Gouvernance, éthique et transformations sociétales de l’intelligence artificielle
Introduction — radar de la semaine
Cette semaine, l’intelligence artificielle ne se joue plus seulement dans les modèles. Elle se joue de plus en plus dans les infrastructures qui déterminent qui peut agir, qui peut contrôler et qui devient dépendant de qui.
OpenAI développe maintenant sa propre puce. SpaceX prépare une infrastructure spatiale d’une ampleur exceptionnelle qui doit notamment soutenir ses ambitions en matière de satellites et de calcul. Le Brésil, lui, choisit délibérément de répartir ses investissements entre technologies chinoises et américaines afin de limiter sa dépendance. Pendant ce temps, les États commencent à imposer des contraintes beaucoup plus concrètes aux grandes plateformes.
Un mouvement déjà visible ces dernières semaines se confirme, mais il change de niveau : la concentration ne concerne plus seulement les modèles d’IA. Elle s’étend aux puces, aux centres de données, au travail, aux plateformes et potentiellement à l’espace. Le vrai enjeu devient donc : qui possède les moyens de faire fonctionner l’IA, qui fixe les règles et qui conserve une capacité réelle de choisir?
Ce qui a du sens
Meta accepte des contraintes concrètes pour protéger les jeunes
Meta a conclu avec presque tous les États américains un règlement pouvant atteindre 18 milliards de dollars américains sur dix ans concernant les effets de Facebook et Instagram sur les jeunes. L’entreprise n’admet pas avoir commis de faute, mais l’entente prévoit des changements beaucoup plus concrets que les habituelles promesses de « sécurité ».
Parmi eux : une limite quotidienne de deux heures pour les moins de 18 ans, des notifications désactivées pendant les heures scolaires, des restrictions nocturnes, davantage de vérification de l’âge et certaines fonctions d’engagement réduites.
Le signal important est ailleurs : la protection des jeunes commence à entrer directement dans la conception des plateformes. Et le mouvement dépasse les États-Unis. Après l’accord américain, des autorités ailleurs dans le monde demandent pourquoi des protections comparables ne seraient pas appliquées à leurs propres enfants.
Ce n’est pas seulement une question de modération des contenus. C’est une question de pouvoir sur l’architecture numérique. Pendant des années, les plateformes ont largement déterminé elles-mêmes les mécanismes qui maximisent le temps passé, les notifications et l’engagement. L’intervention publique commence maintenant à toucher ces mécanismes.
Qui décide : les pouvoirs publics reprennent une partie du pouvoir de décision sur la conception.
Qui gagne : potentiellement les jeunes et leurs familles, si les mesures sont réellement applicables et vérifiables.
Qui perd : les modèles économiques qui bénéficient d’une attention maximale sans contraintes suffisantes. Mais le cœur du système publicitaire et de recommandation demeure largement intact.
Le précédent est particulièrement intéressant pour le Canada et le Québec. Il montre qu’une politique de protection numérique peut dépasser les campagnes de sensibilisation et demander aux plateformes de modifier concrètement leurs produits.
Pour le Québec, où la protection des renseignements personnels est déjà fortement encadrée, la prochaine étape pourrait être de réfléchir davantage à la conception même des environnements numériques destinés aux mineurs : paramètres par défaut, notifications, recommandations, collecte de données et mécanismes destinés à retenir l’attention.
Jusqu’où les gouvernements peuvent-ils modifier les mécanismes économiques des plateformes lorsqu’ils considèrent que ceux-ci nuisent aux utilisateurs?
Sources — 26-27 août 2026
Reuters — Meta reaches $18 billion settlements over children’s social media addiction
France 24 — Bruxelles réclame à Meta qu’il protège aussi les enfants européens
Ce qui soulève des questions
Bill Gates veut parler des risques de l’IA directement avec Xi Jinping
Bill Gates souhaite rencontrer le président chinois Xi Jinping pour discuter de mécanismes internationaux destinés à limiter certains risques avancés de l’intelligence artificielle.
