DEPUIS 15 ANS : LE MONDE BASCULE UNE BIT À LA FOIS!

Et un twit à la fois! 

Il serait tentant de croire que ce billet de blogue parlera du phénomène #metoo. Il serait aussi très malhonnête de ma part de ne pas admettre avoir tiré profit de la confusion pour attirer votre attention. Et maintenant que c’est fait, oui, je vais parler de bits & bytes (de bits et d’octets) et de twits. Je vais surtout partager mes préoccupations sur ce monde qui bascule au gré des codeurs et des décodeurs depuis mon 1er billet de blogue, il y a 15 ans, le 7 décembre 2007.

En décembre 2007, je faisais ce que j’ai appelé mon « coming out » dans cet univers Web qui prenait toutes sortes de directions et pour lequel je sentais que je devais apporter ma modeste contribution pour lui donner une direction d’espoir. Notamment en connectant les humains afin d’améliorer le monde, en connectant les entreprises avec leurs clients afin d’améliorer le service et en influençant positivement le narratif autour du Web et ses possibilités. J’avais choisi comme titre : La vie 2.0 et je partageais avec enthousiasme ma vision de cette nouvelle vie à l’ère numérique.

Mon 1er billet d’opinion s’intitulait : Devenir riche en magasinant une maison en ligne! Et oui, je parlais des grandes bannières de courtage qui ne savaient aucunement comment offrir une expérience en ligne digne de ce nom. Ils ont laissé duproprio.com prendre le terrain au point de devenir un joueur incontournable sur le marché du courtage immobilier et de changer les règles du jeu. Je pourrais en parler longtemps.

Écrire tous ces billets m’ont vite conduit à la conclusion que je devais parler de Présence. L’année suivante, j’ai donc écrit mon livre, Le nouveau P du marketing : la Présence publié en 2010 et réédité en 2014. Mon blogue est devenu : Complice de votre Présence.

400 articles et 15 ans plus tard…

Parfois lorsque je m’arrête comme aujourd’hui pour regarder le chemin parcouru, je constate l’ampleur du travail accompli. Juste à voir le nuage de mots clés autour de mes thèmes, facile de déduire que mes intérêts étaient, et sont toujours larges. Si quelqu’un m’avait dit que j’écrirais plus de 400 articles et qu’en 2022 je serais encore là à partager mes opinions et ma vision du Web, l’idée m’aurait sans doute paru farfelue, mais surtout épuisante.

Considérant le temps de réflexion à l’écriture, la recherche, la rédaction, l’intégration dans le blogue, le choix et le graphisme des photos, j’estime que j’ai investi l’équivalent de 2000 heures à ce jour. Ce qui représente une année complète à ne faire que ça à temps plein.

Ouf! Calculé comme ça, j’avoue que j’y aurais pensé deux fois plutôt qu’une avant d’amorcer ce projet titanesque. Est-ce que j’ai eu un salaire pour cette année de travail? Bien sûr que non… Rien, Zéro, Niet, Nada. Ni même aucun revenu de publicité parce que je paie des frais pour n’avoir aucune publicité sur mon blogue. Ma seule motivation était, et est toujours, d’élever la conversation autour des vrais enjeux reliés au Web. Ce billet ne fera pas exception.

Une fin d’année qui annonce encore des dérives…

Mon anniversaire de blogue arrive en fin d’année, parfait pour les rétrospectives. 15 ans à voir évoluer, ou parfois régresser le Web. À mes débuts, je considère que j’étais un peu comme un prêcheur dans le désert de l’ignorance collective ou des perceptions négatives face à la place de plus en plus prépondérante du numérique. Combien de fois ai-je entendu des clients me dire : « Ah! Moi, le Web, je ne crois pas à ça! ». Moi de répondre systématiquement, que le Web ce n’était pas une religion ou un acte de foi, y croire ou pas était donc totalement futile.

C’était tout simplement un canal de distribution additionnel pour les entreprises et dorénavant une place d’affaires plus incontournable que jamais. Tant pis pour les retardataires, le monde a continué d’avancer sans eux. Au passage, l’apparition des médias sociaux ont ajouté à l’écho des conversations chaotiques de part et d’autre, mais combien désormais inévitables. Les petits esprits, comme les grands peuvent exposer leurs opinions sans trop se soucier des impacts ou trop conscients des impacts. Même les criminels ont profité de ce décloisonnement, avez-vous vu le documentaire Alpha_02 sur tou.tv? Un trifluvien de chez nous, un des hommes les plus recherchés par le FBI, Alexandre Cazes en tête d’un Amazon du Dark Web (à voir). Pour dire… les 15 dernières années ont permis à tout le monde de s’adapter et à quelques-uns de s’enrichir illégalement et légalement en l’absence de balises.

