La cyberguerre froide : un dossier chaud pas assez « Net »!

Là sous nos yeux se déroule depuis un bon moment, la cyberguerre froide entre les Nations du monde qui tentent de s’approprier le contrôle de l’univers anti-contrôle qu’est devenue la toile Internet. D’un côté, les USA et de l’autre le reste du monde. Pas facile de s’y retrouver dans les différents enjeux, mais disons qu’au final, nous aurions intérêt à surveiller de près la « guéguerre » que se livrent les dirigeants du monde dont le contrôle d’Internet échappe et surtout qu’ils convoitent.

En gros, disons que plusieurs pays plaident en faveur d’une réforme du « Règlement des télécommunications internationales » (RTI ou ITRs en anglais). C’est en quelque sorte ce qui « régit la façon dont les pays relient entre eux toutes sortes de réseaux d’information et de communication », et dont la dernière version à un siècle selon l’espace-temps dans le Web, soit 1988. L’enjeu : remettre le contrôle de la gouvernance du Web dans les mains des Nations-Unies.

Une bonne mauvaise idée : l’équilibre de la terreur!

À constater les efforts démesurés de la Chine et de la Russie pour museler et empêcher le déploiement de l’Internet à l’extérieur de leurs limites géographiques, on comprend mieux pourquoi certains ont peur d’ouvrir une porte vers un possible contrôle du Net qui nous ferait reculer à l’ère préhistorique à en juger par l’époque où vivent ces pays qui bâillonnent la liberté d’expression. Les É.-U. ne souhaitent surtout pas ouvrir la porte au « diable » jouant comme à l’habitude au superhéros et au gardien de la veuve et l’orphelin. La prochaine Conférence mondiale des télécommunications internationales (WCIT-12) attendue à Dubai en décembre prochain, promet donc d’être ponctuée d’échanges musclés. Il faut le dire les enjeux sont grands. Si les É.-U. gardent le contrôle du fichier racine, certains craignent que leur pouvoir déjà important en matière de contrôle Web, ne vienne déséquilibrer les forces au fur et à mesure que notre vie se numérise. Résumé un peu simpliste (volontairement), mais qui démontre que les É.-U., en matière de contrôle n’ont pas de leçons à donner à personne surtout lorsque nous connaissons leur paranoïa pour la sécurité nationale. Pensons aussi à Wiki-Leaks qui a fait « couler » plus que des informations, mais de l’encre et des larmes, la chasse aux sorcières n’est donc pas une illusion de l’esprit. C’est pourquoi l’ingénieur français Stéphane Bortzmeyer affirme que le Web, c’est un peu comme l’équilibre de la terreur.

Que faire devant l’impuissance de la toute-puissance?

Avec l’étalement de nos vies privées, notamment avec les Facebook de ce monde, nous commençons à peine à saisir la notion de cybersécurité qui devient de plus en plus critique. La prolifération des « hackers » va de pair avec le vide qui existe autour du contrôle du net ou même du vide juridique qui existe entre les frontières géographiques. Un serveur en plein milieu de l’Inde ouvre la voie aux cybercrimes ailleurs dans le monde sans pouvoir réel pour la victime dans le pays visé. Sans compter la menace d’utiliser les virus pour transformer le Web en arme technologique dont les implications sont dorénavant catastrophiques. TRON, la Matrice ou tous ces films qui mettent en vedette le monde parallèle qu’est devenu le Web sont plutôt fantaisistes, mais ils ne font pas moins réfléchir sur cette notion d’intelligence artificielle qui devra toujours être gouvernée par une intelligence bien réelle, aussi peu intelligente soit-elle! On appelle cela le jugement! Mais que faire lorsque le jugement des uns et l’antithèse du jugement de l’autre? Pensons aux débats des chefs au Québec, cela donne une idée que le jugement n’est pas l’apanage d’une seule vision. À qui le contrôle appartient-il? Posez la question, c’est participer au débat qui est amorcé au niveau mondial. Celui qui remportera le contrôle, sera le prochain maître du monde. Qui veut-on dans ce rôle? Les É.-U., les Nations-Unies, l’Est avec la Chine et la Russie ou une nouvelle force spéciale à inventer pour notre cybersécurité? Leur rôle sera de nous protéger, mais il faudra définir qui protège qui et de quoi?

Les absents ont toujours tort : Canada? Québec? À qui la responsabilité de parler en notre nom?

Vous me direz qui s’en soucie? Bien moi, pour commencer! Quels sont les cerveaux payés avec nos taxes pour prendre position sur cette question d’une importance capitale? Des immigrants numériques? Des policiers à la retraite? La GRC? La sécurité nationale? L’armée? Le ministre des finances? Ou pire le Premier Ministre lui-même? Non franchement, ça m’inquiète! C’est un débat de fond qui doit être amorcé sur notre vision du contrôle du Net. Je n’ai pas la solution, mais je suis certaine que des intérêts divergents auraient avantage à se parler avant que nous soyons pris dans une décision qui pourrait changer bien des choses pour le futur numérique auquel nous ne pouvons échapper! C’est aussi ça finalement le Web et l’économie 3.0!

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Sylvie Bédard

Une réflexion sur “La cyberguerre froide : un dossier chaud pas assez « Net »!

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