La confiance est partie au galop…

 

 

Et elle revient à pieds. Ces mots ont résonné fort dans ma tête quand j’ai entendu cet analyste des marchés financiers européens accorder une entrevue à Radio-Canada ce matin. Je ne peux rester indifférente à la crise financière qui prend des allures apocalyptiques avec une couverture média qui alimente la frénésie collective. J’ai passé plusieurs années de ma vie dans l’industrie bancaire à vanter le système bancaire canadien et je continue d’y croire. Mais quand le monde attrape la grippe, il est difficile de ne pas éternuer ici au Canada. Pour une rare fois de ma vie, je vois mes actions bancaires prendre une méchante chute et j’avoue que je suis tétanisée par la situation. La panique générale est en train de céder le pas à la raison et cela m’inquiète profondément. À l’heure des médias instantanés, pouvons-nous calmer les esprits SVP? Les politiciens sont les premiers à ne pas savoir quoi faire et quoi dire et ce, en pleines campagnes électorales canadienne et américaine.

 

Ceux qui évoluent dans le marché immobilier ont des occasions en or dans bien des secteurs et ceux qui ont des liquidités sont en train d’acheter des titres à rabais. Il ne faut pas en douter, les prochains riches seront ceux qui auront profité de la situation, comme après la crise de 1929. Si l’ambition tue son maître, la panique anéantit les plus faibles. S’il est vrai que lorsque nous n’avons rien à perdre, il est en effet plutôt difficile de paniquer. Par contre, il y a des nuances importantes dans la notion du « rien ». Quand la retraite a le nez sur le bord de la porte et que cette dernière se ferme brutalement devant nous, c’est moins drôle. Cela fait deux fois que les baby-boomers se font repousser la retraite en moins de 10 ans et je ne compte pas le scandale de Norbourg. Dans des moments comme ceux-ci, je suis heureuse que mon projet de retraite soit encore un peu plus loin dans l’horizon, car il y a définitivement matière à préoccupation. Tous ceux qui ont des fonds de pension sont aussi touchés, ils font partis de ceux qui ont « rien » et sont les fidèles représentants de la classe moyenne.

 

Les courtiers sont en pleine crise et leur quotidien est lourd à assumer. C’est comme les agents d’immeubles, ils oublient que les cycles économiques sont là depuis des lunes et que chaque haut entraîne forcément une baisse. Avouons que la baisse est drastique, mais la hausse des dernières années ne l’était-elle pas elle-même? À force de penser que nous pouvons doubler nos résultats de l’année précédente, la réalité nous revient en pleine face. Je ne parle pas ici de l’arrogance des plus forts sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler le syndrome d’Icare. Le malheur c’est que brûler ses ailes n’est rien à comparer à se faire couper les deux jambes. Regarder bien les professionnels payés à commission qui font des fortunes quand l’économie va bien, faire monter leur marge de crédit dans les mois à venir et pleurer sur leur triste sort.

 

Je suis un peu déconcertée par la situation, mais je me dis que le temps est notre atout le plus précieux. Puissions-nous en avoir assez pour être de nouveau sécurisé. Mais c’est aussi çà les e-motions, les bonnes autant que les mauvaises. Il faut se  parler et exorciser nos peurs, car la panique est notre pire ennemi. La différence avec la crise de 1929, c’est que les gens à l’époque étaient gardés dans l’ignorance. Aujourd’hui, nous sommes mieux informés et nous pouvons échanger entre nous. Avons-nous acquis de la sagesse au passage? Non, je dirais plutôt acquis de l’appétit pour le gain. Oui la confiance est partie au galop, malheureusement elle revient à pieds et probablement pieds nus. Outch! La bonne nouvelle, c’est que la route sera moins longue avec le téléphone intelligent à la main. L’activité économique continuera à se prévaloir de ses droits même pieds nus!

 

P.S. Tout le monde annonçait un déficit de main-d’œuvre et bien rassurez-vous, les baby-boomers ont des changements de plan. Adieu liberté 55 et bienvenue nouvelle carrière 55!

 

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2 réflexions sur “La confiance est partie au galop…

  1. Pingback: Un océan de confiance pour 2009! « Sylvie Bédard

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