Québec cherche une agence marketing afin de redorer son image!

Hier, nous avons célébré le 50ème anniversaire des manifestations nocturnes. Wow! Quelle belle leçon de persévérance de la part des indignés. Oui, car c’est maintenant le nom officiel de ce mouvement de révolte sociale. Un carré rouge pour exprimer le refus d’une hausse de frais de scolarité, d’abord par une certaine « classe » d’étudiants, et maintenant pour toute une classe de la société qui trouve que nous ressemblons étrangement à un mauvais épisode du célèbre film 1984 tiré du livre de George Owell ou pire la « Planète des singes » où le premier singe a dit « NON ». Un état policier, des gens sans liberté d’expression, opprimés, bafoués dans leurs droits fondamentaux et j’en passe. Pendant ce temps, les journalistes du monde entier regardent notre situation, l’analysent, la commentent, la diffusent comme si la révolution était généralisée et que nous étions sur le point de renverser un gouvernement de dictature. Ainsi, nous sommes maintenant un sujet de discussion dans tous les salons du Québec et dans trop de salons ailleurs dans le monde. Nul doute la dérive est bien amorcée quant à la situation qui prévaut ici et bien malin qui peut prévoir l’issu de ce conflit dégénéralisé.

La perception est la réalité

Un extrait d’une émission française « Le petit journal » qui en dit long sur l’opinion publique à l’international (voir à 10 min 14 sec http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html) sans compter l’état de New York qui recommande aux citoyens d’éviter le Québec qui ne respecte pas les droits humains se joignant ainsi à l’ONU et Amnesty International dans cet élan d’indignation. Nous devons remercier aussi le gouvernement Charest pour avoir réussi à faire du Québec un point de mire international où l’attention média tourne au délire. Le feu aux poudres est déclenché et rien ne va arrêter le mouvement qui gagne en sympathie. C’est le même phénomène qu’un ouragan qui commence sa vie par le besoin de libérer la chaleur et refroidir les eaux et qui finit en détruisant tout sur son passage. Une boule de neige qui finit en avalanche. Je prédis depuis des années une transformation de la société, vers un nouveau modèle et jusqu’ici je pense avoir été cohérente en parlant d’écohérence comme solution potentielle à ce déséquilibre. Mais si on m’avait dit que la première graine viendrait d’une poignée d’étudiants en furie, je ne l’aurais pas cru. Mais oui! Nous ne sommes plus au bord d’une crise, nous sommes dedans à deux pieds et à pleines casseroles. Les médias sociaux ont juste permis d’accélérer la perception d’une réalité!

Les dommages collatéraux : la Ville de Québec et le Québec!

Le fond de ce débat tourne autour du fait que le gouvernement ne fait plus son travail de gouvernement aux yeux d’une certaine population. Pour moins, nous pouvons admettre que le diable est au vache dans la gestion de l’état. C’est un problème mondial. La corruption s’est incrustée au point de ne plus pouvoir se cacher tant la corrosion est profonde. En fait, la mauvaise gestion et l’abus de confiance sont maintenant tellement visibles que même les plus laxistes et les plus paresseux se lèvent pour la dénoncer. Il faut avouer que ce réveil à la participation citoyenne est tout de même époustouflant et un présage positif des débats que la société doit mettre en avant-plan pour se préparer un futur au lieu de détruire son présent. Les libéraux ne veulent pas lâcher le volant, mais il faut le dire franchement, nous fonçons vers un mur. Où sont les stratèges qui sont payés pour gérer l’image du Québec? Qui est le directeur marketing de l’état? Qui a la responsabilité de protéger le capital de marque « Québec ». Le maire Labeaume doit manger ses bas lui qui a investit beaucoup d’argent dans le projet de redorer l’image de « Québec ». L’argent perdu avec sa Rapaille et les efforts à investir pour remonter le capital de sympathie envers la marque « Québec » lui donneront sûrement envie de partir sous un autre nom!

Le passé n’est pas garant de l’avenir : le paradoxe du « souvenir »

Le problème avec les analystes et les stratèges qui guident l’état ou les directions d’entreprise, c’est le paradoxe du « souvenir ». Tous regardent les sondages (déjà obsolètes lorsque les résultats sont divulgués), les résultats et décisions du passé, les pronostics de victoire électorale, le « pifomètre » et tutti quanti. Nous avons besoin de prospective en ce moment et non de rétrospective. Nous devons réapprendre à gérer dans un futur plus qu’incertain, nous devons nous positionner tels des stratèges marketing pour savoir quel rôle nous devrons jouer au Québec sur la scène mondiale. Quelle part du futur nous voulons habiter et maîtriser? Nous devons, bien au-delà de notre indépendance, trouver notre interdépendance avec les autres et reformuler le pacte social de tous les citoyens au passage. La gratuité est une utopie, le socialisme tout autant et d’ailleurs la déclaration d’Abraham Lincoln au Congrès en 1860 devrait être apprise à l’école :

  • Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne.
  • Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.
  • Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.
  • Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes.
  • Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.
  • Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous gagnez.
  • Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance.
  • Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant à leur place ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. »

Si nous cessions de gérer avec le paradoxe du « souvenir », nous pourrions peut-être commencer à gérer l’évidence du « futur ». Une nouvelle devise «  Je prépare le futur » au lieu de « Je me souviens ». Parce qu’au train où vont les choses, nos leaders détruisent non seulement notre capital de marque, mais ils n’ont aucun plan pour arrêter l’hémorragie et reconstruire un futur prometteur! Personnellement, j’aimerais que les médias accordent autant d’attention aux nouvelles coupes budgétaires de Harper, à la Commission Charbonneau, à l’émergence d’un vrai projet de société! Notre « branding » collectif aurait besoin d’un autre os à offrir aux médias! Une agence « collective » est recherchée pour partir un autre mouvement, celui d’un projet de société… un vrai!

On commence par où selon vous?

Sylvie Bédard

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