La loi du moindre effort : entre paresse et sagesse!

Loin de moi l’idée de vouloir faire la gérante d’estrade comme on peut lire un peu partout dans les médias sociaux ou antisociaux (selon le propos) et les autres médias traditionnels, mais avouons que nous vivons une situation qui fait sortir le meilleur et le pire des êtres humains. Pardonnez-moi d’avance ce petit coup de fouet sur les sensibilités collectives.

Depuis le début du confinement, je n’ai jamais compris, et je dis cela bien sincèrement, comment une personne adulte, ou même un enfant pouvait réellement s’ennuyer, confiné dans la maison. Certes, les interactions sociales et activités habituelles ayant été bousculées, il est normal de trouver une adaptation dans cette nouvelle réalité. Mais de là, à s’ennuyer, sérieusement, je ne comprends pas. Au départ, de cette crise, j’ai été confinée et jamais je n’ai eu une minute pour relaxer à mon goût. Dès l’instant que mes clients ont pris une pause forcée pour se redéfinir et rebondir, j’ai fait mon propre rebond.

Voilà que j’ai pu enfin travailler sur mes affaires en attente parce que je suis toujours dans le bas de la liste de mes priorités. Bingo, cette crise m’a fait remonter sur le top de mes priorités pendant un certain temps. Et vous savez quoi, depuis deux semaines, je suis redescendue ipso facto dans le bas. J’ai un seul client qui n’est pas près de revenir, pour les autres, la machine est repartie. Bref! Mon point est simplement que je ne peux pas concevoir le principe de l’ennui. Je rêve de m’ennuyer, et je crois que je mourrai sans connaître cet ennui que tant de gens redoutent. Et avec tous les souvenirs que je me construis, j’aurai au moins ces pensées pour voyager dans l’histoire de ma vie.

Ne pas confondre ennui et paresse

Le titre de cet article indique clairement que nous sommes trop souvent dans la loi du moindre effort dans notre société. On pourrait même dire que pour certains, s’ennuyer est un effort. Rester en place avec soi-même peut en effet être exigeant pour certaines personnes. Selon ma conception de l’ennui et celle de bien des psychologues, l’ennui est la mère de la créativité. Il est primordial, voire essentiel, pour les enfants. Ce n’est pas une tare de s’ennuyer, ce qui l’est, c’est de ne pas attendre que cet ennui se composte en créativité ou autres effets bénéfiques parce que nous devons absolument meubler le vide.

Par contre, pour certains l’ennui est une forme de paresse aussi. Le manque d’énergie pour se mettre en action. Une léthargie dysfonctionnelle qui sabote toutes les bonnes raisons de « faire » quelque chose de constructif et créatif. Et cette crise fait sortir tous les travers. Entre les corps flasques et léthargiques devant la télé, ou un écran mobile, ou les gamers accrocs de leur bâton de joie « joy  stick », il y a ceux qui n’arrêtent jamais. À peine levé, il est déjà temps de souper et penser à se coucher. Je suis pas mal de ce dernier groupe. Impossible de m’ennuyer et de rester à ne rien faire, dans le sens de ne rien faire. Pour ma part, dès que j’ai un moment avec moi-même, ma tête part et ma créativité s’enflamme immédiatement. Elle n’arrête jamais dans ma tête, cette créativité. Comme si le délai entre ennui et créativité était quasi nul. Des chemins neuronaux, probablement acquis durant mon enfance, mais je suis rarement en panne d’inspiration.

On se demande comment certaines personnes peuvent trouver le moyen de s’ennuyer entre les mille et une choses à faire. Pour ma part, je suis constamment à regarder l’ampleur des travaux domestiques, mes projets de bricolage en attente, mes projets d’écriture et de peinture, mes intentions d’entraînement, ma tonne de livres en attente de lecture, les webinaires proposés, je rêve vraiment de m’ennuyer, mais je ne crois pas que cela soit possible. En fait, je pleure quasiment le retour de mes clients (si vous lisez chers clients, souriez, c’est une blague). Mais le fondement est simplement que si une personne trouve le moyen de s’ennuyer avec tous les outils pour se s’éduquer ou se divertir et justement pour nous empêcher de nous ennuyer, je me dis que c’est un choix. De la même façon que si une personne choisit de faire la larve de salon, c’est aussi son choix.

