Que nous est-il arrivé collectivement?

Billet hors-série. Opinion bien personnelle sur une situation bien collective.

Ce n’est pas sans joie et un profond soulagement que comme une très grande partie du monde, la victoire contestée de Biden-Harris est arrivée par un beau samedi ensoleillé de novembre. Un vent chaud d’espoir a soufflé sur une Amérique déchirée (oui, même au Canada). Un moment qui a suscité, et suscite encore, beaucoup d’espoir et de tensions à la fois. Une victoire douce-amère qui n’augure pas une transition sans heurts malheureusement. Mais tout cela était prévisible non ? Comment un égo démesuré, comme ce vilain orange inspiré des orangers de la Floride pourrait-il concéder une défaite ? Ce n’est juste pas possible, voire inconcevable. Je ne ferai pas la commentatrice médiatique, il y en a une pléiade en ce moment pour faire l’apologie d’un côté ou l’autre, mais avouons que le clivage est pour le moins inquiétant.

Une division partout autour de nous

Ce qui me jette littéralement à terre, c’est la position de gens que je côtoie depuis des années, avec qui j’entretiens d’étroits liens de partenaires, d’amitié et plus qui pensent que Biden sera pire que Trump. Ces mêmes personnes qui critiquent à tour de bras les gouvernements actuels pour la gestion de la pandémie sont profondément convaincues que Trump avait la bonne approche avec la pandémie. J’ai même entendu que nous devrions laisser la purge faire le tri naturel entre les faibles et les forts. Un ménage du surplus d’humains sur terre en résumé.

Non, vous n’hallucinez pas, c’est la pure vérité que je vous rapporte. Les gens sont à bout avec les restrictions, et pour ventiler, ils croient dur comme fer que nous devrions traiter la COVID comme une simple grippe, sans plus, ni moins. « Too bad » pour les faibles, on se reverra dans une autre dimension. En attendant, vivement mon gym, mes restos et le retour à la vie normale. Trump avait raison et Biden avait l’air d’un con durant la campagne à se protéger et montrer l’exemple selon les opposants. Les pro-Trump ont suivi leur chef en se moquant de lui à chaque occasion. Quelle éloquence!

J’ai une tonne de messages de complotistes sur mon mur qui sont eux aussi convaincus, dur comme fer, que nous sommes en pleine séance d’hypnose collective pour faire de nous de dociles citoyens asservis et manipulables comme pas un. Oui, c’est exactement leur point de vue. Bien sûr, nous sommes servis d’une multitude de sources, toutes aussi crédibles les unes que les autres, pour nous convaincre de sortir de notre coma collectif. Je vous évite les échanges hallucinants sur certaines de mes publications personnelles entre des clans opposés. En fait, tant que la SQDC, la SAQ et les grands magasins sont ouverts, les moutons bêleront docilement selon ces mêmes cyniques. Peut-être que c’est aussi à cause de la SQDC et la SAQ que les rebelles ont le temps de chiâler en état second sur leur page Facebook ou Instagram. Qui sait, les deux théories se tiennent certainement.

Je lis aussi les médias américains, les échanges sur des nouvelles et j’en suis bouche bée de voir les pro-Trump être aussi virulents. C’est franchement inquiétant. Il suffirait d’un rien pour les convaincre de « tuer » l’autre camp. Des « Rambos » armés jusqu’aux dents prêts à tout pour éviter que les « autres » ne viennent aliéner leurs libertés de jouer aux cowboys. Un combat idéologique qui ressemble étrangement aux francos québécois et les anglos du Canada sur la polarisation et la division.

C’est là où nous sommes rendus. Dans le coin gauche, les droitistes, et le coin droit, les gauchistes. Ou l’inverse? Nous avons perdu le Nord, il ne faut pas en douter. Mais comment retrouver la boussole du gros bon sens?

La solution réside dans l’écoute

Qui voudrait gouverner en ce moment? Retenir des lions en cage pendant aussi longtemps commence à créer d’énormes tensions, il faut bien l’admettre. Si les gouvernements du pays agissaient comme Trump, serions-nous en meilleure posture ou pire? Là est toute la question!

Mais que nous soyons incapables de comprendre que la démocratie, c’est une question de pouvoir à qui nous l’avons accordé, selon ou contre nos convictions, me déconcerte. Mais voilà, la démocratie est ainsi. Parfois on gagne, parfois on perd. C’est aussi admettre que nous devons s’unir au-delà des partis comme citoyens d’un même pays et laisser le gagnant gouverner.

