L’Essentiel de l’IA de Sens : Édition consolidée du 17 septembre 2026

Gouvernance, éthique et transformations sociétales de l’intelligence artificielle

Introduction — radar de la semaine

Depuis plusieurs semaines, les avertissements sur les risques de l’intelligence artificielle se multiplient. Cette semaine marque cependant un déplacement important : la discussion quitte progressivement le terrain des principes pour entrer dans celui des décisions, des investissements et de l’acceptabilité sociale.

Au Canada, Ottawa et Berlin annoncent des investissements majeurs dans LoiZéro, l’organisation fondée par Yoshua Bengio pour développer une approche différente de l’IA avancée. Anthropic publie parallèlement un rapport documentant des utilisations réelles de Claude dans des opérations de surveillance, d’influence, de cyberattaque et de développement d’armes conventionnelles. Pendant ce temps, certains dirigeants de l’industrie réclament davantage de mécanismes de sécurité et discutent ouvertement d’un ralentissement coordonné des systèmes les plus avancés.

Mais un autre signal devient difficile à ignorer : la population commence elle aussi à entrer dans le débat. À Montréal, cette tension s’est manifestée dans la rue pendant la conférence ALL IN (je vous partagerai mon expérience de l’événement sous peu). Aux États-Unis, elle apparaît notamment dans l’opposition aux immenses centres de données nécessaires au développement de l’IA, jusque chez des électeurs républicains.

La contestation ne porte donc plus seulement sur des scénarios abstraits concernant l’avenir de l’intelligence artificielle. Elle touche désormais des réalités très concrètes : électricité, eau, infrastructures, emplois, investissements publics et pouvoir de décision.

Le vrai enjeu n’est donc plus seulement de savoir jusqu’où l’IA peut aller. Il devient : qui décidera jusqu’où nous voulons la laisser aller — et à quelles conditions la société acceptera-t-elle cette transformation?

Ce qui a du sens

Canada et Allemagne : investir dans une IA conçue autrement

🧭 L’enjeu

Le 16 septembre, le Canada et l’Allemagne ont annoncé à Montréal leur intention d’investir respectivement 150 millions de dollars canadiens et 100 millions d’euros dans LoiZéro, l’organisation à but non lucratif fondée par Yoshua Bengio.

L’objectif est inhabituel dans la course actuelle à l’IA : développer une intelligence artificielle avancée qui soit sécuritaire dès sa conception, plutôt que de construire d’abord des systèmes toujours plus autonomes et de tenter ensuite d’en limiter les risques.

LoiZéro travaille sur une approche où l’IA servirait notamment à comprendre et anticiper le comportement d’autres systèmes avancés, plutôt qu’à agir elle-même de manière toujours plus autonome.

🟦 Lecture IA de sens

Ce n’est pas seulement un investissement scientifique. C’est un choix de politique industrielle.

Qui décide : les gouvernements canadien et allemand deviennent ici des acteurs du choix technologique, plutôt que de rester uniquement acheteurs ou régulateurs.

Qui gagne : la recherche indépendante en sécurité et, potentiellement, les organisations qui souhaitent disposer d’alternatives aux systèmes contrôlés par quelques grandes plateformes.

Ce que cela construit : une capacité scientifique permettant aux pouvoirs publics de ne pas dépendre entièrement des entreprises qu’ils devront éventuellement réglementer. La sécurité devient ainsi une infrastructure stratégique, au même titre que la capacité informatique ou les données.

🟨 Impact Canada / Québec

Pour le Québec, l’annonce est particulièrement significative puisque LoiZéro est basée à Montréal et que Yoshua Bengio est également le fondateur de Mila.

Elle place le Canada devant un choix stratégique : être principalement acheteur de technologies développées ailleurs, ou financer aussi des architectures correspondant à ses propres objectifs de sécurité et de souveraineté.

Cela ne garantit évidemment pas que l’approche fonctionnera. Mais cela crée une capacité de recherche qui ne dépend pas entièrement des priorités commerciales des grandes plateformes.

