Seule ensemble : branché aux réseaux ou connecté aux humains?

Il y a quelques semaines, Sherry Turkle, professeure du MIT lançait le dernier livre d’une trilogie intitulé : Alone Together. Ce n’est pas la première fois que le sujet de l’isolation sociale causée par les bidules technologiques fait couler de l’encre et certainement pas la dernière fois. Je ne peux pas critiquer le livre, mais je peux dire que ce sujet est soulevé dans mon propre livre qui tente de répondre à de nombreuses réponses quant à notre Présence aux autres. Ces préoccupations dépassent largement l’effet de la nouveauté que le phénomène pourrait laisser croire, car il faut le dire les réseaux sociaux et les technologies mobiles sont là pour rester.

Mon cellulaire et moi

J’étais assise au resto ce dernier dimanche. J’observais deux amies assises ensemble. L’une dans la jeune vingtaine et l’autre vraisemblablement plus près de 30 ans. Toutes les deux occupées avec leur iPhone, elles ne se parlaient plus déjà depuis plusieurs minutes. Assises bien droites devant leur petit écran, elles étaient juste assise ensemble. La plus âgée avait de toute évidence terminé son exploration virtuelle, à la recherche de quelque chose de mieux j’imagine, et paraissait visiblement impatiente dans l’attente interminable que son amie revienne vers elle. Je vous le dis : seule et ensemble. J’aime croire que je ne suis pas de ce genre, même si parfois on commence à me le reprocher. Je suis du genre qui se sert de son iPhone pour tout : prendre des notes, dicter un message, lire les nouvelles, localiser un lieu et bien d’autres sans oublier faire des appels et répondre aussi.

Vivre sur la planète branchée

Il faut le dire, ne pas être branché aujourd’hui revient à une forme d’isolation sociale. Je pense à ma petite sœur qui a enfin un cellulaire avec forfait interurbains illimités et mon amie qui vient de découvrir les joies du cellulaire à 49 ans. Je vous dis que l’exploration lunaire paraît bien ennuyeuse à côté du plaisir des textos. Ce qui me dit que si tout le monde acquiert un jour son propre numéro de téléphone personnel, nous serons un fichu paquet de « mésadaptés sociaux » potentiels en liberté avec téléphones intelligents ou cellulaires à la main. Je viens d’ailleurs d’ajouter « Foursquare » sur mon iPhone… j’expérimente cet outil sensé me rapprocher de mes amis lorsque je sors dans un lieu public. Encore faut-il avoir des amis branchés sur Foursquare et surtout avoir envie de les croiser?!?! On dirait « Big brother » watching… alors, vous le faites ce « check-in » ou ce « chicken » comme le disait des néophytes à un dîner dernièrement?

Les dangers sur la santé physique et mentale

Plusieurs études démontrent que les jeunes privés de leur accès à Facebook développent les mêmes symptômes physiques qu’un sevrage à froid contre l’alcool ou la drogue. Sueurs froides, tremblements, anxiété et tutti quanti. D’autres études démontrent que la vision tend à perdre sa capacité périphérique à force de travailler sur de petits écrans. Après la victoire des pouces sur les index pour la dextérité manuelle des jeunes, on peut se questionner sur la mutation génétique que les technologies vont causer à notre ADN. Un ami m’avouait désespérément chercher un moyen pour que sa fille réduise l’usage des textos qui tourne aux alentours de 6000 par mois. J’aurais le goût de dire que c’est mieux que l’addiction à la cigarette ou la drogue, mais bon l’inquiétude est légitime.

Toutes ces préoccupations ne font pas le poids par rapport aux avantages que tout le monde voient dans ce monde branché. J’ai tendance à partager cet avis, mais avec un bémol. Tant et aussi longtemps que nous n’oublions pas les vraies personnes à côté de nous pour saluer un « pseudo » ami sur nos réseaux, je crois que les humains pourront bien se connecter entre eux. Il faut juste ne pas oublier la hiérarchie des priorités relationnelles.

Avez-vous des anecdotes à raconter ou des préoccupations à partager?

PS Nouvelles dates de cours sur les réseaux sociaux

Une réflexion sur “Seule ensemble : branché aux réseaux ou connecté aux humains?

  1. Pingback: Je, me, moi : il, elle et nous! Des réseaux sociaux qui cultivent l’égosystème et l’altruisme! « Sylvie Bédard – La vie 2.0

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