Nous avons goûté à l’amertume d’une défaite crève-cœur en 1995 avec le référendum « volé » par l’argent des contribuables canadiens sous la gouverne d’un premier ministre qui ne voulait pas voir le Québec voler de ses propres ailes. Les divisions au pays ont été énormes, les blessures ont pris du temps à guérir, et nous avons, nous aussi comme les américains, divisé le Canada selon des idéologies opposées. La démocratie a parlé par la peau des dents… une poignée de citoyens ont fait la différence, nous pourrions presque les nommer tellement la marge était mince. Trump a lui-même gagné par la peau des dents en 2016. L’histoire prouvera que les russes ont fait de l’ingérence dans sa campagne, comme Chrétien à l’époque et tout ça impunément. Aujourd’hui, il crie à la fraude électorale comme un mauvais perdant. Les comparaisons m’apparaissent assez similaires pour dire que la démocratie est un système conçu pour faire autant, et parfois plus, de perdants que de gagnants. Mais si vous avez un meilleur système, vos idées sont les bienvenues.

Nos parents, amis, voisins, collègues, partenaires, clients, enfants et j’en passe ne peuvent pas tous être d’accord avec nous. Nous choisissons les sources d’informations qui nous conviennent et maintenant, c’est Facebook qui décide ce que nous buvons. Une condamnation pour rester campé sur nos positions et pour longtemps. Nous n’écoutons plus les autres. Nous devenons sourds aux égratignures sur nos convictions. Souvent à raison, parfois à tort. Le meilleur exemple est le cas de Trump et Biden.

Comment pouvons-nous croire que Trump est une « bonne » personne dans sa façon de diviser? Pourtant, 70 000 000 d’Américains lui ont donné le Bon Dieu sans confession. Ces mêmes Américains qui ont cru les diffamations des QAnon, les extrémistes blancs (KKK), ceux qui prétendent que les démocrates tiennent un réseau de pédophilie et que Biden est pédophile. C’est du pur délire… oups! Peut-être le croyez-vous, désolée de vous offenser.

Mais SVP des preuves lorsqu’on colporte de telles accusations. Trump a montré sa vraie nature pendant quatre ans, les preuves sont évidentes de son racisme et de ses travers inacceptables pour un Président de la plus grande puissance mondiale (du moins avant), ce n’est pas des ouï-dire, c’est la vérité. Un règne de mensonges et de manipulation pour diviser les américains au lieu de les rassembler. Un souffle constant sur les braises de la discorde.

Les médias ne sont même plus le point de référence

Ces mêmes pro-Trump critiquent sans la moindre nuance les médias qui selon eux ont fait de la médisance et de la désinformation sur Trump. Un grand complot journalistique pour détruire la réputation sans taches du grand Trump. Seul Fox News avait de la jugeote selon ces derniers. Pourtant, Fox News a vu la lumière, samedi le 7 novembre 2020, et a été le 1er média à déclarer Biden vainqueur. Belle revanche sur la démocratie et la liberté de presse.

Nous n’avons pas fini de voir les uns et les autres se déchirer avec la pandémie, l’élection houleuse de Biden, l’économie mise à mal, les familles déchirées, les gens divisés, les casseurs de couilles, les rebelles (ceux qui ne peuvent pas accepter la démocratie), et j’arrête ici. La vérité est que tous ces gens détiennent leur vérité et personne ne les fera changer d’idée. Plus nous essayons, et plus ils se braquent. Plus ils cherchent des coupables. Comme Trump et son « virus chinois »… et lui, le virus « américain » dont le vaccin de la démocratie ne semble avoir aucun effet sur lui. Comment pourrons-nous guérir ensemble et vaincre notre ennemi commun dans un tel état de fait?

La démocratie et ses belles surprises

J’ai aussi vu des choses extraordinaires durant les élections, la première femme élue au bureau ovale, immigrante de surcroît, une transgenre élue, des minorités visibles élues au Sénat, des homosexuels ouvertement affichés élus. Bref, une démocratie qui veut vivre en toute liberté de nos différences. Un vent d’optimiste souffle sur les convictions de ceux qui croient que les choses peuvent et doivent changer.

Si nous voulons avancer, il va falloir commencer à ramer tous dans le même sens. Et ramer dans le même sens ne veut pas dire être asservis, soumis, stupides, moutons, imbéciles, incrédules, lobotomisés ou autres sobriquets dégradants. Je préfère penser que la nature humaine est intelligente et munie d’une ouverture d’esprit suffisante pour respecter les autres. C’est le pari que je fais, malgré les pronostics négatifs en ce sens.

Réveillons le meilleur en chacun de nous pour en finir avec cette période sombre de notre histoire!

Que le bon sens gagne et j’oserais dire l’amour des autres! Surtout vaincre la peur de l’autre qui ne pense pas comme nous!

Blogue La Présence des idées

PS Ceux qui se reconnaissent dans ces propos pro-Trump, je respecte votre façon de penser, mais sachez que je ne l’endosse pas et que je ferai chaque fois que c’est possible le contre-balancier de toutes les balivernes que vous colporterez autour de moi.

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