si naïfs au point de nous laisser dériver volontairement. Oups, j’ai reçu trois alertes depuis que j’écris cet article…reste concentrée Sylvie…ils ne réussiront pas!

Qui se préoccupe des conséquences?

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Entre piège ou opportunité, la gratuité Web et ses impacts!

piege-opportunité-WebAprès le dernier scandale de Facebook et la manipulation des données par Cambridge Analytica, à l’aube d’une nouvelle réglementation extrêmement sévère pour l’Union européenne avec la RGPD (Règlement Général de la Protection des Données), plus récemment la loi C-28 au Canada et toutes les initiatives en cours pour protéger les données clients contre les utilisations abusives et les vols faut-il s’étonner que les mots « gratuité et Web » soient de plus en plus un couple illusoire, voire même un piège coûteux pour les entreprises tentées de tourner les coins ronds? Une belle analogie avec la toile bien tissée dont on ne se méfie pas.

« C’est épuisant être en business maintenant! »

Voilà un cri du cœur qu’une entrepreneure très autonome me lançait dernièrement et qui allait ouvrir une discussion qui complétait bien le sujet de mon blogue. Cette entrepreneure qui gère ses affaires Web de manière assez autonome n’aurait pu choisir un meilleur cri du cœur avec la législation entourant le Web qui émerge partout dans le monde rendant les actions sur le Web de plus en plus complexes. Nous pouvons comprendre.  Il y a 5 ans, je me suis fait voler mes informations sur le portable d’un conseiller hypothécaire de ma banque, et j’ai encore une note à mon dossier de crédit. Plus récemment, un parti politique municipal s’est fait voler la liste de ses donateurs, et je cherche encore à savoir si les informations de mon don étaient parmi les informations piratées. Pourtant, ces deux organisations se vantent de protéger nos données. Les entreprises doivent investir dans la protection des données et les frais juridiques associés à cette gestion. Mais au-delà de ces casse-têtes légaux, pouvons-nous croire encore à la gratuité du Web?

Le Web gratuit pour qui?

L’angle des entreprises : petites ou moyennes!

Faire des affaires avec le Web a rendu des rêves d’entrepreneurs bien plus accessibles étant donné que beaucoup d’outils sont gratuits notamment les médias sociaux. Avec ce « Web dream » est venue aussi l’illusion pour les entrepreneurs qu’ils pouvaient tout faire par eux-mêmes particulièrement les petites entreprises. Une toile qui attrape tous ceux qui lui touchent. Rédiger des textes optimisés pour le Web, faire des photos, des vidéos, animer des médias sociaux, faire de la publicité dans les moteurs de recherche et les médias sociaux, même construire leur propre site Internet et j’en passe. Alors mine de rien le patron ajoute une petite tâche ici, une autre là, et nous voilà PDG d’une petite entreprise qui fait tout de A à Z sans embaucher la moindre ressource pour gérer l’ère numérique dans son entreprise. Généralement, il en est même très fier, mais il ne sait pas répondre à deux questions fondamentales: combien vaut un client dans le temps et combien suis-je prêt à payer pour acquérir un nouveau client?

Un jour, une autre entrepreneure m’a dit : j’en sais juste assez pour être un danger pour moi-même, et pas assez pour savoir pourquoi! Une entreprise vue sous cet angle, oui c’est épuisant. Une autre entrepreneure en affaires depuis 27 ans rechigne encore à mettre de l’argent pour de la publicité sur le Web préférant se plaindre que ses publications sur sa page Facebook ne servent à rien. Lorsque nous connaissons les règles de l’algorithme de Facebook, aussi bien dire en effet qu’elle perd son temps. Nul besoin de préciser qu’elle refuse aussi de payer de l’aide pour la guider, tout est si facile à apprendre sans rien payer sur le Web.

L’angle des internautes

Chaque jour, nous entendons des amis parler de leur lassitude des médias sociaux et de leurs craintes justifiées de l’invasion dans leur vie privée continuellement épiée et nos données manipulées pour le compte d’intérêts contraires aux nôtres. Des événements qui leur donnent raison avec la baisse de participation de Facebook depuis le scandale et la nouvelle loi européenne RGPD (en vigueur le 25 mai) qui inonde nos boîtes de courriel de messages des médias sociaux pour nous présenter leurs nouvelles conditions conformes à ladite loi. Un marathon pour faire un pas de plus pour le respect de nos vies privées, sauf que le grand public est confus, et les entreprises encore plus. Avez-vous tenté de lire ces nouvelles conditions? Voici en gros la nouvelle loi et ses points clés. Entreprises canadiennes, cette loi s’applique à vous aussi si vous traitez avec des clients qui vivent dans l’Union européenne.

