J’ai eu l’occasion d’entendre beaucoup de balivernes concernant les réseaux sociaux et ce, dans tous les états d’âme. Que nous soyons enchantés ou déçus de cette réalité, ne change rien au fait qu’elle existe et qu’elle soit là pour rester. Je suis d’une génération qui courait les activités de réseautage dans le seul espoir de tisser des liens avec le monde extérieur et ainsi créer mon réseau. Force est de constater pour avoir été impliquée dans plusieurs associations d’affaires que les choses changent. Les affluences dans ces activités sont à la baisse et c’est certain que la priorité à la qualité de vie y est sûrement pour quelque chose ou peut-être est-ce les lois concernant la consommation d’alcool? Par contre, je soupçonne tout simplement que les besoins en matière de réseautage se comblent de manière différente.
À mon avis, les relations que l’ont créé purement par le biais des outils de réseautage en ligne sont plutôt rares et exceptionnelles. Cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas, bien au contraire. Dans mon entourage, je connais cinq couples « Internet » parmi lesquels un mariage a été célébré récemment. Il devient difficile d’argumenter sur la capacité des réseaux en ligne à créer de véritables relations durables. D’un point de vue purement professionnel, je suis personnellement témoin de la force d’un blogue puisque je créé de nouvelles relations qui n’auraient pas pu exister sans ce médium. Des clients potentiels intéressés par mes services qui deviennent de véritables référenceurs et des relations d’affaires durables.
Ce qui est encore plus merveilleux, c’est que grâce à LinkedIn ou les Facebook de ce monde, nous pouvons retrouver des gens d’affaires ou amis que nous ne voyons plus dans les « 5 à 7 » traditionnels ou dans les endroits branchés que nous avions l’habitude de fréquenter. Le meilleur exemple de ces distances qui se créent, c’est la famille. J’ai une famille dont nous ne comptons plus les cousins et cousines et les enfants de ces derniers continuent à proliférer à un rythme difficile à suivre. Les réunions familiales alimentées par mes grands-parents sont maintenant des souvenirs d’enfance. Il est donc évident que sans les réseaux sociaux en ligne, les occasions de prendre de leur nouvelle ou de pouvoir les reconnaître avec le temps seraient complètement inexistantes vu que les grands rassemblements familiaux sont disparus avec les patriarches.
Nous pouvons donc conclure qu’aucune relation n’est durable sauf si nous prenons les moyens pour entretenir ces relations. Je bénis le jour où j’ai commencé à maîtriser la force des réseaux sociaux alors que j’ai failli maudire le jour où j’avais commencé à accepter ces invitations insistantes dans ma boîte de courriel sans comprendre ce que je voulais faire avec ces marques d’appréciation ou d’affection. La réalité est que nous pouvons amorcer des relations empreintes de chaleur humaine avec un verre à la main dans un 5 à 7, mais en fait ce n’est que le début. Dès que la connexion émotionnelle est ressentie et que l’intérêt de poursuivre la relation est confirmée, la phrase clé maintenant est : « je vais t’envoyer une invitation sur LinkedIn » ou Facebook selon le contexte professionnel ou ami (j’encourage fortement cette distinction). Auparavant, tout s’arrêtait là la majorité du temps, maintenant tout commence là et nous permet de capitaliser sur la force de notre réseau.
Avec mes centaines de cartes d’affaires qui s’accumulent au fil des rencontres, je peux vous assurer que mes liens sur LinkedIn sont les seuls qui soient réellement significatifs pour les affaires. Parce qu’une carte d’affaires sur votre bureau n’a pas la même implication qu’un contact sur votre réseau en ligne. Je sais qu’avec cet engagement mutuel de partager nos réseaux que je serai à un ou deux degrés maximum de quelqu’un qui pourrait être vraiment important pour moi dans le cadre de mes affaires. En plus, je peux suivre leur parcours professionnel et garder le contact sans les perdre de vue. Je peux aussi obtenir des références et en donner. Bref, j’appelle cela du réseautage durable parce que non seulement la qualité est présente, mais le tout évolue avec le temps. Je suis prévenue des nouvelles concernant mes contacts de premier degré ce qui est de nature à créer des occasions de prendre contact pour échanger plus souvent.
Il y a aussi un phénomène, que l’on pourrait croire nouveau, qui consiste à obtenir la plus grande quantité de contacts dans son réseau virtuel. D’ailleurs, j’ai entendu dire par un blogueur en nouvelles technologies que nous ne refusons pas une carte d’affaires, alors pourquoi refuserions-nous une invitation dans LinkedIn? Je dirais que cela ressemble étrangement aux collectionneurs de cartes d’affaires qui n’ont jamais su faire la différence entre un contact et un lien d’affaires. Leur réseau LinkedIn est aussi superficiel que la qualité de leur réseau en général. Ces supposées relations ne sont et ne seront jamais alimentées puisque dans les faits, il n’y a jamais eu de relation au départ. Une poignée de main ou des échanges téléphoniques ou même un ami qui a parlé de nous à plusieurs occasions, la clé d’un bon réseau est aux antipodes de l’anonymat. De telles relations non consumées ne sont pas vouées à un grand avenir si elles naissent par le net et ne sont pas entretenues. Nous pouvons conclure que ce sont certainement des relations éphémères qui font dire à certains que les réseaux sociaux c’est superficiel et froid. La réalité mérite d’y réfléchir à deux fois.
Mes conseils pour du réseautage durable en ligne :
1. Accepter seulement les invitations d’un nouveau contact LinkedIn des gens dont vous pouvez associer un visage au nom sans la photo devant vous;
2. Dire dans quel contexte vous les avez connus
3. Dans quel secteur ils évoluent
4. Transformez une demande intrigante en opportunité en demandant plus de détails ou en sollicitant un contact téléphonique
5. Dans tous les cas, faites quelque chose : Dites oui ou dites pourquoi vous refuser, mais assumez-vous. Le cyberespace a le dos large pour les demandes perdues, mais il a aussi la capacité de ne pas faire disparaître les suivis pour le demandeur.
Je préfère avoir un nombre restreint de contact sur qui je peux réellement compter que de cumuler des connaissances superficielles qui pourraient difficilement faire un effort pour moi si nécessaire ou vice versa. Après tout, les réseaux durables ne sont-ils pas synonyme d’entraide? La nécessité de bâtir des réseaux solides reposent sur la qualité de la relation. Si j’appelle un contact qui ne se souvient pas de moi ou qui ne peut faire aucun lien, je préfère éviter l’humiliation de me faire traiter comme une inconnue. Pour le réseautage amical, le même concept prévaut : accepter seulement les vrais amis. Pourquoi étaleriez-vous votre vie au grand jour à des étrangers dont les motivations ne sont pas très claires?
Cultivez-vous des relations durables ou éphémères? Partagez vos expériences en utilisant la fonction commentaire. Surtout n’hésitez pas à expérimenter la force des réseaux sociaux, c’est un outil merveilleux qui s’apprivoisent.
Bon réseautage avec ou sans le verre de vin!
PS. Quelques conseils supplémentaires pour vivre en ligne: Le cancer du pseudonyme

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