La résistance est futile… vraiment?

Écoutez un podcast AI (NotebookLM) en anglais, c’est hallucinant!!!!! Il faut un compte gmail.

Temps de lecture : ça dépend ;)

Chaque fois que j’ai un billet de blogue qui me trotte dans la tête, je jongle avec des dizaines de versions du titre. Après tout, le titre est celui qui accroche ton attention. Donc, j’imagine que si tu lis, j’ai fait un bon choix. 😉

Il ne se passe pas une seule journée où mon cerveau ne cumule pas de nouvelles données que je transforme en apprentissage et en expérimentation. Et avec l’IA (intelligence artificielle), je suis continuellement soufflée par la puissance des outils que je teste.

Chaque fois que je crois avoir touché le summum, un nouveau sommet est dépassé. Le but de ce billet n’est pas de te partager toutes ces chutes sur mon popotin, mais si tu as de l’intérêt pour ce sujet suis-moi sur LinkedIn, je partage davantage les innovations que je découvre sur ce réseau. Parfois, je partage sur Facebook lorsque je crois que cela peut intéresser un plus large public. Je le fais surtout pour faire réaliser à quel point l’IA évolue rapidement. Trop.

Tu remarqueras aussi que j’inclus un lien pour un podcast (en anglais) d’un échange entre deux « avatars 100% IA » qui discutent de mon billet comme si nous le faisions ensemble d’une manière très naturelle et fluide. Cela constitue une avancée spectaculaire dans le panthéon de l’IA. Il y a aussi ChatGPT avec qui tu peux jaser en mode audio avec un avatar à l’accent « Québécois ».

Nous pourrions en rire si ce n’était pas si inquiétant. Il faut la version payante par contre. Si tu comprends l’anglais, prends le temps d’écouter le podcast, c’est époustouflant. Imagine lorsque des informations erronées et malicieuses seront transformées en podcast d’une imitation humaine imperceptible?

Pour ou contre, le train avance trop vite!

Je reviens donc à l’idée de mon billet, résister à toutes ces avancées technologiques semble de plus en plus futile.

Du moins, ceux et celles qui embrassent à grandes étreintes les outils de l’IA et pour plusieurs j’en suis. J’ai un partenaire d’affaires qui en est convaincu depuis fort longtemps et ce titre, lui ai un peu dédié en quelque sorte. J’ai même une amie qui m’a dit ce matin, j’ai une question à propos de l’IA, mais je sais que tu es contre?!?!

Wow! Je ne sais pas comment j’ai pu développer cette étiquette, mais non, je ne suis pas contre. Cependant, je suis préoccupée par la vitesse à laquelle les avancées d’imitation de la pensée et de la parole humaines s’immiscent dans notre quotidien. Surtout préoccupée par la concentration du pouvoir dans les mains du GAFAM, d’où mon appel à la souveraineté numérique. Bientôt, ceux et celles qui ignoreront l’IA seront relégués dans la grotte de l’ère préhistorique ou pré-IA, peut-être même celle que le philosophe Platon a évoquée. Une prédiction déjà dépassée à vrai dire.

Si les entreprises n’emboîtent pas la cadence, leur compétitivité sera un lointain souvenir. Bref! Un peu comme quand les outils numériques et le Web sont apparus, certains clients me disaient : moi, je ne crois pas à ça. Je répondais, ce n’est pas une religion ou un acte de foi, c’est l’avenir et le présent dorénavant. Mais est-ce un mal de perdre dans la course à la croissance? C’est une question fondamentale : performer plus ou performer mieux?

Je suis bien obligée de dire que la course à l’IA est déjà bien avancée. Et l’économie « IA » fait déjà ses ravages partout. Le tableau suivant explique le portrait IA de l’économie. La question est sur toutes les lèvres dans notre économie : par où commencer l’escalade de ce mont Everest qui n’a rien d’artificiel?

Comme s’il n’y avait pas assez de défis, nous voilà bien assis dans les enjeux climatiques qui changent les règles du jeu plus vite que les entreprises peuvent s’adapter. Les pressions internationales par les guerres, la montée de la droite nourrie par la xénophobie, la misogynie, l’homophobie, l’immigration incontrôlée. la cybersécurité et toutes ces peurs. Sans oublier les élections américaines qui nous affecteront, peu importe le gagnant ou la gagnante. Pendant ce temps, ici chez nous, les intimidateurs au parlement canadien transforment ce lieu démocratique en une cour d’école chaotique. Il faut toutefois retenir que l’avenir se prépare maintenant : avec ou sans nos actions.

Si les milliardaires du monde dont le top 10 est principalement issu de la technologie mettaient autant d’efforts à chercher et financer des solutions pour sauver la planète des ravages humains qu’ils en investissent à nous contrôler avec l’IA, imagine comment nous pourrions changer notre avenir.