❓ La question qui reste ouverte

Un projet public de sécurité pourra-t-il réellement influencer la trajectoire d’une industrie qui investit des sommes considérables dans l’accélération des capacités?

Liens utiles
Gouvernement du Canada — Canada et Allemagne investissent dans LoiZéro
LoiZéro — site officiel

Ce qui soulève des questions

Anthropic montre ce qui arrive lorsque l’IA devient une infrastructure de pouvoir

🧭 L’enjeu

Le 10 septembre, Anthropic a publié un nouveau rapport sur les usages malveillants détectés sur Claude entre décembre 2025 et août 2026.

Les cas documentés couvrent sept catégories : cyberopérations, opérations d’influence, surveillance, fraude, risques biologiques, développement d’armes conventionnelles et copie illégitime des capacités de ses modèles.

Selon Anthropic, un consultant travaillant pour des autorités de sécurité maliennes aurait utilisé Claude comme principale ressource d’ingénierie pour développer une plateforme capable d’intercepter des communications sur les réseaux mobiles du pays. D’autres acteurs auraient utilisé Claude pour développer des outils de surveillance de dissidents ou pour participer à la conception de logiciels associés à des armes conventionnelles.

Anthropic affirme avoir fermé les comptes concernés, renforcé ses mécanismes de détection et partagé certaines informations avec des partenaires ou des autorités.

🟦 Lecture IA de sens

La transparence d’Anthropic est utile. Mais le rapport révèle simultanément un problème de gouvernance beaucoup plus profond.

Aujourd’hui, une grande partie de la détection repose encore sur les entreprises qui exploitent elles-mêmes les modèles. Elles déterminent les comportements interdits, détectent les violations, ferment les comptes et décident quand une situation justifie une intervention supplémentaire.

Qui gagne : des acteurs beaucoup plus petits peuvent désormais accéder à des capacités techniques qui exigeaient autrefois davantage de ressources et d’expertise.

Qui peut perdre : citoyens, dissidents, organisations civiles ou institutions lorsque ces capacités servent à la surveillance, à la manipulation ou à la coercition. L’IA ne démocratise pas seulement l’accès à la connaissance. Elle peut aussi abaisser le coût d’accès à certaines capacités de pouvoir.

🟨 Impact Canada / Québec

Le Canada doit regarder ces exemples au-delà de la seule cybersécurité. Lorsque des systèmes commerciaux peuvent contribuer à des activités de surveillance, d’influence ou à des usages militaires, la question devient celle des obligations imposées aux fournisseurs : détection, conservation des traces, signalement des incidents, audits indépendants et recours.

Compter uniquement sur les conditions d’utilisation des entreprises ne constitue pas une politique publique.

❓ La question qui reste ouverte

Peut-on confier durablement la surveillance des usages dangereux aux mêmes entreprises qui développent et commercialisent ces systèmes?

Liens utiles
Anthropic — Detecting and countering misuse of AI: September 2026

Ralentir l’IA : tout le monde parle de sécurité, mais pas de la même gouvernance

🧭 L’enjeu

Un mouvement déjà visible ces dernières semaines se confirme : les inquiétudes ne viennent plus seulement de chercheurs extérieurs à l’industrie. Elles sont désormais exprimées par certains de ceux qui développent les systèmes les plus puissants.

Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, défend une coordination plus forte autour des systèmes avancés. D’autres laboratoires participent également aux discussions sur les évaluations et la sécurité. Amazon, de son côté, soutient des tests rigoureux et des mécanismes de protection avant le déploiement des modèles, sans appuyer un ralentissement généralisé de l’industrie.

🟦 Lecture IA de sens

Voilà le paradoxe. Les acteurs engagés dans la course demandent maintenant des mécanismes pour mieux contrôler cette même course.

Leurs inquiétudes peuvent être légitimes. Mais une deuxième question apparaît immédiatement : qui définira le seuil à partir duquel un système devient trop risqué?