Bref! Après deux décennies à profiter de notre naïveté collective, les géants du Nouveau Monde doivent faire quelques pas de côté pour continuer d’avancer. Pourtant, l’expérience nous a bien démontré que lorsque c’est gratuit, c’est nous le produit. C’est comme ça depuis les journaux, la radio et la télé, les annonceurs financent les médias en échange de notre attention. La différence est que les médias traditionnels n’avaient que peu d’informations pointues sur notre vie et nos relations. Maintenant, les rideaux du salon sont ouverts et on écoute nos conversations privées. J’en parle depuis la première édition de mon livre de ce danger. Les versions payantes apparaîtront pour nous éviter d’être le produit pour vendre de la publicité. Payeriez-vous pour utiliser Facebook? Twitter? LinkedIn? Instagram? Pinterest? YouTube? Préparez-vous à l’idée, car ça pourrait bien arriver un jour si votre « intimité publique » est non négociable.

Le Web n’a jamais été gratuit et ne le sera jamais!

Si j’avais à réécrire mon livre, j’insisterais sur deux choses avec encore plus d’emphase. D’abord pour les entreprises, je dirais haut et fort ne mettez surtout pas tous vos efforts sur Facebook ou autres médias sociaux en apparence gratuits. Je l’ai dit et répété, mais ce message, même martelé, a passé un peu comme un bruit de fond dans l’effervescence des meilleures années Facebook et compagnie. Les succès paraissaient si beaux et alléchants. Plusieurs entreprises en apparence futées se frottaient les mains. Aujourd’hui, le réveil est brutal. Imaginez que vous avez 10 000 ou 100 000 fans à qui vous pensez pouvoir parler gratuitement, alors que vous devez payer pour leur parler sous peine d’en atteindre qu’une infime partie (moins de 16%). La réussite est de plus en plus, tout sauf, une question de gratuité sur le Web. Imaginez maintenant que vous ayez pris le temps de convertir vos fans dans votre base de données et non celle de Facebook?

L’autre message pour les internautes est sans doute relié à mon obsession pour les paramétrages de sécurité et les différents groupes pour les publications entre public, amis, amis sauf connaissances, amis proches ou groupes ciblés dont je fais un usage depuis le premier jour. Soyons honnêtes, tous nos amis Facebook ne sont pas égaux, et les classer au fur et à mesure selon leur degré de proximité est un « must » absolu. Vous évitez ainsi d’entraîner vos amis avec vos propres propensions à étaler vos vies sur Facebook.

Personnellement, je ne fais jamais de tests sur Facebook pour savoir à quel animal je ressemble ou quelle divinité j’incarne ni de jeux où il faut inviter ses amis pour cumuler des crédits, et encore moins de concours qui semblent trop beaux pour être vrais avec des entreprises inconnues et des produits hyper connus. Les plus vulnérables seront toujours les internautes qui ne lisent pas les avis ou qui ne se méfient jamais de rien. Les fausses nouvelles sont d’ailleurs colportées par ce type d’internautes qui partagent tout sans valider si l’information est véridique, ces mêmes qui nous inondent de chaînes de messages pour qu’un vœu qui se réalise si nous faisons suivre le message à 10 personnes. Voilà comment les intrus entrent dans nos profils et font des ravages. Ici, je ne parle pas de ceux qui possèdent la clé de nos données légalement.

S’il y a une chose de gratuit dans le Web, c’est l’illusion! L’illusion que nous pouvons prendre des raccourcis pour gagner des clients, croire que l’accès est gratuit lorsque nous fournissons nos informations personnelles, imaginer que notre temps est gratuit et continuer d’en mettre même lorsque les résultats ne sont pas là.

Comme ce blogue est avant tout destiné à faire de meilleures affaires sur le Web grâce à la Présence, je vous invite à faire le petit exercice suivant si vous êtes le genre d’entrepreneur qui croit que tout faire par lui-même est la façon la plus économique de faire, et peut-être l’est-ce, mais le valider ne fera aucun mal.

Faites un tableau du style proposé ici-bas.

