Prospective à saveur de Présence : si vieillesse savait et si jeunesse pouvait!

J’adore les discussions dans les groupes LinkedIn, tous les profils de notre société numérique y partagent leurs opinions. Depuis un moment, la notion de fracture numérique fait couler bien des pixels. Mon dernier billet en faisait le sujet principal « La fracture numérique : pensée globale et actions locales » et il a provoqué bien des échanges sur la nécessité de mettre chaque génération à contribution. Cela a seulement renforcé l’idée que notre société est vraiment divisée en deux : les branchés et les non branchés. Je ne parle pas de ceux qui ont une connexion Internet et qui accumule la poussière sur leur clavier. Je parle bien de ceux qui ne vivraient pas sans Internet versus ceux qui s’y aventurent timidement.

Dans toutes les entreprises, la question de la génération « Y » fait chavirer les modèles établis et toutes les entreprises vivent aussi le défi du transfert intergénérationnel. En d’autres mots, le savoir et la mémoire quittent l’entreprise massivement à chaque départ à la retraite et très peu s’y préparent. Pourtant préparer le futur, c’est facile lorsque tout est prévisible et que les outils existent (ex. les wikis). Un retraité ne décide pas la veille de son départ définitif de prendre une retraite bien méritée. Le plus gros problème avec la fracture numérique c’est que les jeunes connaissent les outils et les contenants et les plus vieux connaissent les plans et le contenu. C’est seulement ensemble qu’ils peuvent construire un monde meilleur grâce à nos nouvelles capacités augmentées par les nouvelles technologies. Avec les défis qui nous attendent, vous serez d’accord avec le gouvernement pour une fois : On a pas de talents à perdre! C’est ça l’intelligence collective!

Lors d’une récente conférence sur l’expérience-client et l’expérience-employé (que je donne avec Louise Bourget, spécialiste de l’expérience-employé), un participant nous expliquait à quel point son équipe de jeunes programmeurs étaient efficaces pour coder dix fois plus vite que ses plus vieux programmeurs (au-delà de 40 ans). Le problème, c’est qu’ils n’ont pas la pensée systémique et ils ne voient pas l’interrelation des choses aussi facilement que les plus expérimentés. Sans l’apport des « vieux », aucun logiciel ne pourrait fonctionner sans présenter des « bugs » majeurs. Je crois que l’on peut facilement noter cet état de fait dans bien des applications. C’est pareil dans notre société.

Le futur n’est pas la suite du passé comme le dit si bien le prospectiviste Yves Lusignan et d’autres comme lui qui pratiquent la prospective*. C’est cette posture mentale qui est difficile pour la plupart des humains. Avec l’expérience on finit par se dire : plus ça change et plus c’est pareil! Et avec l’arrogance de la jeunesse on finit par se dire : moi je ne ferai pas comme les autres avant, je vais changer le monde! La prospective nous propose de se projeter dans le futur et ensuite d’analyser à rebours les actions à poser sachant que nous serons probablement au point X à tel moment dans le temps.

Imaginez que vous êtes Michelle Tisseyre et que vous avez 92 ans avec toute votre lucidité et votre santé ou encore que vous avez 84 ans et que vous faites encore des spectacles de gymnastique avec un jeune de 25 ans (trop cute à voir dans la vidéo- cliquez sur l’image).Gymnaste 84 ans

Que feriez-vous aujourd’hui sachant que vous vivrez en forme et autonome si longtemps? Vous retourneriez aux études? Vous repousseriez l’âge de la retraite? Vous mettriez les bouchées doubles pour enrichir votre fonds de pension? Vous réaliseriez enfin vos rêves?

Dans mon cas, si je vis aussi longtemps que madame Tisseyre ou que mes arrières grands-parents, c’est comme si je recommençais ma vie aujourd’hui à partir de zéro! Je n’ai plus le même regard sur la vie et je parie que la Présence est la meilleure prospective pour toute l’humanité qui a urgemment besoin de rompre avec le passé et non de l’oublier. Que ferais-je différemment alors? Et vous?

Ah! Si vieillesse savait les technologies…. Et si jeunesse pouvait saisir l’importance du moment présent pour construire l’avenir!

P.S. Vous souhaitez apprendre à vous servir des réseaux sociaux? Il y a encore quelques places pour la formation du 5 mai.

*La prospective n’est ni une science, ni une discipline à proprement parler. Un art, plus sûrement. Certains parlent d’une « indiscipline » intellectuelle. En définitive, et fondamentalement, la prospective est une attitude, un état d’esprit, une manière d’être, voire une philosophie, peut être même une certaine forme de morale, c’est-à-dire un guide de l’action humaine soumise au devoir et ayant pour but la recherche du « sens » commun, avec comme moyen la connaissance. Il s’agit d’une posture différente vis-à-vis de l’avenir, basée sur le refus de la fatalité, sur la reconnaissance de l’homme à la fois comme finalité et comme acteur du futur.

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