Si les normes sont principalement définies par les entreprises possédant déjà les modèles, les infrastructures et les capitaux nécessaires, des règles de sécurité très coûteuses pourraient aussi renforcer leur position dominante. La sécurité est nécessaire. Mais la gouvernance de la sécurité doit elle-même être gouvernée.

🟨 Impact Canada / Québec

Le Canada peut simplement adopter les normes produites par les grandes entreprises et les grandes puissances, ou participer à la construction de mécanismes d’évaluation indépendants.

L’investissement dans LoiZéro prend alors une autre dimension : disposer d’expertise scientifique indépendante devient aussi une question de souveraineté réglementaire.

❓ La question qui reste ouverte

Comment renforcer la sécurité sans transformer ses exigences en avantage supplémentaire pour les entreprises qui dominent déjà le marché?

Liens utiles
Reuters — AI: go slow?

Ce qui n’a pas de sens

Croire que l’acceptabilité sociale de l’IA peut être tenue pour acquise

🧭 L’enjeu

Le contraste était difficile à manquer à Montréal. Le 16 septembre, pendant que la conférence ALL IN réunissait acteurs de l’industrie, chercheurs et responsables gouvernementaux, plus de 200 personnes ont participé à une manifestation contre le développement de l’IA, selon les comptes rendus publiés.

La manifestation a été marquée par une altercation avec des policiers et une arrestation. Dans la même période, le bâtiment abritant l’Institut Mila a été vandalisé : des vitres ont été brisées et des graffitis anti-IA ont été peints sur sa façade.

Ces événements doivent être distingués. Les actes de vandalisme ne représentent pas l’ensemble des personnes qui questionnent ou contestent le développement de l’IA.

Mais surtout, les considérer comme un phénomène marginal ferait manquer un signal beaucoup plus large : l’acceptabilité sociale de l’IA devient elle-même un enjeu de gouvernance.

Et ce phénomène dépasse Montréal. Aux États-Unis, la contestation se concentre notamment sur les centres de données nécessaires au développement de l’IA. Le sujet est devenu suffisamment important pour traverser les lignes partisanes et entrer dans le débat politique américain.

Le 16 septembre, la Chambre des représentants a adopté par 417 voix contre 3 une mesure demandant aux autorités de réglementation des services publics d’examiner comment éviter que les coûts supplémentaires des infrastructures électriques nécessaires aux grands centres de données soient transférés aux consommateurs.

Le signal est important : on ne parle plus seulement d’une peur abstraite de l’intelligence artificielle. On parle de citoyens qui commencent à questionner les coûts très concrets de son déploiement.

🟦 Lecture IA de sens

C’est peut-être l’un des changements les plus importants de cette semaine.

Pendant plusieurs années, le développement de l’IA a principalement été présenté comme une question d’innovation : quels modèles construire, quelles entreprises financer, quelles capacités développer?

L’équation change lorsque les infrastructures nécessaires deviennent visibles dans les communautés. Un centre de données occupe du territoire. Il consomme de l’électricité et de l’eau. Il peut nécessiter de nouvelles infrastructures énergétiques. L’automatisation peut modifier des emplois. Les investissements publics impliquent des choix.

La question n’est alors plus simplement : « Êtes-vous pour ou contre l’IA? »

Elle devient : « Quels bénéfices obtenons-nous, quels coûts devons-nous absorber et avons-nous réellement participé à la décision? »

C’est précisément la logique de l’acceptabilité sociale.

Qui décide : principalement les gouvernements, les entreprises technologiques, les investisseurs et les institutions spécialisées.

Qui gagne : les entreprises qui développent les modèles et les infrastructures, mais aussi les territoires capables d’attirer investissements, emplois et expertise.

Qui absorbe les coûts : potentiellement les communautés, les consommateurs d’électricité, certains travailleurs et les citoyens lorsque les infrastructures publiques doivent s’adapter.

Ce que cela construit : si la population ne dispose pas de mécanismes crédibles pour participer aux arbitrages, la résistance peut se déplacer vers les conseils municipaux, les tribunaux, les élections… ou la rue. Le consentement social au déploiement rapide de l’IA ne peut plus être tenu pour acquis.

