Le Web : Bête à dompter ou animal de compagnie?

Depuis plusieurs billets dans mon blogue, je suscite des discussions avec mes amis(es) sur la place de l’ordinateur et de l’Internet dans nos vies. Je suis toujours surprise de constater à quel point le fossé s’agrandit entre les connectés et les déconnectés. Je prends par exemple ma petite sœur qui refuse de s’acheter un ordinateur et donc de se brancher parce qu’elle juge, avec raison probablement, qu’elle n’en n’a pas besoin. Je ne suis pas d’accord évidemment, mais je comprends l’angoisse de commencer à zéro et de voir tout cela comme une montagne. Elle est aveuglée par la complexité et les peurs accumulées au fil de l’expérience parfois traumatisante des autres. Elle ne peut pas imaginer que nous pourrions communiquer plus souvent gratuitement (elle habite en région) et qu’elle pourrait aussi faire des milliers de recherches sur des sujets qui la passionnent et pourquoi pas, joindre des communautés en dehors de sa région natale. Je ne parle pas de son budget et la gestion de son carnet d’adresses, mais vous voyez le toppo : rien à faire!

Que ma sœur soit apeurée par manque de connaissances c’est une chose, mais quand des amies branchées me font un laïus sur le fait que çà ne marche jamais et bien là je me questionne. Je réalise que le moindre accroc dans l’expérience en ligne laisse la majorité des gens normaux (par opposition à « geek ») pantois devant la situation. Le diagnostic de base  face à un « bug » est un exercice aussi difficile pour la plupart des internautes que de deviner pourquoi la voiture fait tel ou tel bruit ou ne démarre pas. Pas étonnant que les angoisses soient omniprésentes chez la plupart des gens moins connaissant. Il faut avouer qu’entre détecter un problème de logiciel, de quincaillerie ou de branchement Internet, il faut un minimum de compréhension. Or comprendre ce qui se passe dans la machine, ce n’est pas quelque chose qui s’apprend de façon innée sauf pour les plus autodidactes. Tout comme la voiture, on ne veut pas savoir comment çà marche, on veut que çà marche point. Oui les passionnés de « char » veulent le savoir, mais le principe est simple : chaque bébelle trouve son mordu. À l’heure des repas rapides et des solutions express, l’univers digital apparaît donc comme un dinosaure de la facilité ou un anti-simplicité. Pourquoi çà plante en plein milieu d’un texte important qui par ailleurs devait se sauvegarder automatiquement, mais comme par hasard dont on ne trouve plus aucune trace après que le bris nous ait fait descendre tous les saints du ciel? Bien des mystères planent aussi concernant la haute vitesse Internet qui ne répond pas aux standards de vitesse aux heures de pointe, comme si la promesse était seulement valable pour ceux qui ne travaillent pas le jour.

La liste des anomalies est aussi longue que vos frustrations. Je pourrais aussi parler de l’incapacité de la mémoire vive à suffire à la tâche à cause de la désuétude plus rapide de l’équipement causée par la plupart des versions récentes de logiciels  trop demandantes. À cela s’ajoute les virus ou simplement  les arrêts de service dans les grandes entreprises dus aux centaines de restrictions imposées par les administrateurs réseaux chargés de la sécurité et du bon fonctionnement des TI. En fait, l’univers digital est complexe. Je réalise que mon expérience au fil des années m’a permise de côtoyer les ordinateurs et les logiciels à une époque où il fallait comprendre ce qui se passait dans la machine pour faire des manœuvres simplistes. Cela me donne une longueur d’avance et me fait parfois oublier à quel point le fossé s’agrandit à tous les jours entre les branchés et les débranchés. Au point où certains vont jusqu’à remettre en question l’avenir de cet outil. Permettez-moi d’être sceptique, car nous avons atteint le point de non retour que l’on veuille ou non. Cessez donc de patauger et allez prendre un cours de base pour vous aider à minimiser vos angoisses et n’ayez crainte vous n’aurez pas à mettre vos mains dans le cambouis.

J’aimerais que ma petite soeur soit près de moi pour lui prendre la main dans cette nouvelle découverte, mais la vérité c’est que devant notre ordinateur nous sommes bien seuls. Seul? Oui et non, car les techniciens au support (connu sous le thème « tech support ») de toutes les suites logiciels, de la moindre quincaillerie ou d’Internet travaillent sans relâche pour vous appuyer dans vos épreuves. Évidemment si votre ordinateur ne fonctionne pas, il est souhaitable que vous ayez gardé les coordonnées ailleurs dans vos registres, mais généralement leur aide est disponible durant le jour avec ou sans frais et si vous parlez anglais vos chances sont meilleures. Mais soyez patient, car ces « débuggeur » de première ligne sont eux aussi de patients personnages, avez-vous déjà imaginé une journée dans la vie de ces « tech support »? C’est véritablement le département des vertes et des pas mûres. J’ai trerouvé une liste de ces savoureuses preuves que nous ne sommes pas tous égaux devant Bill Gates ou Steve Job. Il faut lire l’anglais, mais c’est très drôle.

En souhaitant que le fossé se comble, je me dis parfois que la situation pour tous ces récalcitrants ne va pas aller en s’améliorant. Le meilleur espoir pour eux c’est de passer directement à la télé et le clavier sans passer par l’ordinateur. D’ailleurs la prochaine étape  pour les prochains 5 ans, ce sera d’avoir un seul écran dans notre vie qui fera tout ce qu’un ordinateur et une télé font et qui sera fort probablement à commandes vocales et tactiles. Tout comme les pays émergeants qui n’ont pas eu besoin de passer par les réseaux filaires grâce aux réseaux cellulaires, les analphabètes de l’an 2000 nous rattraperons avec de la quincaillerie anti-complication. En attendant, je suis heureuse que mon portable soit comme un animal de compagnie, mais je sais que pour d’autres c’est une véritable bête à dompter.

Je vous laisse donc en vous en traduisant une des blagues basée sur des faits vécus :

Client au « tech support » : Bonjour, bonne après-midi, c’est Martha et je ne peux imprimer. Chaque fois que j’essaie, çà me dit “imprimante introuvable”. Je l’ai même levé et placé devant l’écran de l’ordinateur, mais l’ordinateur me dit toujours qu’il ne peut pas la trouver…

À chacun sa bête ou sa bébête!

Sylvie Bédard

Stratège – formatrice – conférencière

2 réflexions sur “Le Web : Bête à dompter ou animal de compagnie?

  1. Comme je me suis reconnue dans ce propos.

    Je ne suis pas tout à fait nulle. J’ai appris la programmation Basic en 1983. J’ai même fait du support de niveau 3 pour des applications développées en REXX. Je connais encore la plupart des commandes DOS et je suis un pro d’Excel. Je m’organise très bien en « local » mais c’est l’Internet qui m’a perdue en chemin. Je suis certaine que les compagnies vont finir par exploiter mon ignorance en me vendant un ordinateur tout prêt à fonctionner facilement jusqu’à ce qu’il y ait encore une nouvelle bébelle qui, avec l’intention de faciliter ma vie, me la complique encore un peu et me mette face à ce beau défi de suivre le PROGRÈS !
    Ça garde jeune l’Internet ! mais à quand l’ordi à un seul piton ! 🙂

  2. Pingback: Redéfinir l’analphabétisme à l’ère des technologies! | Sylvie Bédard - La vie 2.0

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