  1. Faites l’inventaire des nouvelles tâches numériques qui se sont ajoutées à votre assiette depuis l’avènement du Web.
  2. Comptabilisez le temps requis pour acquitter de cette tâche (soyez honnête) avec votre taux horaire théorique et les frais associés aux outils nécessaires
  3. Quelles compétences sont requises pour cette tâche (sentez-vous que vous êtes totalement compétent pour obtenir la meilleure qualité?) Essayez de distinguer les compétences reliées à l’expertise de votre domaine vs les compétences en communication ou autre.
  4. Est-ce la qualité de vos tâches est critique pour le succès de votre entreprise? (Implicitement vous en connaissez la valeur optimale pour la réussite)
  5. Que laissez-vous tomber pour acquitter cette tâche? Que pourriez-vous faire avec ce temps? Quelle en est la valeur?

 

Tâches numériques Mon coût interne Compétences requises Résultats critiques

Sacrifices

valeur

Préparer une publication Facebook

 temps * taux = x + coûts outils  Savoir rédiger, savoir publier

 Selon période

 je pourrais faire A ou B ce qui vaut X $

Total 1    

Total 2

 

Lorsque ce tableau est complété, commencez par calculer la valeur totale de votre temps (total 1) moins la valeur totale de vos sacrifices (total 2) et si le solde est positif, vous êtes déjà sur une bonne voie. Maintenant, tentez d’obtenir des propositions pour établir combien il vous en coûterait pour sous-traiter chaque tâche critique d’abord, et pour les autres ensuite. Il ne vous restera qu’à décider où votre temps serait mieux investi. N’oubliez pas le facteur « intérêt » pour ladite tâche, car il est rare qu’une tâche qui ne nous inspire pas soit bien faite et que nous ayons l’intérêt de se maintenir à jour. J’ai trouvé cet aide-mémoire pour aider un consultant à établir son taux horaire, mais la logique est identique pour un entrepreneur qui veut calculer le coût réel d’une tâche.

Le but ici est de vous ramener dans vos tâches les plus importantes et là où vos compétences sont les mieux utilisées pour éviter de vous épuiser dans l’accomplissement de tâches qui ne semblent plus avoir de fins… mais que des débuts. N’oubliez pas que le Web est conçu pour être chronophage.

Alors, le Web n’est pas gratuit pour personne. Ou vous y investissez du temps au détriment d’autres tâches importantes, ou vous donnez vos informations personnelles pour utiliser des outils en apparence gratuits.

Prenons conscience que Google, Facebook et autres géants n’ont pas détourné les dollars publicitaires des médias traditionnels avec la gratuité du Web!

Besoin d’aide pour analyser, décider ou trouver des propositions ou simplement investir votre temps à la bonne place?

Blogue La Présence des idées

 

Le monde des comparateurs de prix atteint l’univers du service marketing!

COMPARATEUR DE PRIXQui n’a pas déjà utilisé les comparateurs de prix pour un voyage ou pour trouver un hôtel à bas prix, peut-être pour une prime d’assurance, ou pour trouver un entrepreneur en construction? C’est le paradis des chercheurs pressés et aussi chasseurs d’aubaines, au passage de ceux qui souhaitent avoir un minimum de risque pour le choix d’un fournisseur de service. C’est le paradis en tous points, car ces services ne coûtent rien aux consommateurs, mais on ne peut pas en dire autant pour les fournisseurs.

Des fournisseurs en compétition avec les comparateurs pour leur place dans les moteurs de recherche

J’ai un client dans le monde de l’assurance vie qui voudrait bien avoir la première place dans les moteurs de recherche, et payer un peu moins cher pour ses dollars de publicité en ligne. C’est un monde qui est en constante mutation, et le consommateur est souvent tenté, avec raison, de choisir un site qui garantit les meilleures primes avec un minimum d’efforts. Sans entrer dans la mécanique de ces comparateurs, sachez que chacun a sa formule pour vos convaincre que c’est eux les meilleurs et que leur gratuité vaut un essai. Après tout, qu’avez-vous à perdre? C’est devenu une vraie mine d’or pour ces sites qui ont compris que les chasseurs d’aubaines et d’efficacité sont prêts à donner leurs infos à un site en ligne qui leur promet de trouver pour eux la meilleure offre.

