Après 17 ans : quossé ça donne?

Le 7 décembre 2007, je commençais cette folle aventure d’écrire des billets de blogue sur la nouvelle tendance de l’ère numérique. Plus de 420 billets, 17 ans plus tard, je dois bien admettre que depuis quelque temps, je remets en question ce blogue. Mais pas pour cause de fatigue ou désintérêt, mais bien pour cause de « sens » et d’impact envers ceux et celles qui me lisent : toi entres autres. Si je rassemblais mes billets, j’aurais un livre de plus de 2000 pages relatant 17 ans d’histoires depuis l’arrivée de l’ère numérique.

Au fil de ces années, j’ai abordé les thèmes suivants :

  • Des affaires de sens avec la Présence et comment améliorer l’expérience client
  • Le future qui s’écrit avec « e » en respectant l’environnement
  • L’égalité des femmes et leur quête d’avoir accès au même traitement que les hommes
  • L’apologie du capitalisme féminin
  • La littératie financière et numérique
  • Changer le narratif négatif en éveillant les consciences sur différents enjeux
  • Un appel à des affaires qui sont respectueuses des limites de la planète
  • La consommation intelligente qui appelle à remettre en question ses besoins
  • La justice pour les consommateurs floués et autres pour dénoncer les tactiques marketing malhonnêtes.
  • Les enjeux de l’IA et de l’environnement

Peu importe l’angle ou le sujet, à l’ère des ChatGPT ou autres IAG, les billets d’informations ou éditorialistes ont peu ou pas beaucoup d’attractivité. L’appétit pour la lecture diminue à la vitesse des algorithmes de l’ignorance qui empêchent des billets comme le mien de faire son chemin. Si tous mes ami.es Facebook et LinkedIn lisaient mes billets, j’aurais bien quelques partages et un lectorat plus significatif.

Or, jamais ces géants ne favoriseront la promotion des billets qui sortent les auditeurs de leur réseau. Il n’est pas étonnant que mes publications que je partage ne soient pas vues par la majorité de mes lecteurs. Je ne suis pas un média de nouvelles interdit par les ripostes de Facebook, mais je vis à peu près le même phénomène d’invisibilité.

Normal de se poser des questions

Donc, chaque année, je me demande si je continue ou si j’arrête. Depuis quelques années, j’ai choisi de réduire la cadence. Un compromis qui m’a enlevé le stress de produire une quantité phénoménale de contenus hebdomadaires. Je réserve mes billets pour me faire du bien d’abord et susciter la réflexion au passage. Or, je réalise que les gens n’aiment pas trop se poser des questions ou se sortir la tête du sable. Tout est anxiogène autour de nous. Parfois, il vaut mieux faire semblant que tout va.

Plusieurs m’ont déjà rapporté que mes billets suscitaient parfois des inconforts voire du stress qu’ils auraient préféré éviter. Je ne choisis pas l’actualité, mais je peux affirmer après 17 ans que je n’ai toujours eu qu’une seule intention : informer et habiliter les lecteurs à se faire une opinion sur des sujets critiques pour l’avenir. Bien que tout ait commencé par les enjeux de la vie à l’ère numérique, des sujets connexes ont émergé par la force des choses. Tout est dans tout comme plusieurs se plaisent à répéter.

Ce qui me dérange beaucoup est le cynisme collectif. Tu sais ceux et celles qui cherchent toujours la faille, la raison pour laquelle ça ne fonctionnera pas… plutôt que trouver le chemin par lequel tout pourrait arriver si nous arrêtions de se saboter collectivement?

Je suis certaine que tu en connais autant que moi de ces gens négatifs qui détruisent ou sabotent les initiatives des autres, qui critiquent à tout vent, mais qui ne font jamais rien de constructif pour la société ou leur communauté. Seul leur nombril a de l’importance et comme les électeurs de Trump, ils pourraient facilement se planter devant le portail de leur terrain avec une arme pour protéger leur « territoire » en tirant sur le premier qui franchit la barrière.

Des individualistes grincheux qui n’ont rien de mieux à faire que regarder le monde s’écrouler. Le problème est que leur poids relatif pèse lourd depuis les réseaux sociaux. Les algorithmes sont ainsi faits : plus une publication suscite de l’indignation et des commentaires et plus Facebook et autres vont élargir la diffusion dans les fils de notre cercle. Une publication avec peu de réactions va mourir dans les 24h. C’est assez ironique, car le phénomène du « grincheux » est partout : même le père Noël a perdu sa popularité au profit du « Grincheux de Noël ». Trump est un roi du « Grinch » et voilà qu’il est à la tête du pays le plus puissant et influent du monde pour gérer avec sa troupe de grincheux.

