L’histoire que l’on nous enseigne depuis toujours a été écrite par des hommes : ils ont inventé des standards qu’ils pouvaient eux-mêmes atteindre, pour ensuite les déclarer « universels ». Ce que l’on nous a vendu comme étant « l’expérience humaine universelle » n’était en réalité que l’expérience masculine, rebaptisée pour exclure la moitié de l’humanité.
Et pensons-y, même les récits religieux ont été écrits par les hommes qui se disaient témoins de la parole divine. Des messagers des Dieux parfois bonté, pafois vengeur et assurément mysogine. Des lois « universelles » qui ont fait de la femme un personnage de second ordre.
Ce modèle patriarcal, guidé par l’égo et l’instinct du chasseur qui cherche sans cesse à conquérir de nouveaux territoires, nous a menés vers un monde dystopique. En réalité, la crise profonde que traverse notre civilisation aujourd’hui n’est pas qu’économique ou environnementale : c’est fondamentalement la crise du masculin.
Nous assistons à la fin d’une époque dominée par le prototype du mâle alpha. Et cette transition est violente.
Une journée qui dérange encore
Je me souviens quand j’ai commencé à parler de Présence avec un P majuscule. Il y a déjà près de 20 ans déjà. J’étais vraiment convaincue que les réseaux sociaux aideraient le monde à se démocratiser et à nous rapprocher les uns des autres.
La planète devenait toute petite. On s’est mis à parler avec plein de monde auparavant inaccessible. J’avais même des clients en France et aux États-Unis. J’étais fascinée. J’étais heureuse : heureuse de croire que l’avenir serait reluisant en se connectant au monde entier. Une petite planète. Un monde sans frontières.
J’avais parlé de la théorie des 6 degrés de séparation inspirée des six degrés de relations. Mais j’avais sous-estimé la friture sur la ligne. Des gens mal intentionnés allaient perturber les communications. Je continuais malgré tout d’évangéliser aux bienfaits de l’usage des nouvelles technologies. Simplement parce que je voyais une ouverture sur le monde. Une main tendue pour donner la parole à ceux et celles qui n’en avaient pas.
C’est vite devenu une plaie au service des algorithmes de l’ignorance : cette infotox qui s’est répandue tel un virus. Un véritable cancer.
Le cancer, c’est une cellule qui se contrefout des autres cellules saines. Son rôle devient alors simple : semer le chaos et détruire son propre hôte.
Par analogie, nous avons aujourd’hui beaucoup de ces cellules cancéreuses dans notre société. Ceux qui se réjouissent de semer la confusion, de perturber les chaînes de confiance et de briser la solidarité collective.
Je crois que la bienveillance est plus forte que la malveillance. Mais soyons réalistes : ceux qui détiennent le pouvoir profitent souvent davantage de ce chaos qu’ils n’en souffrent.
Aujourd’hui, ils peuvent introduire volontairement des biais perceptuels, manipuler l’information et utiliser cette manipulation à leur guise.
La Journée internationale des femmes est un bon exemple de cette polarisation.
Les jeunes femmes y voient parfois un mouvement aux limites du rétrograde voire inutile. Les mâles alpha y voient une menace à abattre. Mais si tu es une femme — ou un allié — tu y vois surtout les reculs qui suivent chaque avancée. Ici, il faut regarder le statut de la Femme dans sa globalité, pas simplement au Québec ou au Canada.
Merci à Trump, d’ailleurs, d’avoir contribué à des reculs historiques des droits des femmes.
Lui et la caste de dirigeants autoritaires voient encore en nous une race inférieure : une possession, une subordination utilitaire. Et certaines « Karen » en redemandent. Nous avons maintenant aussi des « Pam ».
Cela explique en partie pourquoi l’attaque contre l’Iran est parfois perçue sous un prétexte humanitaire censé « libérer » les Iraniens — et surtout les Iraniennes. Nous pouvons rêver. Nous réjouir. Mais dans notre for intérieur, on le sait qu’on parlera encore des femmes opprimées et déniées de leurs droits fondamentaux pour des décennies.
Mais ces régimes de terreur représentent la forme la plus visible du sexisme. Elle rallie les alliés par son extrême inacceptabilité. Autour de nous, il est simplement plus subtil. On peut faire semblant de ne pas voir.
Face à l’évolution : la terreur biologique du mâle alpha
Pourquoi la résistance face aux droits des femmes et des minorités est-elle si féroce en ce moment ?
Parce que le patriarcat sent qu’il est en voie d’extinction. Cette peur déclenche des réactions violentes et des guerres de valeurs.
Pour certains hommes, il s’agit de la bataille ultime pour conserver le contrôle — et donc, à leurs yeux, leur survie.
Certaines études en neurosciences suggèrent que les personnes ayant des orientations politiques plus conservatrices présentent, en moyenne, une amygdale plus volumineuse, une région du cerveau liée à la détection des menaces.
Face à la diversité ou à la remise en question de leurs privilèges, leur système nerveux déclenche une alarme.
C’est pourquoi les faits et la logique fonctionnent parfois si mal : nous ne débattons plus seulement avec des idées, mais avec des cerveaux en mode survie.