Dans une entrevue accordée à Reuters, Gates estime notamment qu’un accord pourrait devenir possible sur la diffusion de systèmes présentant certaines capacités dangereuses, notamment en biologie, si les États-Unis acceptaient eux-mêmes des restrictions comparables.
L’idée met en évidence un problème que la gouvernance nationale ne peut pas résoudre seule : un système développé dans un pays peut produire des conséquences dans tous les autres. Mais elle révèle aussi une étrange architecture du pouvoir. Une question potentiellement mondiale se retrouve discutée entre dirigeants de grandes puissances, dirigeants technologiques, chercheurs et milliardaires ayant accès aux décideurs.
Ce n’est pas seulement une discussion sur la sécurité de l’IA. C’est une discussion sur qui participe à la définition des limites mondiales.
Les États-Unis et la Chine possèdent une part considérable des entreprises, des infrastructures, des talents et des capacités nécessaires au développement des systèmes les plus avancés. Une coopération entre eux pourrait réduire certains risques.
Mais une gouvernance mondiale qui dépend essentiellement d’un accord entre les acteurs les plus puissants pose aussi une question démocratique : où sont les autres pays, les organisations internationales et les populations qui subiront également les conséquences de ces décisions?
Gates avance également des idées sur le travail, dont la possibilité de protéger une partie des emplois humains ou de taxer certaines formes de remplacement du travail par l’IA. Ces propositions sont intéressantes, mais elles demeurent des propositions personnelles. Une proposition de Bill Gates nous renseigne sur le débat; l’expérience vécue chez Meta, que nous verrons plus loin, nous renseigne davantage sur ce que le système produit réellement lorsque l’automatisation est appliquée à l’organisation du travail.
Le Canada n’a ni la puissance technologique des États-Unis ni celle de la Chine. Cela ne signifie pas qu’il doit rester spectateur.
Il peut défendre une gouvernance multilatérale où les règles de sécurité, les mécanismes de vérification et les seuils acceptables ne sont pas définis exclusivement par les deux grandes puissances technologiques. Le choix stratégique consiste donc aussi à déterminer dans quelles coalitions internationales le Canada veut peser et quelles capacités scientifiques indépendantes il doit conserver.
Une gouvernance mondiale de l’IA peut-elle réellement être légitime si ses règles sont d’abord négociées par ceux qui possèdent déjà l’essentiel du pouvoir technologique?
Source — 26 août 2026
Reuters — Bill Gates, alarmed by AI, has policy ideas he wants to discuss with China’s Xi
OpenAI construit maintenant ses propres puces
OpenAI a présenté les premiers résultats de Jalapeño, sa première puce conçue spécifiquement pour faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle.
L’inférence est simplement le moment où un modèle déjà entraîné utilise ce qu’il a appris pour produire une réponse. Chaque fois qu’un assistant d’IA répond à une question, il effectue de l’inférence.
OpenAI affirme que Jalapeño atteint des performances de pointe en rapidité et en efficacité énergétique dans ses tests. L’entreprise prévoit commencer à utiliser la puce dans sa propre infrastructure avant la fin de 2026. Mais la nouvelle importante n’est pas seulement technique. OpenAI développe des modèles, des produits, des logiciels et maintenant ses propres puces. L’entreprise cherche donc à contrôler une part toujours plus grande de la chaîne nécessaire au fonctionnement de l’IA.
La tendance à l’intégration verticale se poursuit. Celui qui maîtrise simultanément les modèles, les logiciels et une partie de l’infrastructure physique réduit sa dépendance envers ses fournisseurs — mais augmente aussi son contrôle sur l’écosystème.
Qui décide : de plus en plus, les grandes entreprises capables de financer toute la chaîne.
Qui gagne : OpenAI peut réduire certaines dépendances et optimiser ses systèmes pour ses propres besoins.
