Payer en ligne : entre prudence et paralysie 4 millions de québécois hésitent!

J’ai installé depuis six mois sur mon site, une interface de paiement en ligne pour mes formations et mon livre. Je suis toujours étonnée lorsque je reçois des messages de la part de clients qui refusent de payer en ligne pour des raisons nébuleuses. Un de ces clients m’a dit avoir subi une fraude du genre: j’ai payé et je n’ai pas reçu le service tandis qu’un autre avoue ne pas avoir confiance aux paiements en ligne.

Il y a plus de dix ans, je devenais la 61ème cliente du service en ligne de ma Banque. Depuis ce temps, j’utilise les services d’achat en ligne pour mes voyages, un service en ligne, un livre, de la musique et j’en passe. Jamais depuis que je fais des achats en ligne, je n’ai été victime de fraude. Par contre, en moins de 18 mois l’an dernier, ma banque a remplacé ma carte de crédit à deux reprises parce qu’elle avait été clonée. Pas d’avertissement, rien qu’une gifle en plein visage lorsque le serveur d’un restaurant revient vers toi pour t’annoncer que ta carte est refusée. L’angoisse se mêle à l’embarras, car disons-le franchement, ce n’est pas une façon agréable d’apprendre une telle nouvelle.

Les banques agissent ainsi pour une simple et bonne raison : elles sont responsables des achats frauduleux sur votre carte. Elles ne pensent pas à votre sécurité, mais bien à la leur. Il en est ainsi pour toutes vos transactions bancaires, qu’elles soient en ligne ou autre. C’est la banque qui doit faire la preuve que c’est bien vous qui avez payé ou contracté la dite transaction. Les petits chiffres à l’endos de votre carte prennent la place de votre signature en ligne et avec les nouvelles cartes à puce c’est votre NIP qui fait foi de l’authenticité de la transaction.

Pourquoi encore tant de craintes vis-à-vis les paiements en ligne? J’avoue que je m’explique mal une telle situation. Il y a des règles à respecter évidemment, mais rien de bien différent que dans la vie de tous les jours. En voici quelques unes :

1.       Faites confiance à l’entreprise qui vous vend le service ou le produit (confiance comme si vous aviez contracté le service hors ligne)

2.       Utilisez des méthodes de paiements sécurisées (Paypal ou autres accrédités par Verisign, vérifiez dans l’adresse URL la présence du « s » dans le  « Https » ainsi que le petit cadenas à gauche de l’adresse)

3.       Validez les politiques de remboursement (ceci est entre vous et le marchand, ce n’est pas spécifique aux achats en ligne)

4.       N’hésitez pas à vous plaindre si vous croyez avoir été floué. À qui? D’abord au vendeur et ensuite aux instances qui agissent comme intermédiaire entre vous et le marchand (votre banque, Paypal, e-bay etc.). Ces derniers doivent prendre action contre un marchand qui viole les règles établies.

5.       Surtout soyez prudent avec vos courriels. La plus grande part des fraudes en ligne trouve victimes dans le vol d’identité. La méthode la plus connue, c’est l’hameçonnage (Phishing). Les fraudeurs interceptent de l’information en circulation et vous font parvenir un courriel qui semble authentique en provenance de votre banque ou de Paypal. Le message a toujours un caractère d’urgence et alarmant du genre : attention votre compte a été piraté. Il faudrait lire : Attention! Votre compte sera piraté si vous exécutez nos instructions. Rappelez-vous qu’aucune institution sérieuse ne procède de cette façon pour valider des informations confidentielles à propos de leurs clients.  Rappelez-vous surtout que si ces fraudeurs vous demandent votre code ou de l’information personnelle, c’est parce qu’ils ne les possèdent pas.

En conclusion, je crois que la prudence doit surtout orientée sur le choix des entreprises avec qui nous souhaitons faire affaires et à notre attitude vis-à-vis le traitement de nos multiples courriels. Parce qu’une fois que nous savons comment juger de la sécurité du mode de paiement, que reste-t-il comme excuse pour choisir la paralysie devant l’immense facilité qu’offrent les paiements en ligne?

L’Office de la Protection du Consommateur du Québec a rafraîchit sa loi et de nouvelles règles concernant les cartes de crédit et de débit ont été établi. Les marchands pourront offrir des rabais aux consommateurs qui choisissent des méthodes de paiements moins dispendieuses pour eux. Je peux déjà prévoir que les achats avec cartes de crédits seront pénalisants pour les consommateurs. Par contre, je pense que les clients qui facilitent la perception des marchands seront récompensés par des rabais incitatifs. Du moins, souhaitons que cela favorise la prudence au lieu de la paralysie du paiement en ligne car il y a seulement 21% des québécois qui achètent en ligne contre 79% qui ne le font pas selon des données de l’indice du commerce électronique du Québec de décembre 2009. Un potentiel de 4 millions de québécois qui demandent à être sécurisés avant de payer en ligne.

Merci au 98 % des clients qui ont fait confiance à mon système de paiement en ligne, aux marginaux qui résistent, je vous souhaite de remplacer le mot comptant par content de payer en ligne!

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9 réflexions sur “Payer en ligne : entre prudence et paralysie 4 millions de québécois hésitent!

  1. Pas vraiment surpris de la méfiance persistante. Bien que grand utilisateur du web pour toute sorte de choses j’ai mis du temps à faire ma première transaction en-ligne. Et si aujourd’hui je le fais sans trop d’hésitation (lorsque l’entreprise est reconnue et que le site ne garde pas en mémoire le numéro de carte) j’utilise tout de même une carte dédiée à ce type d’achats. Autre conseil à ceux qui hésitent, utilisez une carte de crédit avec une faible limite (ex 500$).

  2. Merci Frédéric,

    J’ai complètement omis ce conseil que je pratique depuis mes débuts en surcroît. J’imagine que la notion de responsabilité de la banque m’a aveuglé le temps de ce blogue.

    Merci de contribuer à notre savoir collectif.

    Sylvie Bédard

  3. Pour moi personellement les forfaits sont le moyen le plus efficace pour être prudent lors du paiement en ligne. La carte prépayée que j´achète dans le tabac pour cette occasion, c´est la paysafecard. Je ne vois aucune danger d´arnaque!

  4. Je ne suis pas non plus surpris de la méfiance par rapport au paiement en ligne par carte de crédit. Il repose grandement sur la confiance que l’on accorde au site marchand. Par ailleurs, toute personne qui dispose des infos se trouvant sur votre carte de crédit a la possibilité de l’utiliser en ligne. Concernant l’utilisation de moyens de paiement alternatifs, ils ne sont pas nécessairement connus et nécessitent souvent des démarches supplémentaires (ouverture d’un compte, confirmation du compte, etc). Il faut noter aussi le manque d’infos clairs concernant les moyens de paiement sur les sites marchands. Enfin, par rapport à la notion de responsabilité des banques, ces dernières tentent d’imposer en France le paiement par carte bancaire sécurisé avec le dispositif 3D Secure. Cela pour se décharger de cette responsabilité en cas d’utilisation frauduleuse. Il est vrai que c’est optimal en ce qui concerne la sécurité mais que cela devient fastidieux de payer en ligne…

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