🟨 Impact Canada / Québec

Cette question pourrait devenir particulièrement importante au Québec. Montréal possède un écosystème de recherche en IA reconnu internationalement. Le Canada investit dans LoiZéro. Les gouvernements veulent attirer des investissements technologiques et développer davantage de capacité informatique.

Mais le Québec connaît déjà les débats entourant l’acceptabilité sociale des grands projets énergétiques, miniers et industriels. L’IA pourrait progressivement entrer dans la même logique.

Un centre de données, une nouvelle infrastructure énergétique ou un programme important d’automatisation ne pourra peut-être plus être présenté uniquement comme un projet technologique ou économique. Il faudra également expliquer qui bénéficie du projet, qui assume ses coûts, quelles ressources il utilise et comment la population participe aux décisions.

❓ La question qui reste ouverte

L’IA peut-elle continuer à se déployer à la vitesse actuelle si les populations qui doivent accueillir ses infrastructures et absorber ses transformations n’ont pas le sentiment de participer aux décisions?

Liens utiles
La Presse — Manifestation anti-IA à Montréal
La Presse — Graffitis anti-IA et vitrines brisées à Mila
La Presse — Trump, l’IA et l’opinion : la déconnexion
Reuters — Will AI fears reach the ballot box?
Reuters — Coûts économiques des centres de données

À surveiller

Matrice prospective

Signal Trajectoire Enjeu Horizon
LoiZéro La sécurité devient une politique industrielle Souveraineté et indépendance scientifique Moyen terme
Débat sur le ralentissement Recherche de mécanismes communs Qui fixe les limites? Très court terme
Abus documentés par Anthropic L’IA multiplie des capacités auparavant spécialisées Surveillance, armes, cyberattaques, influence Déjà présent
Acceptabilité sociale Des inquiétudes générales aux impacts locaux et politiques Qui bénéficie et qui absorbe les coûts? Déjà présent
IA ouverte et locale Alternatives aux plateformes propriétaires Contrôle des données et dépendance Moyen terme

Un signal à suivre : l’IA devient aussi une question électorale

Le cas américain mérite d’être suivi non pas pour importer son débat politique au Canada, mais parce qu’il montre comment une technologie devient un enjeu public lorsqu’elle produit des effets locaux visibles.

L’expansion des centres de données est désormais associée à des questions très concrètes : capacité du réseau électrique, coût de l’électricité, utilisation des ressources et retombées économiques locales.

Des préoccupations apparaissent également parmi des électeurs républicains alors que l’administration Trump défend une stratégie d’accélération du développement de l’IA. Cela montre que l’adhésion à une stratégie politique ou économique ne signifie pas nécessairement l’acceptation de tous ses coûts locaux.

C’est un point de convergence à surveiller : l’acceptabilité sociale peut traverser les appartenances politiques.

Un autre signal : davantage de contrôle local sur l’IA

Les initiatives visant à permettre aux organisations d’exploiter des systèmes ouverts sur leurs propres infrastructures méritent aussi d’être suivies.

Une grande partie de l’IA actuelle fonctionne selon un modèle où une organisation dépend de l’infrastructure, des modèles, des tarifs et des règles d’un fournisseur externe. Permettre davantage d’exploitation locale peut modifier ce rapport de dépendance.

Pour le Québec et le Canada, la souveraineté numérique ne consiste donc pas seulement à demander « Où sont stockées nos données? » Il faut aussi demander : « Qui contrôle le modèle, ses accès et les règles qui peuvent changer demain? »

Lecture stratégique de la semaine

Matrice de maturité éthique

Niveau Signal Situation Risque
Constructif LoiZéro Sécurité intégrée dès la conception Approche encore à démontrer
Progression Anthropic Incidents réels documentés Contrôle encore largement interne
Zone grise Ralentissement Reconnaissance de certains risques Gouvernance commune encore fragile
Tension Infrastructures Déploiement très rapide Partage des coûts insuffisamment clair
Alerte sociale Montréal + États-Unis La population entre dans le débat Participation trop tardive

Cette semaine, la maturité technique continue de progresser plus rapidement que la maturité institutionnelle. Mais les mécanismes de gouvernance deviennent plus concrets — et une nouvelle dimension apparaît clairement : une technologie peut être techniquement performante, économiquement rentable et légalement autorisée sans être socialement acceptée.