Qui risque de perdre : les acteurs plus petits, les chercheurs et les organisations qui doivent acheter l’accès à une infrastructure qu’ils ne peuvent eux-mêmes construire. Ce n’est donc pas seulement une nouvelle puce. C’est un nouvel étage de la concentration du pouvoir IA.
Le Canada possède une recherche en intelligence artificielle reconnue, mais demeure fortement dépendant d’infrastructures, de puces et de plateformes étrangères.
La question stratégique devient alors celle de la capacité réelle : peut-on parler de souveraineté en IA lorsque l’essentiel du calcul dépend de quelques entreprises étrangères? Cela ne signifie pas que le Canada devrait fabriquer seul toutes ses puces. Cela signifie qu’il doit savoir quelles dépendances sont acceptables, lesquelles sont critiques et où des capacités nationales ou des alliances diversifiées deviennent nécessaires.
À partir de quel niveau d’intégration une entreprise d’IA cesse-t-elle d’être un fournisseur technologique pour devenir une infrastructure dont les autres dépendent?
Source officielle — 25 août 2026
OpenAI — Jalapeño’s first results show industry-leading speed and efficiency in AI inference
Ce qui n’a pas de sens
SpaceX veut changer l’échelle du spatial — mais qui gouvernera l’infrastructure qui pourrait suivre?
SpaceX a annoncé Starbase Louisiana, un projet évalué à environ 100 milliards de dollars américains sur un terrain d’environ 125 000 acres.
Le complexe doit soutenir les lancements de Starship et les ambitions satellitaires de SpaceX. Ces ambitions comprennent notamment des projets de calcul et d’intelligence artificielle en orbite.
On ne parle donc plus seulement de fusées. On parle potentiellement d’une nouvelle couche de l’infrastructure mondiale de calcul.
Il serait incorrect d’affirmer que SpaceX construit cette infrastructure pour échapper aux lois terrestres. Les sources dont nous disposons ne permettent pas de soutenir cette intention.
Mais il serait tout aussi imprudent de ne pas poser la question.
Que se passe-t-il lorsqu’une partie importante de l’infrastructure informatique quitte physiquement le territoire sur lequel nos règles habituelles ont été conçues?
Les centres de données terrestres doivent composer avec les règles sur l’énergie, l’eau, l’environnement, l’aménagement du territoire, la sécurité et parfois la souveraineté des données. Une infrastructure orbitale ne supprime pas nécessairement ces obligations, mais elle complique considérablement la question de la juridiction.
La question devient donc légitime : le déplacement du calcul vers l’espace pourrait-il, volontairement ou non, permettre à certains acteurs d’échapper à une partie des contraintes législatives, environnementales ou démocratiques conçues pour les infrastructures terrestres? La réponse n’est pas établie. C’est précisément pourquoi il faut poser la question avant que l’infrastructure soit devenue incontournable.
Le Canada est à la fois un pays spatial, un partenaire des États-Unis et un territoire qui dépend massivement d’infrastructures numériques étrangères.
Il devrait donc s’intéresser dès maintenant aux règles applicables au calcul orbital : juridiction, responsabilité environnementale, données, sécurité, concurrence et accès. Attendre que ces infrastructures soient déployées pour déterminer comment les gouverner reviendrait à reproduire une erreur déjà commise avec les plateformes numériques : réglementer après que les rapports de pouvoir se sont installés.
Si une partie du calcul mondial migre un jour vers l’orbite, quelles lois s’appliqueront réellement — et qui aura le pouvoir de les faire respecter?
Sources — 25-26 août 2026
Reuters — SpaceX to build Starship spaceport in Louisiana
Futura — SpaceX dévoile une base spatiale aux dimensions presque irréelles
Meta a essayé d’imaginer une entreprise beaucoup plus automatisée. La réalité a résisté.
Une enquête de Reuters publiée cette semaine révèle les difficultés rencontrées par Meta dans un projet interne de transformation du travail autour de l’IA.
