Une Présence en différé : que répondre à un client potentiel en retard de 26 mois?

À mon retour de vacances, j’ai eu toute une surprise. J’ai eu droit à une réponse d’un client potentiel que je n’attendais plus. Voici en gros le contexte. C’est un client que j’avais sollicité pour offrir mes services de référencement suite à une suggestion d’un ami qui travaillait dans cette entreprise à l’époque. Je faisais d’ailleurs référence à cet ami dans mon courriel. J’ai relancé 2 fois ce prospect, mais sans réponse de sa part, sauf par le biais de mon ami, qui me confirmait qu’il était très occupé et qu’il avait bien reçu mon message. C’était le 6 novembre 2009 (j’ai mis une copie censurée dudit courriel pour fin de preuve). Devant l’absence de réponses, j’ai abandonné en me disant que son compétiteur serait sûrement heureux de mon offre. Faut-il que je précise que j’offre l’exclusivité dans un secteur donné, alors cette grosse compagnie était donc passée aux oubliettes dans mon livre.

Vous imaginez ma surprise, lorsque 26 mois plus tard, il m’envoie un message comme si j’avais envoyé le message la semaine précédente. Aucune allusion aux délais de réponse et surtout aucunes excuses ou mise en contexte. Je croyais rêver. J’ai d’abord cru à un problème de cyberespace, mais non, la date de mon courriel était bel et bien dans le corps de texte et il ne faisait aucun doute que je ne rêvais pas. Je n’en reviens pas du manque de professionnalisme dont font preuve certains représentants corporatifs dans les grandes entreprises. Je ne dis pas si j’étais arrivée sans références, à froid dans le radar déjà bien occupé de cette personne. Mais non, c’est son patron qui m’avait référé! Oui, son patron! Imaginez la sollicitation à froid des inconnus sans références?!?!

Faire du développement d’affaires aujourd’hui est très difficile, voire même décourageant par moment. C’est pourquoi votre Présence est nécessaire pour vous faciliter la vie un peu, parce que la bonne vieille technique du téléphone couplée d’un courriel ne fonctionne plus très bien. La plupart du temps, on vous traite comme un paria lorsque vous daignez faire l’effort de faire un peu de prospection. J’ai même entendu des collègues gestionnaires dire que les réseaux ça servaient à rien, sauf à se faire solliciter! Bienvenue dans le monde des affaires…. À l’ère des dinosaures!

Savez-vous que dans de multiples secteurs d’activités, ce sont les compagnies qui choisissent leurs clients? Savez-vous que des milliers de consultants dans divers secteurs sont incapables de prendre plus de contrats et qu’ils ont le privilège de choisir avec qui ils feront affaires? Peut-être que vous êtes encore très indépendant face à la longue liste de fournisseurs prêts à vous servir et franchement, c’est tant mieux pour vous! Mais votre réputation se tisse dans un cercle de 360 degrés. Personnellement, je n’engagerais jamais une personne qui m’a répondu 26 mois plus tard sans même s’excuser. De toute façon, je me demande encore pourquoi avoir répondu, il n’a fait que réveiller une frustration passée. Je ne le prendrais même pas comme fournisseur, alors je ne sais pas comment il gère ses retours de courriel et d’appels, mais ça demande révision à mon avis. Surtout qu’il est responsable de la planification stratégique et développement interactif, c’est inquiétant! Peut-être que le département de traduction a pris 24 mois pour traduire mon courriel et ils ont omis de traduire le sien? Je ne sais plus.

J’ai donc besoin de vous. J’aimerais lui répondre d’ici 26 mois, ou 26 jours et j’hésite encore sur le choix de la langue et du contenu. J’aimerais une réponse vraiment intelligente et percutante, car à titre de spécialiste de la Présence, je tiens à démontrer la valeur de mes propos pour le bénéfice constructif de cette expérience. Votre opinion serait appréciée, car cette histoire est bien réelle malheureusement. Si c’est ça notre monde des affaires ici chez nous… J’ai peur de ce manque de Présence déplorable pour notre avenir collectif!

Merci de votre aide! Je vous montrerai ma réponse promis!