Dans la foulée du scandale de Facebook, vous comprendrez que vos infos valent de l’or, et bien sûr, vos infos sont revendues à des fournisseurs qui paient pour avoir vos coordonnées. La vente sera conclue par ceux qui auront d’abord payé pour vous parler, et il est à prévoir que vous aurez l’appel de 3 ou 4 fournisseurs. C’est vous qui déciderez au final. Nous appelons cela des « leads qualifiés », ou en d’autres termes des références de premier choix puisque le processus d’achat est bien commencé et validé.

Les derniers de classe qui n’ont jamais travaillé leur visibilité, leur référencement naturel, leur publicité peuvent ainsi acquérir une référence à un prix plus élevé qu’un clic de publicité, mais avec une valeur aussi plus grande. Cela dépend du coût d’acquisition que vous êtes prêts à payer pour un nouveau client. Les premiers de classe résistent à ce système d’achat de « leads », car ce sont des compétiteurs qui font augmenter leurs coûts d’acquisition. En d’autres mots, si vous faites vos recherches vous-même, vous allez trouver les plus agressifs avec leur marketing, et les autres ne seront jamais sous votre radar sans cette recherche.

Peut-on y voir une corrélation entre compétences et visibilité marketing? De toute évidence non, si vous êtes un entrepreneur en construction on ne vous juge pas par vos efforts marketing, mais si vous êtes un expert marketing invisible, oups, ici il y a un signal d’alerte. Au final, ces comparateurs sont une nouvelle réalité avec laquelle les fournisseurs doivent composer, et les clients en sont les grands gagnants. Après tout, le Web est un espace libre qui résonne depuis longtemps sur les capacités financières et marketing de ceux qui veulent conquérir les clients. Chacun a sa chance et les comparateurs ont choisi cette bataille.

Un exemple parfait : le mien

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Un capitalisme féminin qui donne de l’espoir!

capitalisme-feminin-MIND-DROPBravo messieurs si vous êtes prêt à lire ce billet, car il s’adresse d’abord à vous! Non pas que les lectrices ne seront pas comblées, bien au contraire, mais la réalité est qu’elles sont naturellement attirées par un tel titre. Ces félicitations sont donc bien méritées si vous lisez jusqu’au bout évidemment! Avec la Journée de la Femme, je me disais qu’avec les derniers mois qui ont jeté une douche froide sur quelques prédateurs démasqués, l’occasion était parfaite pour mettre sur la sellette un sujet qui me tient à cœur. Aussi, combinée à la marche organisée par la Fédération des Femmes du Québec qui manifeste contre le capitalisme et le patriarcat, le moment est parfait pour inciter à militer pour un capitalisme féminin. Et croyez-moi, il y a urgence.

Un capitalisme féminin basé sur des valeurs dites féminines!

Sophie Brochu - Deux hommes en orSans vouloir reprendre de manière exacte un billet déjà écrit en 2014, il m’apparaît important de préciser d’emblée que le capitalisme féminin a d’abord été proposé par trois hommes au cours de la dernière décennie. Ironique n’est-ce pas? À l’instar de Sophie Brochu, chef de la direction d’Énergir (ancien Gaz Métro) qui disait devant caméra en mars 2016, en entrevue à deux hommes en or, que toute personne qui a une tête sur les épaules devrait être féministe! Rien de moins. L’argumentaire étant plein de bon sens. En effet, comment pourrions-nous être contre le féminisme qui dit en termes simples : égalité pour les hommes et les femmes, et ce, sur tous les plans. Mais les auteurs Rafik Smati, Philippe Watier et les coauteurs Mike Burke et Pierre Sarda sont allés encore plus loin en prédisant que la crise qui traverse notre civilisation serait la crise du masculin, et elle l’est. Que notre société étant en mutation, elle évoluait plus vers un capitalisme féminin.

capitalisme-feminin

Difficile d’être en désaccord lorsque nous regardons la mobilisation féminine qui prend le porte-voix pour briser le mur du silence et disons-le sortir des griffes de toutes formes d’asservissements dictées par un pouvoir masculin. Nous sommes tous d’accord pour dire que les sociétés occidentales ont fait de très grands pas pour atteindre la vraie égalité. Nous pouvons être fiers au Québec notamment des efforts politiques, des lois économiques ou sociales et bien plus chaque jour. Mais convenons que si le travail chez nous est encore énorme, imaginons ailleurs dans le monde.