Comment la loi du moindre effort se heurte-t-elle à la bêtise de nos dirigeants?

Donnez-leur du pain et des jeux! Dixit César en parlant de ses Romains. Ici, Justin Trudeau pourrait dire : donnez-leur un chèque et des jeux vidéo! Nous avons atteint le summum de la stupidité avec les dollars qui pleuvent sur la tête des ressources primordiales pour aider les entreprises avec la reprise. Pendant que nous devons émerger dans une économie de sagesse, nous avons des dirigeants qui font tout pour que la paresse naturelle des jeunes, et moins jeunes, se confortent dans son choix de « ne rien faire ». Ici, je vous invite à lire une rubrique de la Presse sur le cas spécifique des jeunes étudiants en âge de travailler et le cadeau du gouvernement. Ça sera l’été le moins productif de leur vie et le plus payant. Je n’arrive pas à croire que nous ayons fait ça. Déjà le taux de chômage est monté à 17% en avril au Canada, ceux qui pourraient travailler devraient être stimuler à le faire.

Déjà, il faut gérer la psychose collective de notre nouvelle vie avec le virus, et ceux qui vont nous servir leur « peur » transformée en TOC (trouble obsessif compulsif) par la fin du monde est à 13 h chaque jour depuis la mi-mars en excuse pour honorer leur paresse. Les dirigeants ont réussi à confiner nos cerveaux et la pente pour déconfiner les cerveaux d’une certaine classe de la société sera raide. Si certains sont plus à risque et amplement justifiés de rester en confinement perpétuel, il ne faut pas confondre avec les autres tout à fait aptes à travailler avec des précautions sanitaires. Imaginez les milliers de travailleurs en action dans toutes les sphères de notre société depuis le début de la crise. Quelques rares personnes ont payé cher de leur vie, mais somme toute, la situation des travailleurs est nettement moins alarmante que celle des personnes âgées. Je ne vous servirai pas des statistiques ici, mais ici le lien résume quand même bien que nombreuses maladies tuent plus chaque année que la COVID-19. Certes non contagieuses, ces maladies sont pourtant plus meurtrières. Il y a bon an, mal an, environ mille morts par mois dans les CHSLD et la majorité des décès sont tristement dans ces lieux mal équipés pour affronter la crise.

Cela ne diminue en rien l’importance d’être prudent et de prendre tous les moyens pour se protéger, mais est-ce que cela veut dire de rester chez soi pour le restant de l’année à végéter sur le divan? À vous de répondre. Il paraît qu’un jeune a 10 fois plus de risque en prenant sa voiture qu’un métro bondé, c’est pour dire! Mais, le temps que les gouvernements ont mis à nous convaincre de rester chez nous ne sera rien pour convaincre les paresseux déguisés en anxieux de retourner travailler. Nous avons juste à entendre la position des syndicats en ce moment pour comprendre l’état d’esprit. Toutes les excuses sont bonnes pour la loi du moindre effort et au meilleur salaire. La notion de risque a toujours existé, maintenant ce risque a un nom. Maintenant, ce nom est sur toutes les lèvres pour garder la psychose collective bien en vie dans les cerveaux confinés et paralysés dans la glu de la peur. Si on peut dire que la peur est notre pire ennemi lors d’une survie en forêt, je suis convaincue que ce sera notre pire ennemi pour combattre la paresse naturelle de bien des personnes. Désolée si j’offense certaines personnes avec des troubles anxieux, mais le message est clair : vous ne pourrez pas rester caché chez vous éternellement. Il faudra faire votre introspection et avoir l’honnêteté d’admettre si votre anxiété est simplement le refus de travailler ou la réelle peur d’attraper un virus qui a 99% de chances ne pas être fatal et autant de chances ne pas l’attraper si vous n’êtes pas exposés aux milieux d’éclosion.

 

Notre propension à la paresse et à la peur : des affaires à deux vitesses.