Le projet envisageait des équipes beaucoup plus petites, appuyées par des agents d’intelligence artificielle capables d’effectuer certaines tâches de manière autonome. Dans certains scénarios, la taille des équipes devait être réduite de façon considérable.
Mais l’expérience s’est heurtée à la réalité : résistance interne, chute du moral, problèmes de fiabilité et de sécurité des outils et gains de productivité moins importants qu’espéré. Une deuxième phase majeure de restructuration aurait finalement été abandonnée.
Encore cette semaine, la tendance à automatiser le travail se poursuit. Mais quelque chose évolue : nous commençons à disposer d’expériences concrètes permettant de comparer les promesses aux résultats.
L’expérience Meta rappelle que réduire le nombre d’humains ne produit pas automatiquement une organisation plus performante.
Une entreprise est aussi faite de mémoire institutionnelle, de coopération, de confiance, de jugement et de relations humaines. Une IA peut automatiser une tâche sans nécessairement remplacer ce système.
Gates nous aide à réfléchir à ce que nous pourrions décider. Meta nous montre ce qui se passe lorsqu’une organisation essaie réellement de redistribuer le travail entre humains et machines.
Qui décide : principalement la direction.
Qui gagne : potentiellement l’entreprise si les gains de productivité se matérialisent.
Qui absorbe le risque : d’abord les travailleurs lorsque les réductions de postes précèdent la démonstration des gains.
Pour les entreprises et administrations canadiennes, le cas Meta constitue un avertissement utile.
La bonne question n’est probablement pas : « combien de personnes pouvons-nous remplacer? »
Elle est plutôt : « quelles tâches pouvons-nous transformer tout en conservant les compétences, la responsabilité et la capacité humaine nécessaires au fonctionnement de l’organisation? » Cela implique formation, consultation des travailleurs, mesure réelle des gains et mécanismes permettant de revenir sur une automatisation lorsqu’elle dégrade le service ou le travail.
Qui devrait avoir le pouvoir de décider qu’un gain de productivité attendu justifie la suppression d’emplois avant même que ce gain soit démontré?
Source — 26 août 2026
Reuters Investigates — Mark Zuckerberg had a bold plan to replace Meta staff with AI. Here’s how it imploded
À surveiller
Le Brésil expérimente une autre forme de souveraineté en IA
Le Brésil vient d’annoncer environ 2,3 milliards de reais — environ 444 millions de dollars américains — d’investissements dans des infrastructures nationales d’intelligence artificielle.
Ce qui rend la stratégie particulièrement intéressante n’est pas seulement son ampleur. Un projet doit utiliser des technologies chinoises, notamment de Huawei et iFlytek. Un autre devrait utiliser des technologies de Nvidia, entreprise américaine. Le Brésil développe parallèlement un service national d’informatique en nuage, un centre consacré à la transparence des algorithmes et des initiatives dans les semi-conducteurs.
Le choix est explicite : éviter de dépendre entièrement d’un seul pays ou fournisseur.
Le Brésil offre ici davantage qu’une comparaison exotique. Son approche mérite d’être étudiée comme modèle possible de souveraineté pragmatique.
La souveraineté numérique ne signifie pas nécessairement tout construire soi-même. Un pays de taille moyenne peut plutôt chercher à diversifier ses dépendances, conserver certaines infrastructures stratégiques sur son territoire, développer ses propres compétences et éviter qu’un seul fournisseur puisse dicter ses choix.
Pour le Canada, qui est profondément intégré à l’écosystème technologique américain, cette approche soulève une possibilité intéressante : diversifier davantage fournisseurs, technologies ouvertes et infrastructures nationales afin de conserver une capacité de négociation.
Pour le Québec, l’enjeu est également linguistique et culturel. Disposer de capacités de calcul et de recherche ne sert pas uniquement l’économie : cela peut déterminer qui peut développer des systèmes adaptés au français, aux institutions québécoises et aux données locales.
Le modèle brésilien ne doit pas être copié tel quel. Mais son principe mérite attention : la souveraineté peut être une stratégie de diversification plutôt qu’une impossible autarcie technologique.