Alors, petit rappel pour faire une brève liste des valeurs féminines qui agissent à la puissance 10 en ce moment.  J’ai commencé à m’intéresser à cette notion en 2006, à l’époque où je commençais à donner des conférences. Mon thème de prédilection était : Le future s’écrit avec un « e »! , dans cette conférence je fais la démonstration toute simple que l’avenir est assurément féminin puisque tout converge vers un monde relationnel où bâtir des relations est la clé du succès. Sans partager les détails du contenu de cette conférence, je peux affirmer que chaque fois que je l’ai partagée, les femmes en ressortaient hyper motivées et emballées par le futur bien branché dans lequel nous tissons une grande toile. Depuis, chaque statistique Web nous confirme que les femmes sont les plus actives, notamment dans le capital conversationnel nourri par les médias sociaux.

Dur pour l’égo masculin, mais le discours est sans équivoque, il appelle tous les gens d’affaires à travailler sur les valeurs féminines suivantes (ici le mot valeur est pris au sens large et pourrait être aussi remplacé par attitude) et notez au passage que ces valeurs sont axées avant tout sur les humains: Lire la suite

Une maladie des temps modernes : l’anxiété numérique!

ANGOISSE-ANXIÉTÉ-NUMÉRIQUE-MIND-DROP

Un soir d’hiver, une amie voisine me texte un message de panique : j’ai fait une gaffe je crois, vite aide-moi, je peux venir te voir? Quelques minutes plus tard, la voilà avec son portable assise à ma table m’expliquant d’un trait, à la manière de quelqu’un qui vient d’allumer un feu dans une chambre de barils de poudre à canon, ce qu’elle a fait et de quoi elle a peur. Vous vous doutez bien qu’au final, il n’y avait rien de grave et que le tout s’est terminé par une petite leçon sur les bases élémentaires de la sécurité informatique.

Nous poursuivons la discussion, et candidement elle admet souffrir d’anxiété face à toutes ces affaires-là… comprendre ici, tout ce qui entoure le merveilleux monde du numérique. Elle me confit se sentir complètement dépassée par tout ça, ayant une peur et un inconfort qu’elle sait anormal pour son besoin professionnel de traiter avec ces outils fort utiles et disons-le incontournables. Une directrice d’agence responsable du sort de d’autres professionnels qui dépendent d’elle pour gérer leurs affaires. J’ai l’impression de devenir le psy qui essaie de la réconforter et de la rassurer pendant qu’elle, sur son divan, ne voit pas le jour où elle se sentira à l’aise avec tout ça. Elle me confit avoir pris des leçons d’initiation à l’informatique et d’autres formations, mais elle a un blocage. Je confirme : un gros blocage! Au passage, je salue le courage d’avouer une telle angoisse, car il faut bien le dire, dans une époque où le numérique est incrusté dans toutes les sphères de nos vies, admettre ses angoisses ne semble pas très « winner » aux yeux de ceux qui baignent quotidiennement (comme moi) dans cet univers fascinant, mais inévitablement instable et changeant trop vite.

De la véritable angoisse qui mérite notre compassion

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2018 une année où la Présence prend le sens du timing!

Présence et TIming 2018

Un peu à la blague, cette année j’ai demandé sur ma liste de cadeaux au père Noël du « timing ». Oui, je dirais que la vie est à peu près résumée ainsi : soit tu as le bon timing ou soit tu n’en as pas. En affaire, plus que dans n’importe quelle sphère de nos vies, ce petit mot en apparence insignifiant fait toute la différence entre un Mark Zuckerberg ou un illustre oublié et endetté. D’ailleurs, pardonnez-moi cette liberté d’utiliser un anglicisme, mais je pense que tout le monde comprend bien timing, ce mot d’usage courant. J’ai beaucoup réfléchi à ce « timing » dans ma vie. Sans rentrer dans les détails, je dirais que l’histoire qui a ponctué ma vie à ce jour se résume ainsi : toujours trop en avance. Cette année, c’est la revanche de mon timing!

La Présence : la meilleure alliée du timing.

J’ai passé bien des heures durant la pause des fêtes à lire et réfléchir sur les multiples tendances annoncées ici et là. Toujours sourire en coin, je me disais, mais je rêve. J’avais l’impression d’être dans un voyage dans le temps. La bonne nouvelle est que je pourrai certainement avoir une meilleure réceptivité sur ma notion de Présence et aussi de mes nombreuses batailles associées à ce concept qui dicte mes décisions d’affaires et qui guide celles de mes clients. Plusieurs de mes articles futuristes à l’époque sont empreints d’un timing parfait pour 2018.