Si tu veux voir la liste, dans ce lien les 500 humains les plus riches du monde. Oprah, Trump et Céline sont trop pauvres pour être dans ce top 500 avec milliers de millions on ne fait pas le poids de cette liste de richesse indécente. Ces super riches ne pourront jamais dépenser leur argent de leur vivant, mais ils pourraient tellement faire la différence.

Évidemment nous ne pouvons pas compter sur ceux et celles qui s’enrichissent dans le système de vampires actuel. Le statu quo leur convient parfaitement, jusqu’au jour où les enjeux les concerneront personnellement. Ils préfèrent se construire des iles autonomes, des abris autonomes et anti-nucléaires sous-terrains ou des vaisseaux spatiaux pour aller vivre sur Mars.

La résistance pas si futile finalement

Je sais que tous ces enjeux combinés ensemble sont énormes. Il peut être décourageant lorsque nous payons les factures grimpantes de l’épicerie de constater que les dindons de la farce sont toujours les consommateurs et les citoyens bernés par les politiciens. Mais je préfère croire que l’écoanxiété et toutes les formes de pensées anxiogènes se guérissent ou s’atténuent par l’action et non par l’apathie voire l’inertie.

De toute façon, quelles sont les options? Soyons réalistes, il est bien possible que nos actions ne mènent nulle part, mais c’est une certitude que l’inaction n’aura aucun effet sur la situation qui nous inquiète.

La première chose à faire est de conscientiser notre pouvoir individuel sur la situation.

Prendre conscience que l’action collective a un réel pouvoir pour autant que nous apprenions à canaliser les communications dans un réel dialogue constructif et objectif.

Prenons les proarmements américains divisés en deux clans : les défensifs et les agressifs. Ils se battent pour leur foutu 2e amendement avec des arguments de liberté qui ont préséance sur la sécurité collective pour le clan des agressifs. Inversement, les défensifs pour se protéger des agressifs. Selon mon analyse des dernières années particulièrement des derniers mois, l’IA pour moi est maintenant sur le même pendule qui oscille entre constructif et destructif.

Il ne fait aucun doute parmi les pionniers de l’IA que le danger de la désinformation est bien réel. Ils ont lancé des alertes en ce sens dès la sortie de ChatGPT et bien avant. Or, il s’avère que n’importe qui a dorénavant accès à cette IAG (Intelligence artificielle générative) dans ses poches. Nous en vivons déjà les conséquences.

Après Siri et Alexa, voilà que ChatGPT et bien d’autres font partie de notre quotidien. On ne réfléchit plus, on pose des questions dont la majorité des demandeurs n’ont aucune capacité à valider la véracité des contenus et je ne parle pas de l’esprit critique pour l’interprétation des propos. On n’arrête certes pas le progrès, mais nous aurions avantage à aller aussi vite pour mettre les balises. La première est l’étiquetage obligatoire et urgent des contenus créés par l’IA.

Boucar Diouf a aussi bien résumé cette espèce de léthargie physique et dorénavant intellectuelle qui menace l’avenir de l’humanité avec la facilité à manipuler les foules. Une partie de l’explication pourquoi l’inaction prévaut sur l’action. Ce sont les balises mises en place par le GAFAM pour les générations montantes.

Regardez cette vidéo.

Il y a toujours eu une recette depuis la Rome antique : « Donnez-leur du pain et des jeux ». César est plus d’actualité que jamais.

Dorénavant, les adulescents littéralement « scotch tapés » à leur « joy stick » qui ne serait être mieux nommé « le bâton de joie » ou la drogue numérique ne voient que l’avenir à travers les écrans. Comme toutes les études le démontrent, toute une génération semble avoir perdu ses repères de la vie en société. La pandémie a simplement exacerbé le phénomène.

Il y a même des jeunes qui voulaient interdire l’accès aux médias sociaux au moins de 16 ans. Pour dire qu’il semble avoir aussi un clivage parmi les jeunes.

Une transformation sociétale majeure en cours

Avec l’IA, nous allons vers une autre transformation majeure de nos habitudes de vie. La facilité à laquelle nous accédons à la connaissance brute nous berce dans l’illusion du savoir et de la sagesse. Pour le moment, les IAG ne sont pas capables de jugement, et franchement, le jour où elles auront cette capacité, nous serons dans la singularité totale (impossible de distinguer un humain d’une machine).

C’est donc dire que nous devons focaliser l’éducation sur le développement du sens critique de toute urgence.  Selon les experts, nous sommes près de 50% du test de Turing qui calcule le niveau de singularité. Ça me semble peu selon mes dernières trouvailles. Mais bon, 50% c’est sûrement aussi le nombre statistique d’humains capables de se faire berner par l’IAG en ce moment sans broncher un sourcil.

