La loi sans 1 % : 1 personne sur 100 peut imposer ses convictions!

Je ne ferai pas l’analyste politique avec ce blogue, promis! Mais je ne peux pas m’empêcher de constater à quel point, nous sommes inconscients du pouvoir que nous avons dans une société où la démocratie c’est le 50 + 1 ! Madame Marois, toujours vivante (Dieu merci!), a réussi son pari de devenir la 1re femme 1re ministre au Québec. Je lui lève mon chapeau, car il s’en est fallu de peu pour que ce titre lui échappe. Au nom de toutes les femmes qui ont lutté pour cette égalité, je dis bravo! Un cadeau empoisonné, c’est clair, mais elle sera dans les pages de notre histoire, pour cela et bien d’autres choses comme nous le constatons déjà malheureusement! Mais regardons ce que la démocratie nous enseigne avec cette nouvelle élection.

Qui est cette personne qui ferait pencher la balance?

Je suis en route depuis 10 h le matin en direction de Montréal pour aller voter avant la fermeture à 20 h, car la route est longue pour ce retour de vacances en terre américaine. J’y tiens mordicus, rien ne peut m’arrêter, même pas les douaniers (rires). Je me dis que c’est important, car je pourrais être cette personne qui donne le vote décisif à un ou à l’autre. Bon, dans ma circonscription, c’est peu probable, mais Québec Solidaire a donné des sueurs froides au Parti Québécois. Mais en regardant les élections hier soir, j’ai compris à quel point chaque vote compte. Au suffrage universel, c’est la quasi-égalité de tous les partis. Si 1 % avait voté plus à gauche ou plus à droite, c’est Québec Solidaire qui aurait fait la pluie et le beau temps au Parlement. Pensez-y un instant… des extrémistes de gauche auraient pu dicter leur point de vue afin de faire passer un vote. On dira que la démocratie est défaillante avec une telle possibilité bien réelle. Au Canada, nous avons vu les mêmes scénarios lorsque Harper était minoritaire, André Arthur, pouvait changer les choses!!! Alors je m’inquiète toujours de savoir que 25 % des électeurs ont préféré rester à la maison hier.

La balance du pouvoir : une problématique inquiétante aussi dans les entreprises à capital-actions

Autres cas bien réels que je vis avec cette notion de balance du pouvoir. J’ai un client qui possède 44 % d’actions et son principal coactionnaire en détient 46 %, il reste un petit 10 % au comptable associé. Mais, au final c’est lui qui a le pouvoir de tout changer. Face à un litige crucial, c’est le comptable qui a fait pencher la balance avec son « marginal 10% », une utopie qui a fait que l’actionnaire détenant 44 % n’a pas eu de poids face aux deux autres, alors qu’il possède tout près de la moitié de l’entreprise. C’est aussi exactement ce qui est arrivé dans une autre entreprise que j’ai eue. Un actionnaire minoritaire, nous a fait la vie dure et cela a largement contribué à l’échec collectif. Même constat dans les conseils d’administration : le choix des administrateurs est fait en fonction de la balance du pouvoir. Le livre sur Carly Fiorina (ex-présidente de HP) explique bien la dynamique des CA. Un livre que j’ai d’ailleurs dévoré comme une bouchée de pain. Ce n’est pas un hasard si le copinage est pratiqué, c’est essentiel pour gouverner et pour aussi contrôler. La démocratie est une illusion pour ceux qui perdent et pour ceux qui gagnent aussi. Mais que faut-il pour parer à cette utopie démocratique?

Le 1 % des clients qui font la différence

Ce pouvoir du 1 % est aussi la réalité des entreprises vis-à-vis leur clientèle. Il suffit d’un seul client sur 100 pour changer le cour des ventes ou le taux de satisfaction. Les réseaux sociaux ont exacerbé ce pouvoir avec le potentiel viral des commentaires. Mais il est évident que 1 % de vos clients peuvent transformer votre entreprise en cauchemar ou en succès. C’est tout de même aussi le principe des clients à forte valeur ajoutée qui parfois rapportent à eux seuls, plus de la moitié des revenus. La démonstration du 1 % est donc sans équivoque et ce, à tous les niveaux.

Quelle est la solution pour un pouvoir plus représentatif?

D’abord précisons que dans les entreprises, une bonne convention d’actionnaires peut tempérer ces pouvoirs excessifs des actionnaires minoritaires, mais les lois, les protègent aussi. Cela reste tout de même préoccupant de savoir que si peu de % peuvent être déterminants. Mais cela prouve que le cynisme des citoyens sur la démocratie n’est pas justifié. Il suffirait du côté de notre législature, d’instaurer un mode de scrutin plus fréquent sur des dossiers à caractère fondamentaux pour l’avenir. Des référendums, comme en Suisse, qui permettent aux gens de voter sur une proposition, et non, un parti politique ou une vedette charismatique. Même pour vos clients, l’idée est praticable avec les sondages plus fréquents et plus précis que les sondages annuels et généraux. Ne me dites pas que nous n’avons pas les solutions accessibles et relativement simples avec le pouvoir du réseau IP en plus!

La loi sans 1 % : impossible de réussir quoi que ce soit!

Le défi dans les entreprises, comme au gouvernement, c’est de cibler les clients ou les citoyens qui représentent la balance du pouvoir. Tout le monde sera d’accord pour dire qu’avec la répartition des votes selon la méthode proportionnelle, personne ne gouvernerait le Québec aujourd’hui et nous aurions eu 3 PQ, 3 PLQ, 3 CAQ et 1 QS ou autre. Ce qui prouve que n’importe quel 1 % de marginaux pourrait nous dire dans quelle direction aller!

Si le défi des entreprises à mieux servir ce 1 % de clients est légitime et souhaitable, je dois avouer que je n’ai pas envie qu’il y ait 1 % qui dicte mon avenir à titre de Québécoise. C’est pourquoi le changement est impossible à instaurer lorsque nous divisons les votes entre partis d’allégeances similaires. Au fond, il y a 7 électeurs d’allégeances nationalistes pour 3 fédéralistes et ces derniers ont gouverné pendant 9 ans! Vous voyez à quel point la petite madame ou le petit monsieur qui sirote un café dans le resto du coin a un poids important. Pour chaque 100 personnes qui votent, une personne fait changer le vent de bord! Ce n’est pas une élection aux 4 ans qui changeront cela. Il faut repenser notre système, c’est urgent!

Êtes-vous cette personne unique, ce 1 % qui fait la différence à chaque fois? Cesser de vous croire inutile à notre vie démocratique ou même d’être ce client qui avale sans rien dire et changez les choses en commençant par vous-même. Gardez le cynisme pour ceux qui ont toutes les raisons de vous garder dans la léthargie! Faites valoir vos opinions de manière constructive et vous serez surpris du résultat. Hier, j’ai compris une fois pour toutes que les marginaux avaient le pouvoir de s’approprier le pouvoir. Ne sous-estimez jamais cette personne silencieuse assise dans la salle de cent personnes, ce n’est pas la loi 101, mais la loi sans 1 % qu’il faut comprendre!

Sylvie Bédard

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