Source — 20 août 2026
Reuters — Brazil launches AI supercomputer push, splits projects between Chinese, US firms
Matrice prospective
| Signal | Trajectoire | Enjeu | Horizon |
|---|---|---|---|
| Puces propriétaires | OpenAI contrôle davantage sa chaîne technologique | Concentration et dépendance | Court terme |
| Infrastructures orbitales | Le calcul pourrait progressivement quitter les seuls centres de données terrestres | Juridiction, environnement, souveraineté | Moyen / long terme |
| Souveraineté par diversification | Le Brésil répartit ses dépendances entre plusieurs blocs technologiques | Autonomie stratégique | Court / moyen terme |
| Régulation par conception | Les gouvernements interviennent directement dans les fonctionnalités des plateformes | Pouvoir public vs plateformes | Court terme |
| Automatisation organisationnelle | Les entreprises testent des équipes plus petites appuyées par des agents IA | Travail, responsabilité, partage des gains | Immédiat |
Lecture rapide : la tendance se poursuit, mais elle change d’échelle. Les entreprises ne cherchent plus uniquement à construire les meilleurs modèles : elles veulent maîtriser l’infrastructure qui les fait fonctionner. En parallèle, certains États commencent à comprendre que leur autonomie dépendra de leur capacité à conserver des options.
Lecture stratégique de la semaine
Matrice de maturité éthique
| Niveau | Signal | Situation | Risque |
|---|---|---|---|
| Progression | Protection des jeunes | Des contraintes commencent à toucher directement la conception des plateformes | Contournement ou mesures insuffisantes |
| À construire | Coopération États-Unis–Chine | Le besoin de coordination mondiale est reconnu | Gouvernance réservée aux acteurs dominants |
| Zone de concentration | Jalapeño | Intégration croissante modèles–logiciels–puces | Dépendance accrue |
| Zone expérimentale | IA et organisation du travail | Les promesses de productivité rencontrent la réalité organisationnelle | Coûts transférés aux travailleurs |
| Zone institutionnelle immature | Calcul orbital | Les ambitions industrielles précèdent largement la gouvernance | Vide ou fragmentation réglementaire |
La maturité technique continue de progresser plus rapidement que la maturité institutionnelle. Mais un signal nouveau apparaît : les gouvernements commencent davantage à agir sur l’architecture des systèmes plutôt qu’à simplement demander aux entreprises de s’autoréguler.
Carte des tensions de gouvernance
| Axe | Pôle 1 | Pôle 2 | Signal |
|---|---|---|---|
| Infrastructure | Concentration | Souveraineté | OpenAI / Brésil |
| Géopolitique | Compétition | Coopération | Gates / États-Unis / Chine |
| Travail | Automatisation | Organisation humaine | Meta |
| Plateformes | Liberté de conception | Protection collective | Meta / mineurs |
| Espace | Expansion technologique | Gouvernance territoriale | SpaceX |
Interprétation : le centre de gravité se déplace. Celui qui possède les infrastructures possède une capacité croissante de définir les conditions dans lesquelles les autres pourront utiliser l’IA. C’est pourquoi la stratégie brésilienne est particulièrement intéressante cette semaine : elle montre qu’un État peut tenter de préserver des options avant que ses dépendances deviennent irréversibles.