Parce que la Présence est certainement associée à la capacité d’ajuster son « timing » en aiguisant sa capacité d’écoute, et au-delà des mots faut-il préciser. Écouter ses clients, c’est assurément améliorer les chances d’avoir un bon timing. Retenez bien que mon manque de timing est tout à fait logique pour une prospectiviste qui aime voir devant, et cohérent avec le rôle que je me suis donnée à titre de consultante stratégique à l’ère numérique. J’ai juste parfois mal évalué la capacité de certains clients à suivre la voie vers le futur, trop occupés à rattraper le passé. De la même manière avec des projets un peu trop en avant pour la capacité des marchés cibles à prendre le virage à la même vitesse. Parce que la notion de Présence c’est aussi d’être là au bon moment, pour la bonne personne avec la bonne solution, réapprenez les lois de Parkinson et faites une symphonie avec vos audiences.

Je sais que c’est aussi souvent un problème dans les conseils d’administration d’être arrimé avec le fameux timing. Pensons à Sears qui était le précurseur de la vente par catalogue avec la livraison; les décideurs ont manqué de vision, et à un moment donné, clairement de Présence. C’est d’une tristesse sans nom de voir un pilier du commerce de détail, et avant-gardiste pour son époque, ne pas avoir su adapter sa stratégie au bon moment. Comme quoi, la Présence et le timing sont indissociables. Savoir écouter et savoir agir au bon moment.

Les prédictions des dix dernières années affluent maintenant

Alors, afin de bien commencer l’année, je vous fais un résumé des prédictions qui devraient influencer votre croissance en 2018. Vous pourrez décider de votre timing, mais vous n’aurez pas l’excuse de ne pas savoir. Il vous revient d’agir.

Les prédictions générales qui influenceront le marketing

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10 ans d’histoires branchées : que réservent les 10 prochaines?

Temps de lecture estimé : 10 minutes pour ce spécial 10 ans

COVER-10 ANS - Blogue Sylvie Bédard

Tout un moment pour moi : DIX ANS cette année que j’écris pour vous. Et quelle dernière décennie, faut-il le préciser? Je souhaite donc partager mon aventure à titre de blogueuse, débutée le 7 décembre 2007. Voilà une chose dont je suis fière : j’ai écrit et publié pas moins de 328 articles et plus de 150 000 lectures par plus de 65 000 lecteurs même si je dois admettre que ma dernière année a été plutôt au ralenti. J’ai voulu construire un livre avec ces articles, ça donnait une brique de 798 pages!!! Il en faut de l’énergie pour nourrir un blogue, au-delà de la recherche d’idées et des sujets, j’ai investi au moins mille heures dans ce projet un peu fou, mais nécessaire pour faire de la place dans ma tête. Chaque fois que je partageais mon savoir et mes opinions, je pouvais continuer de me nourrir sans souffrir d’infobésité, comme une purge sur mon disque dur interne. Cet article est une belle occasion de faire le point sur la dernière décennie et sur ma vision de la prochaine. Prenez un bon café, et puis voyagez avec moi… j’ai besoin de vous pour continuer ce périple au cœur de la complicité que j’établis avec vous et tous les autres humains qui regardent passivement la vie qui change devant nous. Il faut prendre position, et ce blogue travaille fort pour éveiller les consciences et améliorer les connaissances et la compréhension du Web. Allons-y pour une petite autopsie de la dernière décennie et les perspectives pour la prochaine.

Des débuts prudents et timides à l’égard du Web

Je me souviens dès le départ de ce blogue en 2007, je venais de terminer une aventure coûteuse en argent et émotions dans le nouvel univers naissant de la Web télé, la vidéo sur IP, la webdiffusion en direct et en différé… que de noms pour exprimer une chose : diffuser du contenu vidéo en direct et différé sur le Web. J’avais tellement investi à évangéliser les dirigeants d’entreprise aux bienfaits d’une telle pratique pour leur entreprise que je sentais que je devais continuer à partager cette connaissance naissante du Web et ses milles potentiels avec cette profonde conviction que l’avenir était numérique. Imaginez en 2006, personne ne pouvait réellement imaginer regarder une vidéo sur son ordinateur sans une connexion Internet digne de ce nom (ce qui était rare à l’époque, surtout dans les entreprises), un ordinateur avec une carte graphique de bonne qualité et un processeur assez puissant ainsi qu’une mémoire vive assez grande pour pouvoir diffuser des dizaines d’images sans heurts. Imaginez maintenant quand je disais que nous allions regarder la télé dans le creux de la main, tout le monde trouvait ça bien drôle et surréaliste. Surtout avec un mobile de type flip dans le fond de la poche… et pourtant?!