Tout le monde a ses craintes et ses peurs. Tout le monde ne réagit pas de la même manière aux agressions extérieures réelles ou inventées. Je comprends que le sentiment d’impuissance soit de plus en plus ancré dans notre ADN. Nous nous méfions de tout et particulièrement de ceux qui ont du pouvoir.

Mon dernier billet « Je pleure l’Amérique » a été un véritable sursaut haut en émotions après la défaite de Kamala Harris. Bien que mon intensité ait pu en déranger quelques-uns, je maintiens mon propos. Et depuis le 5 novembre, mes craintes ne font que se confirmer. Le pouvoir vient avec des responsabilités et la richesse aussi.

L’élection d’un homme qui rejette l’entièreté de mes valeurs n’augure rien de rassurant. Il a beau gouverner un autre pays que le nôtre, lorsqu’il propose que nous soyons un 51e état, il y a juste lui et ses lèche-bottes qui la trouvent drôle.

Son influence est telle qu’il a 4 ans pour démolir des centaines d’années d’efforts démocratiques dans ce pays jadis synonyme de modèle pour les autres pays civilisés. Et ses intentions sont claires : peu importe les obstacles, il fera des É.-U. une terre de capitalisme sauvage. Ce matin, je vois qu’il a lancé une gamme de parfums « Fight, Fight, Fight ». Qui a déjà vu un président se mettre en vitrine et se vendre comme une « Rock Star » à part lui? Le pire est que ses « fans » vont se parfumer à l’eau de toilette… littéralement.

Il a heurté toutes mes valeurs et mes craintes que je partage ici :

  • La perte de confiance en la démocratie et la justice
  • Une intelligence artificielle complètement débridée
  • Le recul des femmes dans leurs droits fondamentaux
  • La lutte des genres qui nourrit la droite radicale (voir livre de Judith Butler)
  • La vérité qui n’a plus aucune balise et bases communes
  • La déconnexion à la réalité avec le plongeon dans les écrans

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir!

Si j’avais cru un seul instant que mes billets ne donnaient rien, j’aurais arrêté depuis longtemps. J’ai toujours dit que si mon travail de rédaction pouvait faire la différence pour une seule personne, cela ne sera jamais une perte de temps. Tu sais le genre de perte de temps qui te fait dire : quossé ça donne?

Je suis comme ça, je vois le monde par la lunette de l’espoir. J’essaie de faire confiance à l’intelligence collective. Eh oui, collectivement, il y a plein de gens capables de réfléchir et faire la différence en se mobilisant. Et sincèrement, je me compte parmi ces personnes avec ma naïveté légendaire pour certains et mon petit côté inspirant pour d’autres. Je choisis de mettre l’épaule à la roue, plutôt que le sable dans l’engrenage.

Alors ce blogue, je l’ai commencé pour informer et encourager les lecteurs à embrasser le numérique pour se rapprocher de leurs clients et des autres. Je l’ai toujours orienté positivement pour nourrir l’espoir et sans jamais éviter la complaisance afin de bien comprendre les enjeux. Je ne suis pas mandatée par personne, je ne reçois aucune rémunération de ce blogue, et ma liberté de pensée est 100% intacte. Je suis comme toi, une personne qui vit sur une planète qui se fait pas mal brasser depuis 50 ans et particulièrement depuis quelque temps.

Cela m’a incité à cofonder l’Institut d’Écohérence avec une équipe qui partage mes valeurs et me donne raison de croire en l’intelligence collective. Nous avons constitué un premier noyau de conscience collective et de sagesse collective pour étendre ce noyau parmi la nation du Québec pour débuter. Cela influence mes billets de blogue depuis et forcément de ceux à venir.

Parce que je préfère nourrir mes espoirs et combattre le cynisme que je vais continuer à écrire, même si parfois je peux me demander : quossé ça donne?