Tout le monde a accès à une tribune pour partager ses pensées. Comme vous le savez, les bonnes comme les moins bonnes malheureusement. Nous assistons à l’effondrement du concept de la vérité et au passage de la démocratie attaquée par le fléau de la désinformation. Les milliardaires se paient des réseaux sociaux ou en créent lorsque lesdits réseaux les expulsent au nom de la décence. Ils poussent leur indécence à nommer leur réseau « Truth », la vérité a pris toutes les formes!!!. Comme j’aime le dire, la pluie fait pousser aussi bien les tomates que la mauvaise herbe. Et la mauvaise herbe a besoin de moins d’eau que les bonnes récoltes.

Avec de l’argent, tout s’achète… ou presque. Par exemple, l’achat de Twitter par un milliardaire tellement brillant que sa lumière éblouit son propre jugement. Un être surdoué démuni d’intelligence émotionnelle. Un vrai « twit » comme on le dit ici par chez nous. Il est aussi capable d’autodérision, s’ayant lui-même auto-proclamé le Twit en chef! Pourtant, il peut lancer des fusées dans l’espace et construire des voitures qui font l’objet de rêves pour les uns et dorénavant des camions semi-remorques électriques qui pourront faire un million de kilomètres. Comme quoi le génie ne vient pas juste avec les idées de grandeur, mais parfois aussi avec l’absence de sagesse et de jugement. L’avenir de Twitter repose dorénavant sur le bon jugement d’un seul homme aux valeurs douteuses qui vénère les billets de banque et les bits sans égard aux impacts sociaux de ses décisions tout aussi dérangeantes que questionnables.

L’une des premières formations que j’ai offertes était intitulée : Conquérir le monde un « tweet » à la fois! J’expliquais le nouveau réseau de Twitter et comment l’utiliser pour mieux réussir en affaire. Aujourd’hui, personne ne sait comment Twitter va régresser, mais nous sommes tous convaincus que son avenir n’est guère reluisant. Nous sommes déjà dans une nouvelle génération Web et ce qui vient devant ne ressemble pas à ce qui était.

Si nous ajoutons la cryptomonnaie qui a permis à une caste de programmeurs de créer des banques virtuelles qui se moquent des banques traditionnelles, nous pouvons affirmer que les dernières années nous ont bien servi en matière de dématérialisation. Cette même cryptomonnaie qui a permis aux Alexandre Cazes de ce monde de s’enrichir à l’abri des regards. Maintenant, nous assistons à l’effondrement de ces monnaies virtuelles à cause de l’appât du gain et la mauvaise gestion des risques. Ces milliardaires encore pubères qui faisaient et font la leçon à tout le monde ont fait 100 fois pire que les banques traditionnelles qu’ils critiquaient à tous vents (un article de la Presse explique ce fiasco). Un peu comme ce millionnaire James William Awad qui a nolisé un avion en janvier 2022 avec une fortune dont la source est aussi nébuleuse que l’existence de ses entreprises « décentralisées ». Si cette cryptomonnaie ne sert que les intérêts des criminels ou à l’évasion fiscale, faudra bien se réveiller. Voilà où nous en sommes en 2022. Je n’ai pas beaucoup de pitié pour l’effondrement des fortunes mal acquises… par contre, un peu plus pour notre bas de laine collectif, la Caisse de Dépôts et Placements qui a perdu un pari de 150 000 000 $ avec notre argent dans l’aventure des cryptos. Ça fait beaucoup d’argent pour aider les perdants à cause du GAFAM depuis 20 ans.

Les prochaines 15 années?

Ce qui m’amène à parler du futur. Parfois, je dois admettre que j’ai eu l’impression d’écrire mes billets comme une bataille contre des moulins à vent. Une vraie Don Quichotte du Web qui croyait à tort, et encore un peu, que sa capacité de voir plus loin était partagée par ceux qui avaient le pouvoir de changer les choses ou du moins de corriger les anomalies qui causent du tort aux entrepreneurs et aux citoyens à cause du Farweb. Force est d’admettre que la gouvernance n’a pas suivi le tempo des innovations depuis l’avènement du Web. On peine encore à gérer la cybersécurité, la protection des données privées, le civisme numérique, le harcèlement numérique, la diffamation numérique et le respect des lois commerciales équitables pour toutes les entreprises. J’avais peur à cette déroute et le temps a justifié ces craintes.