J’avais tellement à dire que je ne pouvais pas passer à côté de la création de ce blogue. Je me suis investie de la mission d’éduquer le public et les entreprises à mieux saisir les opportunités du Web. LinkedIn, Facebook, Twitter, YouTube, Google… que de noms étrangers et insignifiants à l’époque. Le « Far Web » comme j’aimais le résumer. Tant de choses à comprendre, à apprendre et surtout à intégrer pour la survie des affaires. Je me sentais comme une éclaireuse… et je l’étais. Je voulais tellement que tout l’aspect positif de l’interconnexion entre humains dans une petite planète soit accessible pour tous. Je lisais, et je lis encore des tonnes d’infos. Je suis branchée continuellement et j’avoue que je suis très sélective dorénavant. Le temps n’est pas élastique, enfin presque. Il faut tout de même trier. Si vous me lisez, vous voulez que ça soit constructif pour vous. Vous voulez que votre temps soit bien investi. Moi aussi, j’évite donc la chronophagie.

Une toile tissée sur un système économique dépassé

Je peux dire que j’ai largement contribué à faire passer les frileux de l’autre côté dans le monde virtuel avec mes écrits. J’ai invité tant de monde dans cet univers en leur tenant la main. J’ai été la plus fervente défenderesse des bienfaits du numérique. Comme j’aime le dire : la pluie fait pousser aussi bien les tomates que la mauvaise herbe. J’ai investi en argent et en temps dans des dizaines de projets à caractère numérique. J’ai inventé des modèles d’affaires, j’ai jonglé avec les difficultés de vivre dans un pays décalé par rapport au monde de l’univers virtuel. D’excellentes idées bousillées, trop tard pour être les premiers faute de financement, faute de gens pour y croire. Faute d’accès aux plateformes de sociofinancement aussi à l’époque. J’aurais aimé être Américaine à cette époque. J’ai plutôt regardé passer le succès des autres après avoir été millionnaire sur papier pendant 3 mois. Je le dis parce qu’à l’époque Skype, WebEx et d’autres chanceux de la loterie des capitaux étaient sur la même ligne de départ. C’était ça vivre dans un Canada et un Québec déconnectés qui collectivement ont regardé passivement passer les Amazon, E-Bay, et I-tunes de ce monde au détriment des Archambault ou Renaud-Bray à l’époque. Je l’avoue, j’ai encouragé ce phénomène d’achat en ligne sans frontière. Criant chaque fois : réveillez-vous, je veux acheter mes chansons sur le Web au Québec, mais en vain… me tournant en dépit vers I-Tunes qui révolutionnait la consommation de la musique. On l’a vu le train passé, et même si tout le monde le voyait filer à vive allure, on dormait sur l’illusion que tout ça passerait. C’était une mode au mieux, et au pire, un simple réseau de distribution parallèle! À cette époque, et récemment encore, j’entendais encore des gens d’affaires dire : je ne crois pas à ça le Web, comme si c’était un acte de foi. Alors, nous sommes dorénavant à la remorque des É.-U. en matière de commerce électronique, et même de l’Europe, parce que notre balance de gestionnaires et investisseurs visionnaires locaux a penché trop longtemps en faveur du statu quo. Il n’y a qu’à regarder les grandes surfaces qui peinent à survivre et dont les morts se cumulent dans le cimetière des « Maman, j’ai raté le train! ».

Nul besoin d’être un génie pour savoir que lorsque nous perdons de l’avance, le simple fait de ne pas bouger, nous fait reculer. Nous pédalons depuis pour rattraper des années d’inertie. Tout coûte plus cher, et les meilleures ressources sont accaparées par les premiers. Il y a trois ans à peine aider un client à être premier dans les moteurs de recherche de façon organique (SEO) prenait environ 3 à 6 mois. Aujourd’hui, il en faut le double et le triple en temps et en efforts. Faut-il abandonner pour autant? Pour Google la réponse est simple : payer des espaces publicitaires. Voilà pourquoi la bataille est si difficile, Google est le metteur en scène, l’acteur, le théâtre et le producteur… nous sommes les spectateurs!

Une catastrophe chaque jour sous nos yeux de voyeurs

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