Carte des tensions de gouvernance

Axe Pôle 1 Pôle 2 Signal
Vitesse Accélérer Ralentir Débat entre laboratoires
Gouvernance Autorégulation Contrôle public Anthropic / gouvernements
Infrastructure Plateformes propriétaires Souveraineté technologique LoiZéro / solutions ouvertes
Sécurité Réduire les risques Éviter la concentration Normes et évaluations
Acceptabilité sociale Déploiement rapide Consentement des communautés Montréal + centres de données américains

Pendant longtemps, le débat a souvent été présenté comme une opposition entre innovation et réglementation. Cette lecture devient insuffisante. La question est désormais : quelle innovation, contrôlée par qui, selon quelles règles, à quels coûts — et avec quelle possibilité pour la société d’intervenir?

Boussole stratégique IA de sens

Dimension Question Lecture
Technologie Est-elle contrôlable? Les incidents montrent que la question n’est plus théorique
Gouvernance Qui fixe les limites? Entreprises et gouvernements cherchent encore le partage des responsabilités
Économie Qui possède l’infrastructure? La concentration demeure forte
Société Qui participe aux décisions? L’absence de participation commence à produire de la contestation
Souveraineté Peut-on choisir nos propres règles? Le Canada commence à investir dans cette capacité
Ressources Qui paie l’infrastructure? L’électricité et les centres de données deviennent des enjeux politiques
Droits Qui absorbe les conséquences? Citoyens, travailleurs et personnes surveillées restent particulièrement exposés

Outils utiles à découvrir

Outil Contexte Fonction Utilité
Promptfoo Sécurité Tests et évaluation des applications IA Chercher des vulnérabilités avant le déploiement
Attio Relation client Automatisation de processus commerciaux Observer comment l’IA transforme les processus de travail
Cursor Développement logiciel Agents capables d’exécuter plusieurs étapes d’une tâche de programmation Observer la délégation croissante du travail technique

Un agent, ici, désigne simplement un système d’IA capable d’effectuer plusieurs étapes d’une tâche et d’agir dans certains outils, plutôt que de produire uniquement une réponse.

Autres outils

  • Skydive — Agents disposant de leur propre environnement informatique. Plus ils peuvent agir directement, plus les questions de permissions, de contrôle et de responsabilité deviennent importantes.
  • DeepSeek — À suivre pour l’évolution de modèles cherchant notamment à réduire les ressources et les coûts nécessaires à certaines utilisations de l’IA.

Message clé de la semaine

La sécurité de l’IA n’est plus seulement un problème technique. Elle devient une question de pouvoir — et maintenant d’acceptabilité sociale. Qui peut construire les systèmes les plus puissants? Qui peut les tester? Qui contrôle les infrastructures? Qui bénéficie des investissements? Qui paie l’électricité, l’eau et les transformations du travail? Et surtout : qui demande l’accord de ceux qui devront vivre avec ces choix? Montréal et les États-Unis envoient cette semaine un signal convergent : l’adhésion sociale au développement de l’IA ne peut plus être présumée.

Conclusion stratégique

La tendance observée depuis plusieurs semaines se poursuit : les capacités de l’IA progressent plus rapidement que plusieurs mécanismes permettant de les gouverner. Mais quelque chose change cette semaine. Les réponses deviennent plus concrètes. Anthropic documente des abus réels. Certains dirigeants de l’industrie discutent ouvertement de ralentissement et de mécanismes communs de sécurité. Le Canada et l’Allemagne investissent dans une trajectoire différente avec LoiZéro. Des initiatives cherchent à réduire certaines dépendances aux plateformes propriétaires.