Boussole stratégique — IA de sens
| Dimension | Question | Lecture |
|---|---|---|
| Pouvoir | Qui contrôle? | Les acteurs possédant modèles et infrastructures renforcent leur position |
| Gouvernance | Qui décide? | Les États commencent à reprendre du terrain, mais de manière inégale |
| Économie | Qui gagne? | Les détenteurs de plateformes, de calcul et de capitaux conservent l’avantage |
| Travail | Qui absorbe le risque? | Les travailleurs peuvent encore porter le coût d’expériences d’automatisation incertaines |
| Souveraineté | Peut-on encore choisir? | Oui, mais seulement si les dépendances sont anticipées et diversifiées |
| Démocratie | Qui fixe les limites? | Trop souvent encore un petit nombre d’entreprises et de puissances |
Outils utiles
| Outil | Contexte | Fonction | Utilité |
|---|---|---|---|
| Perplexity Portable Computer | IA locale et contrôle des données | Certaines tâches et données peuvent rester sur l’ordinateur; recours distant lorsque nécessaire | Intéressant pour réduire la dépendance systématique au nuage et conserver davantage de données localement |
| Slack Code | Collaboration humains-agents | Espaces où équipes et agents IA travaillent ensemble sur des projets de programmation | Le travail de l’IA devient plus visible, collectif et révisable |
| ElevenAgents — Procedures | Agents vocaux autonomes | Définition de procédures et d’étapes que l’agent doit appliquer selon la situation | Rend les règles de comportement d’un agent plus explicites, testables et vérifiables |
Autres outils
- Wispr Flow — La plateforme poursuit son évolution vers la dictée, la transcription et les résumés de réunions. Intéressant pour réfléchir à la frontière entre mémoire organisationnelle utile et collecte permanente des conversations.
- Cursor Origin — Cursor peut maintenant héberger directement les dépôts de code utilisés avec ses outils d’IA. L’annonce principale date du 17 août; nous le conservons comme signal d’intégration verticale à suivre plutôt que comme nouveauté stricte de la semaine.
Message clé de la semaine
L’IA devient une question d’infrastructure autant qu’une question d’intelligence. Celui qui contrôle les puces, le calcul, les plateformes, les données et les environnements de travail ne contrôle pas seulement une technologie : il acquiert une capacité de définir les options offertes aux autres. Cette semaine, le Brésil montre cependant qu’une autre stratégie est possible : ne pas confondre souveraineté et autonomie totale, mais préserver suffisamment d’options pour ne pas devenir captif d’un seul acteur.
Conclusion stratégique
Depuis plusieurs semaines, nous observons la concentration du pouvoir autour de l’intelligence artificielle. La tendance se poursuit, mais sa forme évolue. Le pouvoir ne se concentre plus uniquement autour des meilleurs modèles : il descend vers les puces, s’étend aux organisations, transforme les plateformes et pourrait demain atteindre l’infrastructure orbitale.
En parallèle, les contre-pouvoirs commencent à devenir plus concrets. Les États américains imposent des changements à Meta. Le Brésil diversifie volontairement ses fournisseurs. La coopération internationale sur les risques avancés entre dans le débat. Et l’expérience interne de Meta rappelle que même les entreprises les plus puissantes ne peuvent pas simplement décréter que l’automatisation produira les gains promis.
La question stratégique qui relie ces événements est donc moins « jusqu’où ira l’IA? » que « qui conservera la capacité de choisir lorsqu’elle sera devenue une infrastructure essentielle? » Une IA de sens ne demande pas seulement que la technologie soit performante. Elle demande que le pouvoir de décider de son usage ne disparaisse pas à mesure que l’infrastructure se concentre.
P.-S. — Une invitation
Et dans votre organisation, savez-vous vraiment ce que l’IA est en train de changer?
Beaucoup d’organisations utilisent déjà l’IA un peu partout : un outil ici, un assistant là, des automatisations qui apparaissent dans différentes équipes.
Les gains peuvent être réels. Mais les coûts, les pratiques qui se fragmentent et même l’érosion progressive de certains savoir-faire sont beaucoup plus difficiles à voir.
Avec mon partenaire Frédéric Gaurier , spécialiste des opérations et de la chaîne d’approvisionnement, nous avons développé une démarche pour aider les organisations à voir ce qui se passe réellement entre leurs équipes et l’IA.
Pas pour mettre davantage d’IA partout.
Pour savoir où elle crée réellement de la valeur,
où elle commence à coûter plus qu’elle ne rapporte
et où l’humain doit rester pleinement en contrôle.
