Pourquoi les gens choisissent un mensonge qui rassure plutôt qu’une vérité qui dérange?

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Les lecteurs me demandent souvent, Sylvie, que veux-tu dire par consommateur ou client intelligent? Je m’empresse de répondre, c’est simple, ce sont des clients qui se renseignent avant d’acheter et qui risquent d’en connaître plus que votre conseiller ou commis. Ce sont des consommateurs soucieux de faire le meilleur choix en termes de rapport qualité/prix et qui savent mesurer intuitivement la valeur des « valeurs ». C’est vrai que ce segment de clientèle est en croissance rapide depuis l’avènement du Web et que chaque jour, la force de la collectivité semble porter ses fruits sur la conscientisation du consumérisme à outrance ou à l’aveuglette. Mais je dois avouer que le clan des consommateurs, disons plutôt ignorants ou inconscients, est encore trop grand. D’ailleurs, je me souviens d’une étude faite auprès de patients opérés pour le cœur dont les médecins avaient prescrits des diètes et habitudes de vie restrictives. Les résultats démontraient hors de tout doute qu’un seul patient sur sept changeait ses habitudes de vie. Même après avoir frisé la mort, l’humain tend à revenir dans ses pantoufles de mauvaises habitudes. Plaidoyer inquiétant sur la résistance au changement pourrions-nous conclure. Il n’est donc pas étonnant que les gens cherchent toujours à se réconforter dans leurs croyances et leurs mauvaises habitudes.

Comment changer le monde, si le monde ne veut pas changer?

J’ai écouté un film qui dérange, mais qui donne aussi espoir que nous avons le pouvoir de changer les choses. THRIVE* (prospérer en version française), est un film qui aborde l’histoire avec un regard qui tente de démontrer comment tout a été ficelé de mensonges destinés à maintenir l’emprise d’une poignée d’hommes riches. Un film qui nous rappelle notre capacité à changer l’ordre des choses et même notre devoir de changer les choses. Un peu comme l’écohérence avait eu l’effet d’un électrochoc la première fois que j’ai entendu une conférence de Yves Lusignan, THRIVE, réalisé et initié par le petit fils « hors norme » de M. Gamble cofondateur de Procter and Gamble, a eu un effet similaire. J’étais heureuse de constater que la mobilisation s’organise partout dans le monde pour que cesse ce choix insensé du mensonge qui rassure plutôt que la vérité qui dérange. Parce que faut-il le dire, l’écohérence et Thrive sont sur le même continuum de la vérité qui dérange. Avec les carrés rouges nous avons eu droit à une tentative de brasser le Québec, mais malheureusement sans direction, sans buts communs, sans leaders crédibles, le bruit des casseroles ne fait que confirmer les convictions de ceux qui aiment le statu quo et au mieux réfléchir ceux qui ne le font jamais.

Pendant que le chat dort, les souris dansent!

Il n’est pas étonnant que les tactiques éthiquement douteuses se perpétuent dans les entreprises assoiffées de statu quo qui misent justement sur le consommateur endormi. Elles comptent sur votre paresse, votre « je-m’en-foutisme » ou pire votre inconscience afin de vous faciliter les décisions non judicieuses dans les faits, mais en apparente cohérence avec vos habitudes ou vos croyances. Il suffit de dire que le vin est bon pour le cœur pour que l’alcoolique en consomme davantage ou du moins se réconforte dans ses mauvaises habitudes de vie. Les entreprises qui font de la mascarade verte ou des faux rabais savent mieux que vous ce qui est bon pour vous. Il suffit de prétendre que le produit est écologique, économique ou en solde, et voilà le consommateur dupe prêt à croire les prétentions sans plus de vérification. Oui les médias sociaux aident à rétablir la balance, mais nous n’exerçons pas assez de vigilance collective sur le phénomène des entreprises productrices de « mensonges qui rassurent ». Peut-être que je rêve en couleurs, mais je refuse de baisser les bras. Ma pratique de marketing éthique et responsable me rappelle que l’appât du gain pour certaines entreprises est trop fort. Lorsque la performance de l’entreprise est le seul guide, les employés dérivent eux aussi. Mais chaque entorse aux valeurs d’un employé est un pas de plus vers sa démission éventuelle. Parce qu’il faut le dire, pour plusieurs employés et citoyens, les mensonges sont de plus en plus dérangeants. Notre défi est surtout de savoir quelle est la vérité et qui croire?