Et un nouvel acteur commence à peser davantage dans l’équation : la population. À Montréal, cela apparaît dans la rue. Aux États-Unis, l’opposition aux centres de données traverse les lignes partisanes et commence à produire des réponses institutionnelles. Pendant plusieurs années, gouvernements et entreprises ont surtout demandé : « Comment accélérer l’adoption de l’IA? »

Ils devront de plus en plus répondre à une autre question : « À quelles conditions la société acceptera-t-elle cette transformation? » Car une technologie peut être performante, rentable et même techniquement sécuritaire. Si ceux qui doivent vivre avec ses conséquences n’ont pas le sentiment d’avoir voix au chapitre, son déploiement devient lui aussi un problème de gouvernance.


P.-S. — Une invitation

Et dans votre organisation, savez-vous vraiment ce que l’IA est en train de changer?

Beaucoup d’organisations utilisent déjà l’IA un peu partout : un outil ici, un assistant là, des automatisations qui apparaissent dans différentes équipes.

Les gains peuvent être réels. Mais les coûts, les pratiques qui se fragmentent et même l’érosion progressive de certains savoir-faire sont beaucoup plus difficiles à voir.

Avec mon partenaire Frédéric Gaurier , spécialiste des opérations et de la chaîne d’approvisionnement, nous avons développé une démarche pour aider les organisations à voir ce qui se passe réellement entre leurs équipes et l’IA.

Pas pour mettre davantage d’IA partout.
Pour savoir où elle crée réellement de la valeur, où elle commence à coûter plus qu’elle ne rapporte et où l’humain doit rester pleinement en contrôle.

Nous cherchons actuellement une première organisation partenaire pour appliquer cette démarche sur un cas réel, à des conditions privilégiées, en échange de la possibilité de documenter les apprentissages et les résultats.

Si votre organisation compte environ 20 à 100 personnes, utilise déjà l’IA de plusieurs façons et commence à se demander si elle possède vraiment le portrait complet, cette démarche pourrait être pertinente.

+ Voir ce que permet le diagnostic

À la fin de la démarche, l’organisation sait plus précisément :

  • où elle gagne réellement avec l’IA, et où elle peut aller plus loin sans augmenter inutilement le risque;
  • où elle perd de l’argent, du temps ou du savoir-faire sans nécessairement le voir;
  • quelles actions concrètes permettent de reprendre le contrôle, et dans quel ordre les mettre en œuvre;
  • comment maintenir cette vision dans le temps, avec un tableau de bord et une gouvernance simple.

La démarche comprend une rencontre de démarrage, de courtes entrevues avec les personnes qui utilisent l’IA au quotidien, un échange avec l’équipe technique et un atelier de restitution avec un plan d’action clair.

Nous avons développé une méthode et un outil de diagnostic pour objectiver la situation : l’objectif n’est pas de travailler à partir d’impressions, mais de rendre visibles les usages, les gains, les risques et les zones de perte de contrôle.

Le profil que nous recherchons

  • Organisation d’environ 20 à 100 personnes
  • Plusieurs usages de l’IA déjà présents, mais encore peu coordonnés
  • Une direction qui sent qu’elle n’a pas encore une vue complète de la situation
  • Une personne capable de mobiliser les utilisateurs et l’équipe technique
  • Entreprise privée ou OSBL significatif, hors fonction publique et parapublique

Vous vous reconnaissez? Écrivez-moi simplement. Nous verrons ensemble si votre organisation pourrait être un bon cas pour cette première démarche.

Et si ce n’est pas pour vous, mais qu’une personne de votre réseau vous vient immédiatement en tête, une mise en relation serait tout aussi appréciée.

✉️ M’écrire pour en discuter

L’évolution s’accélère jour après jour avec l’IA et ses impacts. Pendant ce temps, la conscience humaine et l’ordre nécessaire pour y faire face s’érodent encore plus vite.