Des cerveaux reptiliens terrifiés qui tentent d’effacer un monde qu’ils jugent menaçant.
Et c’est presque risible de constater que des femmes réclamant simplement leur indépendance et l’égalité puissent être perçues comme une menace. Je ne parle même pas des différences de couleur de peau.
L’illusion de nos acquis : le danger mortel du silence
Dans ce contexte, se reposer sur nos lauriers est le plus grand danger qui nous guette.
Il est terrifiant de voir certaines jeunes femmes considérer nos victoires comme acquises, oubliant les luttes acharnées qui ont été nécessaires pour y parvenir.
Car le féminisme pourrait n’être qu’une minuscule parenthèse dans l’histoire de l’humanité.
Une étude menée dans des écoles montréalaises révèle que 34 % des garçons adhèrent aujourd’hui à des discours masculinistes.
J’ai parfois juste envie de crier. De hurler. Mafalda, sors de ce corps.
On tente de nous faire croire que l’absence de plainte signifie que tout va bien.
C’est faux.
Le silence n’est pas la paix.
Le silence est l’effacement.
Rester assises dans l’illusion que tout va bien fait de nous des complices silencieuses.
Aujourd’hui, les femmes réalisent que la parole est d’or — et que le silence peut nous être mortel.
Le capitalisme rose : une voie pour notre survie
L’antidote à ce monde chaotique porte un nom : le capitalisme féminin.
Ironiquement, ce concept a d’abord été proposé par des hommes qui ont compris que l’avenir devait s’appuyer sur des valeurs diamétralement opposées à celles qui nous ont menés au bord du gouffre.
J’en parle depuis plus de dix ans. J’ai participé aux luttes pour la réussite des femmes en affaires avec le CEFQ. Et encore aujourd’hui, je vois des femmes dédiées à dénoncer, se battre et aider leurs congénères à réussir ou simplement survivre.
Le combat pour l’égalité est toujours bien actuel. Le défi est encore là, malgré de belles avancées déguisées en espoir d’égalité. Je ne ferai pas un exposé des statistiques. Mais elles sont troublantes. Entre précarité et féminicides, il y a tout le spectre de la domination et de l’abomination.
Face à la conquête destructrice, le capitalisme rose propose des valeurs de bâtisseurs : la primauté de relation, la collaboration, l’écoute, l’inclusion, le respect de la nature et une vision de long terme.
On le constate même en bourse : les femmes conservent leurs actions plus longtemps et privilégient la stabilité plutôt que l’adrénaline des parieurs compulsifs.
Ces valeurs dites « féminines » ne sont d’ailleurs pas l’exclusivité des femmes. Elles appartiennent à toutes celles et ceux qui choisissent la sensibilité.
Heureusement, de plus en plus d’hommes deviennent de véritables alliés.
Des hommes qui comprennent l’égalité.
Qui renoncent à leurs privilèges ancestraux.
Qui savent que diriger, c’est d’abord servir.
Des hommes sortis de leur caverne capables de contribuer à l’évolution sociétale.
Se lever, ensemble : l’espoir est une arme
L’Institut d’Écohérence est un exemple de cette transformation.
Ensemble, nous posons les fondations du monde qui vient — et qui doit venir.
L’avenir de l’humanité est entre nos mains.
Mais l’espoir n’est pas une attente passive.
Comme le rappelle l’autrice Rebecca Solnit dans un essai intitulé « Men Explain Things to Me » (« Les hommes m’expliquent des choses »):
« L’espoir n’est pas un billet de loterie avec lequel on s’assoit sur le canapé. C’est une hache avec laquelle on défonce des portes en cas d’urgence. »
Le compromis n’est plus possible.
Nous devons nous lever, dénoncer l’injustice et imposer une nouvelle vision du monde.
Car ce capitalisme féminin pourrait être l’une des meilleures chances de survie pour notre civilisation.
Le pouvoir appartient à celles et ceux qui se lèvent ensemble.
Ne l’oublions jamais :
lorsque toutes les femmes de la Terre se lèveront, la Terre tremblera.
Imagine un instant que les femmes du monde se mobilisent comme le mycélium d’une forêt ou comme les abeilles d’une ruche.
Imagine ce que notre monde pourrait devenir.
Et je ne parle pas ici des « Barbies sanguinaires » qui ont accepté de troquer leur dignité pour l’approbation des mâles alpha et un morceau de ce pouvoir.
Peut-être que les moyens technologiques dont nous disposons aujourd’hui nous aideront à faire basculer ce monde.
En ce 8 mars 2026, rappelons-nous collectivement que nous avons le pouvoir de changer les choses.
Parce que le future s’écrit avec un « e ».
« e » qui annonce le féminin.

« e » comme écohérence.
Un nouveau capitalisme collectif et bienveillant pour les humains et pour la biosphère.
Et toi? Tu veux faire partie de la solution? Écris-moi! On cherche toujours des personnes qui ont le goût de faire la différence.
Ça inclut toutes les amygdales dégonflées et le courage gonflé.
Bonne fête à toutes les femmes qui changent le monde et le tiennent à bout de bras!

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