Depuis la nuit des temps, le marketing (darketing) a su capitaliser les sept péchés capitaux pour nous servir des arguments de vente. Les deux principaux sont certainement la paresse et la peur. Plus encore, des tonnes de produits sont créées chaque année pour cibler notre besoin d’en faire le moins possible. Certains voient des affaires d’or et en profitent pour frapper très fort en ces temps troubles sur notre propension collective à la loi du moindre effort et sur notre peur justifiée pour se protéger. Sincèrement, j’en rage parfois de voir certaines publicités qui nous prennent pour des idiots démunis de cervelle. Facebook récolte la palme de ces publicités de produits faits dans les usines en Chine inventés pour nous faciliter la vie (terme éloquent pour répondre à notre paresse naturelle). C’est gênant parfois. Mais ce qui me gêne le plus, c’est le manque d’éthique de ces entreprises qui misent sur nos faiblesses, mais qui sont totalement incapables de créer des produits qui durent. Comment exercer notre jugement face à ces offres offensantes? Peut-être que notre « peur » pourrait servir de bouclier pour une fois. Une forme de protection qui serait utile, voire essentielle.

Pour des entreprises bien positionnées, les affaires sont d’or avec les règles sanitaires instaurées pour la COVID-19, une véritable panacée pour les entreprises œuvrant dans cette industrie. Tandis que d’autres industries ne voient pas comment elles survivront à cette pandémie, d’autres ne veulent pas en voir la fin tellement tout les avantage. Nous avons scindé le monde en deux : les gagnants et les perdants. Une chose est certaine, notre vie commence à ressembler à un rendez-vous quotidien avec nos écrans. Ce qui m’a fait réaliser que ma vie est un confinement perpétuel depuis plus de 12 ans. Pour moi, la crise ne change pas grand-chose à mon quotidien outre l’achat en ligne… à l’épicerie et les perspectives inconnues d’un futur à recomposer. Ah! Oui, j’oubliais, mon nouveau masque est un peu étrange dans mon arsenal.

Mais entre cette économie à deux vitesses, celle qui tire plus vite que son ombre et celle qui est sur pause, il y a la main-d’œuvre aussi à deux vitesses; celle qui n’a plus de vie, et celle qui a une nouvelle vie qui est plus agréable que celle d’aller travailler. J’entends partout l’apologie du confinement. Comme si le relâchement de la soupape de la pression quotidienne était tellement bénéfique que chacun aimerait vivre dans ce quasi conte de fée où l’argent n’est pas un problème et où nous avons tout notre temps. Oui, je sais, il y a les autres qui ont la soupape scellée et qui ne savent même plus respirer. C’est à eux que je pense en écrivant cet article. Ceux qui n’ont pas eu le luxe de se reposer et ne voient pas le jour où ils le feront. Pour eux, cette paresse est inacceptable et la loi du moindre effort une insulte à leur dévouement.

Comment encourager les gens à sortir de la loi du moindre effort?

Je dirais que les gouvernements doivent dès à présent mettre autant d’efforts à déconfiner les cerveaux qu’ils en ont mis à confiner les corps. Il y va de notre santé collective. Cela commence par arrêter de payer le monde à ne rien faire. Il y a tellement de travail partout à faire, surtout avec l’été qui se pointe et les besoins en agriculture et tous les autres secteurs qui comptent sur les étudiants pour permettre des vacances aux autres. Il y a aussi l’aide humanitaire qui devrait être soutenue par des étudiants tant qu’à être payé pour rester sur leur divan. Les soins partout à offrir ont en déficit de main-d’œuvre et j’en passe. Les employeurs ont de la difficulté à ramener les travailleurs en poste. La litanie des excuses est aussi longue que votre imagination, mais la 1re en liste : la peur de la COVID-19.

C’est simple, si un travailleur refuse de revenir au travail avec ses excuses alambiquées, c’est une fin d’emploi ayant comme motif un départ volontaire. Il faudra tirer une ligne très bientôt entre ceux qui sont aptes au retour et ceux qui fuient le retour. L’assurance emploi ne doit pas être applicable. Qui paiera pour la paresse collective nourrie par la peur de la COVID-19? C’est nous tous. La facture sera salée. Je veux bien les cas d’exceptions, mais là, ça va faire. S’il y a une chose que nous avons prouvée depuis le début de la crise, c’est bien que le télétravail est possible. Pour les autres, il y a les masques, les lavages de mains et la distanciation sociale. Et ne venez pas me dire à moi que les règles sont difficiles à appliquer, parce que je parierais ma chemise que ceux qui les oublient pour aller dehors et les enfreindre sont les mêmes que ceux qui sont payés à ne rien faire sauf compliquer la vie des autorités pour des rassemblements illégaux et des infractions à la loi mise en place pour contrôler les éclosions. Soyons sérieux! Si un constat est émis, il devrait y avoir une vérification du statut du contrevenant ou un suivi de ces constats avec les autorités… ça va faire les discours à deux vitesses! Si quelqu’un a si peur du virus au point de ne pas aller travailler, il devrait rester chez lui et éviter de sortir et voir ses relations. Ou peut-être devrait-il être payé pour se former à de nouvelles compétences, mais de grâce arrêtons de cautionner la paresse.