Les élections provinciales sont débutées. Il me semble approprié de poser les questions qui vont au-delà des tarifs. Nous avons d’énormes enjeux à traiter qui vont impacter notre société pour très longtemps. Les manifestations publiques contre l’IA révèle un fossé qui se creuse avec l’acceptabilité sociale. Pourtant, l’IA au service de la population peut apporter d’énormes avantages. Le problème est que le citoyen typique ne le voit pas. Surtout, il ne sent pas que sa voix est entendu et ni même qu’elle peut faire la différence. J’ai publié un article intitulé : L’effet cumulé : résister ensemble, un récit à la fois! qui prouve le contraire. L’IA avance tellement vite. Nous sommes à la remorque des géants qui profitent de notre laxisme collectif. J’ai aussi publié un article qui nous rappelle que tout est interrelié, vraiment tout! Parce que je constate autour de moi, une certaine forme de je-m’en-foutisme face aux enjeux actuels. Heureusement que les lanceurs d’alerte comme Yoshua Bengio veillent à nous maintenir éveiller. Es-tu un « doomer » ou un « booster » ?

Savoir c’est pouvoir…. Pouvoir c’est aussi agir! Si tu as besoin de comprendre, n’hésite pas! Je peux approfondir des sujets qui te turlupine. Aussi, SVP partage. Il faut que la population développe son esprit critique afin de participer à la conversation publique. Il y a aussi la question qui s’ajoute chaque jour : si mon compétiteur utilise l’IA vais-je prendre du recul pour ma propre entreprise? Si cette question résonne, fais-moi signe!

La Brigade IA a profité de l’événement ALL IN pour se rassembler. C’était la première fois que nous nous rencontrions en personne. Une occasion de stimuler l’avancement des travaux en cours. Je suis toujours assignée sur le chantier « Base culturelle et sécuritaire » dans un groupe très dynamique pour établir les guides de politique interne pour l’utilisation de l’IA. Si tu veux comprendre la Brigade IA en une image clique ici.. Une politique interne d’usage de l’IA est fondamentale dans la volonté de faire de l’IA de sens.

Bonne journée!

PS Si tu souhaites développer un sujet en particulier et soulever tes préoccupations, soumets-moi ta question ou tes commentaires.

PERDU AVEC TOUS LES OUTILS D’IA GÉNÉRATIVE?

VOICI UN TABLEAU POUR COMPRENDRE LES DIFFÉRENTS ACTEURS

principaux jouers IAG

Si le sujet t’intéresse, voici des articles dans la catégorie « IA de sens ».

L’effet cumulé : résister ensemble, un récit à la fois

Nous vivons dans un flux continu de menaces, de crises, de bouleversements technologiques et de discours anxiogènes. À force de s’accumuler, ces récits finissent-ils par modifier notre perception du monde… et surtout notre capacité d’agir?

En regardant récemment l’histoire de Charles de Gaulle et celle de la montée d’Hitler, une même idée m’a frappée :…

Évaluez ceci :

Tout est interrelié. Vraiment tout.

Une vieille histoire de Bornéo, des chats parachutés, la Chine, ChatGPT et notre propre humanité. Et si le véritable défi de l’IA n’était pas la technologie, mais notre incapacité à comprendre les conséquences d’un monde où tout est interrelié?

Évaluez ceci :

Et si le plan iA réussisait… où est le plan B ?

Alors que la course à l’intelligence artificielle s’accélère, une question demeure largement absente du débat : sommes-nous prêts aux conséquences d’un succès technologique? Entre les boosters et les doomers, il existe peut-être une troisième voie : celle du discernement citoyen.

Évaluez ceci :

La plume sera mon épée

À l’ère de l’intelligence artificielle et des algorithmes, écrire devient un acte de résistance. Inspirée par Outlander et les leçons de l’histoire, cette réflexion explore la désinformation, le silence numérique, la liberté d’expression et le rôle essentiel des contenus humains pour préserver une démocratie véritablement vivante.

Évaluez ceci :


En savoir plus sur Sylvie Bédard - Complice de votre Présence

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Partager votre opinion permet d'élever la discussion!