Je me pose donc beaucoup de questions quant à la bonne façon de continuer à faire de la prospective en ces temps incertains. Pourtant, je suis profondément convaincue que la vigilance est plus nécessaire que jamais. L’intelligence artificielle (IA) qui gère notre quotidien, cachée partout dans les petits logiciels inoffensifs ici et là, qui dicte insidieusement nos actions parce qu’elle sait mieux que nous prédire nos propres goûts et préférences.

L’IA qui rédige maintenant à notre place (non pas ce billet), qui crée des images uniques à partir des millions d’images d’artistes sans payer de droits d’auteur, qui compose de la musique sans musiciens, qui dicte les sentences sans juges aux coupables dans plusieurs états américains, qui détermine si vous avez droit à un prêt, ou pas, sans banquiers, qui utilise vos comportements d’achats ou visites Web pour vous pousser vers votre prochain achat impulsif sans vendeurs et ça continue avec Alexa et Cie. Comme si personne ne se rendait compte que nous sommes de plus en plus poussés collectivement vers une atrophie de notre muscle décisionnel. Tels des automates, nous devenons les complices de toute cette intelligence artificielle qui petit à petit élimine l’humain de l’équation. Attendez de voir les ravages avec la 5G qui envahit déjà les grandes villes et qui connectera tout et absolument tout.

L’univers virtuel avec le 3D s’immisce aussi dans notre réalité qui deviendra d’ici 15 ans plus virtuelle que réelle. D’ici 2037, parions que viendra ce jour où il sera plus agréable de marcher sur la muraille de Chine assis confortablement dans notre salon ou de prendre une marche dans le désert du Sahara sans souffrir de la soif et de la chaleur du soleil. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est déjà possible et je peux le faire avec mes lunettes Oculus dans le métavers.

Je peux imaginer que vieillir dans ces circonstances sera mieux que d’écouter du vieux Ginette Reno ou Jean-Pierre Ferland (Imagine Dragon si vous préférez) à pleurer sur notre jeunesse. Avec la loi qui nous permet dorénavant de mourir dans la dignité, nous pourrions tous être la vedette de notre mort dans la réalité virtuelle en chantant sur une scène ou en sautant d’un avion pour faire notre dernier vol plané en 3D. Bien sûr, l’option méditation au Tibet sera aussi disponible pour la modique somme de 100$.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je sais que c’est maintenant qu’il faut déterminer les balises de ce futur. Le problème est que nous sommes incapables de fournir un médecin à des personnes qui ont payé de gros impôts toute leur vie ou de changer l’air dans les écoles. Facile de comprendre que le futur soit moins urgent que le présent. Le seul problème avec cette réalité, c’est qu’une fois que nous aurons cédé le pas à l’IA pour gérer nos vies, il se pourrait bien que n’ayons plus beaucoup de marge de manœuvre pour rectifier les anomalies programmées une « bit » à la fois par des « twits » qui n’auront aucune idée de ce que veut dire être humain. D’ailleurs à quoi ressemblera l’avenir en 2037 des enfants nés en décembre 2022? C’est un autre 15 ans… vers l’avant!

Notez que je ne parle pas des défis environnementaux et de la médecine et ses avancées ou même des possibles pandémies à nous empoisonner l’existence dans le futur. Peut-être que l’IA sera d’un secours inestimable pour ces défis, possible et réaliste du moins.

Et maintenant?

J’ai bien failli vous annoncer la fin de mon blogue… tant de travail pour zéro récompense, le questionnement est pour le moins valide.

Mais je préfère garder le canal de communication ouvert et contribuer à la réflexion du mieux que je le pourrai en soulevant les anomalies comme les possibilités et en partageant ma vision de ce monde que tout le monde construit MAINTENANT. Parce que soyons honnête, DEMAIN, il sera trop tard pour être désolée. Après tout, la meilleure façon d’avoir le futur qu’on mérite est encore de le créer à notre goût aujourd’hui.

Alors je continue… au rythme que je pourrai garder! On verra bien d’ici 15 ans!

Merci de me suivre et de me payer par votre intérêt, votre partage et votre Présence. Et oui, je travaille toujours à améliorer les affaires à l’ère numérique… contactez-moi!

Sylvie Bédard - Mind Drop

PS Au fil des ans, j’ai décrié l’absence d’un Ministre du numérique… nous en avons un maintenant. Il a présenté un CV avec une faute de frappe selon lui, mais la vérité, il n’a pas de diplôme universitaire outre une session en communications, une seule session sur les 6 à faire. Mais personne ne remet en cause ses compétences et sa probité. J’imagine que c’est l’homme de la situation… comme je le disais, le monde a changé une « bit » à la fois et un « twit » à la fois, j’ignore toutefois si cette formule est la solution pour l’avenir! Désolée… mais je n’invente rien malheureusement.

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