8 réflexions sur “Une Présence en différé : que répondre à un client potentiel en retard de 26 mois?

  1. Pourtant à mon avis c’est simple… il y a deux ans, ils ne voulaient rien savoir de vos services et maintenant qu’ils ne sont plus satisfaits de leur fournisseur ils magasinent et recontactent des firmes qui les ont approchées dans le passé. 26 mois c’est long de votre point de vue mais pas du leur… vous n’avez jamais croisé une vieille connaissance devenue coiffeuse à qui vous avez dit « ah oui, faudrait bien que je passe te voir au salon un des ces jours »? Mais ce n’est que le jour où votre coiffeuse habituelle vous aura fait une tête horrible que vous fouillerez dans vos cartes d’affaires et vous déciderez à tenter votre chance avec la vieille connaissance… et ça pourrait fort bien être 26 mois après votre rencontre initiale!!!

    Répondez-lui dans vos délais habituels (qui je le présume sont rapides) mais puisque de toute évidence le prospect ne vous intéresse plus, pourquoi gaspiller de votre précieux temps à leur expliquer pourquoi ils auraient du mieux vous traiter? Ils ne se sentirons pas coupables, ne vous faites pas d’idée. Je crois votre réaction trop émotive… Alors qu’au contraire votre réponse devrait être concise et froide: merci de votre intérêt mais je ne suis plus intéressée par le mandat que j’avais sollicité il y a 26 mois. Bien à vous.

    J’ai quand même hâte de lire d’autre avis!!
    Bonne chance Sylvie,
    Au plaisir!

    • Merci pour ce point de vue fort intéressant. Je n’ai pas compris qu’il pourrait être intéressé avec cette réponse. Vraiment, peut-être que j’étais trop émotive comme vous dites… enfin 26 mois est un délai inacceptable pour une réponse à un courriel et des suivis. Ce n’est pas une amie croisée sur la rue à qui on dit : je t’appelle dès que l’occasion se présente. Sur ce point, je ne suis pas tout à fait en ligne! Mais c’est aussi la réalité des affaires aujourd’hui, on prend 26 mois pour répondre et on trouve cela normal… On peut bien prendre un retard fou dans nos défis collectifs! Moi je suis toujours à regarder vers l’avant et je trouve que tout est trop lent…. Bon je vais respirer et continuer à réfléchir! Merci de votre participation! L’objectif est atteint! 😉

  2. Bonjour Sylvie,
    Avec tout mon respect : je vous trouve bien indulgente de parler ici de « Présence en différé ». J’aurais plutôt titré : « Une Absence pleinement assumée ». On peut comprendre et pardonner un oubli ou une négligence à répondre à un courriel de sollicitation. (L’histoire ne nous dit pas si vous avez fait une relance). Ce qui est consternant, c’est qu’après un silence de deux ans (une éternité), votre destinaire surgisse du passé pour vous servir un refus bien senti, sur un ton familier, sans aucune mention du délai écoulé. On fait comme s’il n’y avait pas d’offense pour ne pas avoir à s’excuser. « Présence » désolante qui mérite d’être oubliée.

    • Merci pour vos commentaires, cela me rassure de vous lire. Oui, j’avais relancé via son patron et une fois à nouveau par courriel. J’aime votre expression « Absence pleinement assumée ». J’aime croire au verre à moitié plein, c’est pour cela que j’ai choisi l’expression Présence en différé. Parce que la question est entière : pourquoi surgir du passé? Je crois que ma réponse sera certainement orienté sur cette question d’une manière ou l’autre.

      Vive les échanges sociaux!

      • Sylvie,
        Tu n’as jamais pensé qu’il puisse avoir été dans le coma ou
        Avoir pris une sabbatique dans un paradis perdu sans ordi ni i-phone ni i-pad, encore moins de patron, seul avec son drink exotique, sa paille et sa rame au cas où…
        Peut-être a-t-il perdu la boule et attendu dans l’urgence d’un hôpital géré par nos fonction-ères au bord de la retraite…
        Ou encore… a-t-il mis la « présence « sur la glace en attendant le dégel des fonds du Plan Nord…
        Qu’as-tu fait de ton imagination bordel!

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