Mes espoirs en résumé :

  • Donnez une voix à ceux qui n’en ont pas ou plus
  • Donnez un pouvoir à la collectivité de changer le narratif
  • Une génération montante qui veut vivre sur une planète verte
  • La mobilisation manifestée par la création de l’Institut d’Écohérence
  • Combattre l’anxiété tous azimuts par l’action concertée
  • La vieillesse revue et corrigée : gardez notre sagesse et savoir collectifs
  • Orienter les avancées technologiques au seul bien-être de la population

Le pouvoir de la conscience

Je pense souvent au livre du Dr Masaru Emoto qui explore le pouvoir de la conscience humaine sur l’eau qui s’appelle « Les messages cachés de l’eau«  (The Hidden Messages in Water). Ce livre présente ses recherches sur la manière dont les pensées, les paroles, et les émotions influencent la structure cristalline de l’eau lorsqu’elle est congelée. Ses photographies montrent que des mots ou vibrations bienveillants, comme « amour » ou « gratitude, » produisent des cristaux magnifiques, tandis que des influences négatives créent des motifs désordonnés.

Ce livre a changé ma perception de l’eau et de la conscience. C’est littéralement fascinant et interpellant. Si notre conscience peut avoir un tel effet sur la structure de l’eau, imaginons l’influence sur les humains constitués à +-60% d’eau. Lorsque l’on dit qu’il faut surveiller nos pensées, je pense que cette affirmation doit être sans cesse répétée pour réaliser que nous sommes littéralement ce que nous pensons.

Ce livre a été un best-seller international et est souvent cité dans le cadre des discussions sur l’impact des vibrations et de la conscience sur notre environnement. Imaginons que nous réussissions à expliciter cette conscience collective à quel point nous pourrions changer le narratif engagé dans une spirale négative. S’élever collectivement nous ferait le plus grand bien.

2024 a été forte en émotions, comme les années depuis 2020 qui nous a plongés dans une pandémie mondiale. Rien n’est jamais revenu comme avant. Il y a eu des changements de posture mentale et des familles divisées entre des membres complotistes et antivax et les autres que ces complotistes appelaient des moutons.

Le monde se chicane encore des territoires, le protectionnisme revient en force, la démocratie est piratée par la droite extrême. Et pendant ce temps, le torchon brûle dans la biosphère. Personne ne doute que la terre saura s’adapter, après tout elle le fait depuis des milliards d’années. La vraie question est : pourrons-nous maintenir notre vie de surconsommation alimentée par l’économie axée sur la croissance du PIB sans arriver au bout du rouleau de papier de toilette?

Poser la question est y répondre.

Je choisis de mettre mon énergie au service d’une conscience collective parce que personne ne peut arrêter l’eau. Tout commence par une goutte de pluie qui se fraie un chemin et creuse un sillon malgré les obstacles dans le seul but de rejoindre l’océan. Elle ne se pose aucune question… sa destinée est l’océan…  Je crois que c’est la 1re leçon à l’école qui m’a le plus marquée et fascinée… le cycle de l’eau… il y avait une chanson « Quatre gouttes de pluie » de Christine Chartrand que la professeur nous avait fait connaître. J’ai toujours eu ce refrain dans mes souvenirs d’enfance bien ancrés. Je crois qu’inconsciemment je rêvais de faire le voyage de ces gouttes de pluie.

Les lois de la nature sont immuables; vérité ou mensonge, démocratie ou autocratie, pauvreté ou richesse, pouvoir ou soumission, rien ne peut arrêter un typhon, un ouragan, un tsunami, un tremblement de terre, une tornade, une crue des eaux, une sécheresse, une inondation et j’en passe. C’est nous les humains qui devons s’adapter, et certains devront le faire plus que d’autres.

La métamorphose de la société est une absolue nécessité pour les générations à venir. C’est nous qu’ils regarderont en posant la question qui tue : qu’avez-vous fait pour arrêter l’hémorragie d’incohérences?

Je ne sais pas pour toi, mais j’aime mieux faire partie de la solution plutôt que du problème. Rappelle-toi que l’action est le meilleur remède contre l’anxiété.

Je nous souhaite de rebondir en 2025 sur une trajectoire plus écohérente pour l’harmonie et la paix dans le monde. Je nous souhaite de retrouver une boussole collective.

Donc après 17 ans, voilà quossé ça donne : une fille plus convaincue que jamais que la mobilisation collective est nécessaire pour changer le narratif. J’en suis et toi?

Bonne fin d’année 2024 et vivement 2025 et tous ses espoirs!

Sylvie Bédard - Mind Drop

2 commentaires sur « Après 17 ans : quossé ça donne? »

  1. Bravo Sylvie pour ta persévérance et ton énergie inépuisable il semblerait. Bonne année 2025.

    Micheline

  2. Lol! D’où ça sort « mon énergie inépuisable »? Je commence à la trouver plus épuisable avec l’âge… mais je tiens bon. Merci de ces souhaits.

    Bonne année à toi aussi et au plaisir! ;)

Partager votre opinion permet d'élever la discussion!