Je prends pour exemple le débat des vice-présidents à la course présidentielle. J.D. Vance a impressionné la galerie par son contenant. Il a prouvé que le contenu n’était pas important pourvu que les mensonges soient emballés dans une belle façade. Un mensonge grandiloquent passe pour une vérité dans notre monde prêt à croire n’importe quelle personne qui dit ce qu’on veut entendre.

C’est pareil avec l’IAG. Lorsque c’est bien articulé, ça doit être vrai. Les vérificateurs de faits n’ont jamais travaillé aussi fort au point où on devrait changer leur nom pour : patrouille de « bullshit ». La mise en place d’une police de la vérité serait sans doute critiquée faute d’un accord sur ce qu’est la vérité. En revanche, on peut reconnaître la « bullshit », donc une patrouille de « bullshit » ferait fureur, car il y en a partout autour de nous. Il y a une crise des experts, une montée des complotistes et une descente aux enfers des faits. Mais la « bullshit » a ses meilleurs jours, elle brille partout où on pose le regard.

Lorsqu’un ex-président qui veut retourner au bureau ovale peut dire que la crise climatique est un canular, je pense que nous sommes dans la « bullshit » jusqu’au cou ou pire, dans le crime climatique. La négation des uns face aux enjeux climatiques est d’autant plus inquiétante que les autres qui travaillent à changer les choses doivent d’abord contrebalancer la « bullshit ». J’en suis.

Nous arrivons au bout de la course de la croissance indéfinie. Le changement est inévitable. Soit il sera imposé contre notre gré, ou soit il sera préparé avec notre lucidité collective. Notre système axé sur la performance et la profitabilité ne peut plus être soutenu par les ressources épuisables et quasi épuisées de la biosphère. C’est indéniable, quoi que les climatosceptiques en disent ou en colportent. Si tu en doutes, voici un lien pour commencer tes recherches.

Pourquoi je dis tout ça?

J’aime croire que je suis une éveilleuse de conscience à ma façon. Entre la réalité qui change plus vite que notre capacité en à percevoir les contours, et les multiples enjeux, j’en connais plus d’un qui se dit « y s’arrangeront » avec la suite, moi j’ai travaillé assez fort pour en profiter à mon tour. Mais qui est le « y »? Vos enfants, vos neveux et nièces, vos petits-enfants, les enfants de vos amis, de vos voisins?

Je ne sais pas pour vous, mais avec la parade de centenaires qui s’allonge année après année… il me semble que c’est long une vie jusqu’à 100 ans. Que feras-tu de tout ce temps? Tu joueras au golf sur les terrains verts fluo aux pesticides? Tu feras le tour du monde dans les avions qui émettent tous ces gaz à effet de serre ou en VR à essence? Tu iras polluer les contrées lointaines? Peu importe comment nous envisageons le futur, personne n’arrêtera de bouger sauf si obligé. Contribuer à laisser une trace positive en lieu et place qu’une trace de carbone, ça te dit?

Il y a urgence d’agir. Mais avant, il est urgent de réfléchir. L’action déconcertée dans toutes les directions n’apporte rien de concret à long terme. Il est temps de travailler à mettre en place une prospective collaborative à grande échelle pour envisager les scénarios porteurs pour une métamorphose pacifique de la société.

Il est temps de penser en stratégie d’évolution plutôt qu’en stratégie de performance. Nous devons réfléchir à la manière de rendre l’économie compatible avec l’écologie, et ce, envers et contre tous les négatifs et les climatosceptiques. Il faut changer le narratif et mettre l’intelligence collective en synergie pour faire émerger la conscience collective et se donner les outils pour une sagesse collective qui permettra de pointer les défis prioritaires. Les solutions viendront de manière concertée par la suite. Il faut être plus « humains » qu' »artificiels » pour que notre intelligence nous permette d’évoluer en toute conscience sans simplement dépendre des algorithmes programmés avec les biais du passé démunis de conscience et de sagesse.

J’ai piqué ta curiosité? Viens voir ce qui se passe à l’Institut d’Écohérence. Nous travaillons très fort à mettre en place le prochain « storytelling » de l’espoir collectif et de la résilience collective. Tu peux devenir un acteur du changement et co-créer le futur que nous avons le devoir de léguer aux générations suivantes au lieu de demeurer un spectateur passif. Pas nécessaire d’être une Greta Thunberg pour se faire entendre. Finalement, non, la résistance n’est pas futile! ;). L’IA pourrait être un bon serviteur s’il ne lui prend pas le désir de devenir le maître.

À nous de changer nos perspectives avec la prospective collaborative!

Sylvie Bédard - Mind Drop

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