La vérité est plus difficile à croire que les mensonges!

Oui, je l’avoue, j’aimerais bien que tout le monde entende une conférence de Yves Lusignan ou encore écoute le film Thrive en version française, ce serait déjà un début. Parce que changer des choses exige un peu de planification et d’organisation. Il faut être capable de regarder les choses en face et accepter que le statu quo est une option seulement pour ceux qui sont dans le haut de la pyramide. Nous pouvons bien aimer les papillons et détester les chenilles, c’est un dilemme qui trouve que des perdants si nous détruisons les chenilles. M. Lusignan parle du pied sur le quai et l’autre dans le canot, un moment donné, il faut faire un choix si nous tenons à rester au sec. L’inconnu fait peur à beaucoup de gens et plus la population vieillit et plus elle se sclérose dans ses vieilles pantoufles préférant le confort imparfait du connu que la possible douleur de l’inconnu. Quel que soit votre rêve, il y aura une route pour y arriver. C’est le voyage qui forme la jeunesse et refuser de voyager c’est comme mourir un peu. J’admire les efforts de certains jeunes qui ont cru à tort ou à raison que la rue et les casseroles étaient la bonne chose à faire. Ils ont osé et franchement sur ce point, tout le monde admet qu’ils ont eu plus de courage que bien des adultes amorphes aux convictions molles. Mais sérieusement, cette approche a divisé la population plutôt que la mobiliser. C’est là que nous manquons de vision et de leadership. Le seul langage que les politiciens connaissent c’est votre vote et le seul langage que les entreprises connaissent c’est votre dollar dépensé comme un vote. Si vous arrêtez de vous comportez comme une autruche, vous verrez le monde pour ce qu’il est et vous comprendrez que votre apport à un nouvel ordre des choses passe par de petits gestes simples, mais concertés.

Ma conclusion à ce stade à la question de ce blogue : Pourquoi les gens choisissent un mensonge qui rassure plutôt qu’une vérité qui dérange? Parce qu’ils ne savent pas quoi faire avec la vérité. Écouter Thrive et commencer à regarder la vérité en face et à la partager avec d’autres! Un petit deux heures bien investi!

J’ai hâte de lire vos commentaires après le visionnement du film.

(*le contenu de la vidéo n’engage que son auteur et ne signifie pas que j’endosse l’entièreté des propos, mais que ceux-ci soulèvent des questionnements qui méritent réflexion).

Sylvie Bédard

6 réflexions sur “Pourquoi les gens choisissent un mensonge qui rassure plutôt qu’une vérité qui dérange?

  1. Bonjour,
    je viens de tomber sur votre post en cherchant un lien pour illustrer ce dilemme, choisir entre une vérité qui fait peur ou un mensonge qui rassure (la pilule rouge ou la pilule bleue de Matrix) pour ce post : http://www.floue.net/le-changement-cest-maintenant/ dont voici le passage en « question » :

    La vérité qui fait si peur est que nous participons comme peuple de la marchandise au totalitarisme marchand qui se veut global, et le mensonge qui nous rassure est que nous sommes en démocratie. Ceci forme le véritable fond de commerce des politiques qui sont au bénéfice des personnes morales qui n’ont de morale que le profit à tout prix (personnalités juridiques, ces pots de fer contre lesquels les pots de terre que sont les paysans, les artisans, les petits commerçants et indépendants sont brisés dans une guerre économique et psychologique nommée « libre concurrence », « libéralisme »). C’est le choix pris en votant de croire en un mensonge qui rassure tout en s’en déresponsabilisant, en confiant le « pouvoir » à ceux qui désirent le conserver tel quel, en nous tenant par la peau des nouilles et des douilles aux frontières étatiques de l’acceptable par le salaire de la peur de le perdre alors qu’il n’y a rien de plus nomade que l’administration, y compris de peurs et de croyances.

    Merci..)

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