Nous cherchons actuellement une première organisation partenaire pour appliquer cette démarche sur un cas réel, à des conditions privilégiées, en échange de la possibilité de documenter les apprentissages et les résultats.
Si votre organisation compte environ 20 à 100 personnes, utilise déjà l’IA de plusieurs façons et commence à se demander si elle possède vraiment le portrait complet, cette démarche pourrait être pertinente.
+ Voir ce que permet le diagnostic
À la fin de la démarche, l’organisation sait plus précisément :
- où elle gagne réellement avec l’IA, et où elle peut aller plus loin sans augmenter inutilement le risque;
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- quelles actions concrètes permettent de reprendre le contrôle, et dans quel ordre les mettre en œuvre;
- comment maintenir cette vision dans le temps, avec un tableau de bord et une gouvernance simple.
La démarche comprend une rencontre de démarrage, de courtes entrevues avec les personnes qui utilisent l’IA au quotidien, un échange avec l’équipe technique et un atelier de restitution avec un plan d’action clair.
Nous avons développé une méthode et un outil de diagnostic pour objectiver la situation : l’objectif n’est pas de travailler à partir d’impressions, mais de rendre visibles les usages, les gains, les risques et les zones de perte de contrôle.
Le profil que nous recherchons
- Organisation d’environ 20 à 100 personnes
- Plusieurs usages de l’IA déjà présents, mais encore peu coordonnés
- Une direction qui sent qu’elle n’a pas encore une vue complète de la situation
- Une personne capable de mobiliser les utilisateurs et l’équipe technique
- Entreprise privée ou OSBL significatif, hors fonction publique et parapublique
Vous vous reconnaissez? Écrivez-moi simplement. Nous verrons ensemble si votre organisation pourrait être un bon cas pour cette première démarche.
Et si ce n’est pas pour vous, mais qu’une personne de votre réseau vous vient immédiatement en tête, une mise en relation serait tout aussi appréciée.
✉️ M’écrire pour en discuterL’évolution s’accélère jour après jour avec l’IA et ses impacts. Pendant ce temps, la conscience humaine et l’ordre nécessaire pour y faire face s’érodent encore plus vite.
Les élections provinciales sont débutées. Il me semble approprié de poser les questions qui vont au-delà des tarifs. Nous avons d’énormes enjeux à traiter qui vont impacter notre société pour très longtemps. J’ai publié un article intitulé : Et si le plan IA réussisait où est le plan B? Bill Gates parle cette semaine d’un plan B aussi. Il nous invite à réfléchir sur l’urgence de préparer un plan B issu de nos priorités collectives. L’IA avance tellement vite. Nous sommes à la remorque des géants qui profitent de notre laxisme collectif. J’ai aussi publié un article qui nous rappelle que tout est interrelié, vraiment tout! Parce que je constate autour de moi, une certaine forme de je-m’en-foutisme face aux enjeux actuels. Heureusement que les lanceurs d’alerte comme Yoshua Bengio veillent à nous maintenir éveiller. Es-tu un « doomer » ou un « booster » ?
Savoir c’est pouvoir…. Pouvoir c’est aussi agir! Si tu as besoin de comprendre, n’hésite pas! Je peux approfondir des sujets qui te turlupine. Aussi, SVP partage. Il faut que la population développe son esprit critique afin de participer à la conversation publique. Il y a aussi la question qui s’ajoute chaque jour : si mon compétiteur utilise l’IA vais-je prendre du recul pour ma propre entreprise? Si cette question résonne, fais-moi signe!
La Brigade IA reprend son envol. Je suis toujours assignée sur le chamtier « Base culturelle et sécuritaire » dans un groupe très dynamique pour établir les guides de politique interne pour l’utilisation de l’IA. Si tu veux comprendre la Brigade IA en une image clique ici.. Une politique interne d’usage de l’IA est fondamentale dans la volonté de faire de l’IA de sens.
Bonne journée!
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