Vers une économie de la sagesse?

Certains prônent, dans les coulisses, les vertus d’une économie de la sagesse. Un appel aux entreprises à changer leur rapport avec les employés et profiter de la situation pour repenser leur modèle d’affaires. Si je suis 100% en phase avec cette idéologie, je pense toutefois que lorsque l’on chasse le naturel, il revient au galop! Les dirigeants n’auront pas changé avec la crise. Selon moi, la grande majorité voudra récupérer ce qu’ils auront perdu et ne souhaitera qu’une chose, revenir là où ils étaient avant la crise. D’ailleurs, la majorité rêve du retour à la « normale ». Le problème est que la « normale » n’existe plus.

Et encore plus gros comme problème, ce sont les mêmes patrons qu’avant. En contrepartie, je dirais que certains employés auront changé, mais pas à l’avantage de leur employeur. Leur goût pour les journées à la maison, les horaires flexibles, les moments en famille et j’en passe, sera difficile à laisser tomber. Certains ont pris goût à ce confinement du « repos » et feront tout pour éviter de revenir au travail. Je ne nierai jamais la peur justifiée si un risque anormalement élevé existe dans la maisonnée, mais il y a des solutions entre être payé à ne rien faire et payé à contribuer à la société de manière constructive.

Un moment, il va falloir s’aider, si on veut être aidé. Et ici, je lève mon chapeau aux centaines de couturières, artisans, bénévoles, aidants naturels et j’en passe qui font de cette crise une occasion d’aider les autres. Chapeau aussi aux entreprises qui font preuve d’humanisme avec leurs clients en ces temps difficiles, c’est aussi ça la Présence.

Mais je ne peux passer sous silence, la meilleure que j’ai entendue d’un client potentiel à qui j’ai fait une proposition de formations dans le cadre du PACME-COVID. L’employé demandeur m’a fait un suivi en me disant: mon patron ne veut pas nous former. Pourtant, il avait tout sur un plateau d’argent, tout est payé, leur temps, leurs formateurs, mais le patron ne voulait pas attendre les paiements d’Emploi-Québec alors que j’ai même proposé de faire le crédit pour mes frais. Il y a aussi un prêt sans intérêts de 40 000$ pour ça. Bref! Zéro excuse et pourtant un refus. Avec le recul, la vraie raison était simple : le patron ne voulait pas former ses employés de peur de les perdre après la crise et de peur de les voir exiger trop de changements. Le refus du changement ça existait avant, et ça continuera après. Le seul problème est que lorsque nous sommes gouvernés par la peur et la paresse, nous restons figés. Et ne pas avancer lorsque les autres avancent revient à reculer.

Dans cette économie de la sagesse, évitons de cautionner la paresse et la peur. Déjà, l’intelligence artificielle viendra peu à peu engourdir le cerveau humain et nourrir sa propension à la paresse en pensant pour lui. Ça sera la catastrophe si nous allons vers ce non-sens. Je vois l’image de Wale et la gang d’obèses qui se gavent à la journée longue dans un vaisseau qui cherche un endroit pour se poser… oui, je sais, c’est juste un film d’animation… mais… mais…

Combattons à tout prix la paresse et la peur, sinon l’économie de la sagesse ne verra jamais le jour! Et puis, posons-nous aussi la question, qu’aurons-nous fait de ce temps de pause forcée pour accomplir ce qui nous tient à coeur? Comment rebondirons-nous collectivement dans cette nouvelle réalité qui nous oblige à vivre avec le virus?

Je vous souhaite une bonne réflexion et ça va bien aller… si nous faisons ce qu’il faut!

Blogue La Présence des idées

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