Journalisme à l’ère 2.0 : le pouvoir d’abattre ou le devoir de débattre?

J’ai vécu toute une expérience avec le lancement de mobybak la semaine dernière. Ce fut un véritable marathon avec le milieu journalistique qui a saisi la nouvelle au bond pour créer un peu de sensation et de provocation dans leur média respectif. Entre des animateurs radio et des journalistes trop contents de crier à l’invasion et la paranoïa de la surveillance et ceux trop heureux de voir enfin une alternative aux solutions drastiques proposées pour encadrer les jeunes au volant comme le couvre-feu, il ne semblait pas y avoir de place pour une position ambigüe.

Des débats à sens uniques à l’ère de l’interactivité!

C’est quand même curieux de constater que certaines personnes agissant à titre d’animateurs prétendent stimuler des débats avec le public, alors qu’ils ne laissent aucune place pour les opinions contraires à la leur. Ils annoncent d’emblée un débat par exemple sur le nouveau système de repérage par GPS de mobybak et la minute après, me voilà en entrevue expéditive pour savoir si le système pourrait être utile aux couples qui souhaitent surveiller leur conjoint. Une utilisation dérivée d’un système qui n’a pas été conçu pour ça et surtout qui vise d’abord à faire la promotion des bonnes habitudes de conduite et non des bonnes règles de conduites morales. Aucune question sur l’utilité de notre outil de coaching. Finalement, le débat n’est pas encore commencé qu’il est déjà dévié. Le pire c’est que même dans leur site, la capacité de nourrir le débat lancé était inexistante. Un débat à une vitesse… la leur et surtout à un sens unique!

J’écoutais un épisode de Mirador et le fils ambitieux disait de son père qui a subit une commotion cérébrale : « Le père n’a plus de filtre, il dit

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Redéfinir l’analphabétisme à l’ère des technologies!

Il y a trois ans, j’écrivais un article sur la fracture numérique. Je parlais d’analphabète de l’an 2000 en discutant du phénomène entre branchés et déconnectés. Cet article est encore d’actualité à mon grand regret. Quoique l’écart de la fracture semble peu à peu se rétrécir entre chaque rive (d’un côté les branchés et de l’autre, la nouvelle solitude des déconnectés), je dois dire très honnêtement, que le fossé lui, devient plus creux en terme de profondeur. Plus les branchés maîtrisent les outils technologiques, plus la pente des techno nuls qui résistent devient difficile à négocier. Ainsi, au début de 2008 lorsque je donnais de la formation à de futurs entrepreneurs, je trouvais déjà aberrant et inconcevable qu’un entrepreneur en herbe n’ait pas d’ordinateur ou pire, qu’il ne sache pas s’en servir. Aujourd’hui, rare sont les personnes qui n’ont pas accès à un ordinateur. Mais la question est : quel genre de modèle et surtout quelle genre de connexion le néophyte a-t-il pour apprivoiser ce monde parfois trop complexe?

L’équipement et les logiciels y font pour beaucoup!

Je reviens de vacances et j’ai fait de longues distances en vélo. Moi qui n’a pas l’habitude, je dois dire que mon corps m’a fait savoir par plus d’un muscle qu’il était temps que je m’y mette. Mais j’ai surtout constaté que le vélo y fait pour beaucoup. Me voilà quitte pour l’achat d’un vélo plus léger et des poignées plus ergonomiques en passant par des vêtements plus adaptés. Normal non? Même chose avec les ordinateurs. Si vous souhaitez haïr l’ordinateur pour le restant de vos jours, commencez avec l’ordinateur du beau-frère ou le mien qui vient de me faire 7 « blue screen » pendant que j’écris ce billet (je sais, c’est l’alerte générale et je suis un peu stressée). C’est assez pour arrêter avant de commencer. La connexion Internet y fait pour beaucoup aussi. Imaginez que vous cherchez sur Google et vous obtenez votre réponse 1000 ans plus tard (en temps Internaute ou avec un modem), vous allez détester faire des recherches c’est garantie. Vous comprenez l’idée n’est-ce pas? C’est exactement ce que l’on fait dans les écoles, les centres d’hébergement ou les organismes sans but lucratif, on récupère le vieux matériel et on créé une nouvelle race de techno nuls frustrés avant de commencer à apprécier. Le summum, c’est aussi de travailler avec des versions désuètes de logiciels populaires ou de fureteurs qui deviennent incompatibles avec tout le monde. Pour un néophyte, ça créé de la résistance inutile, car il ne comprend pas pourquoi il est le seul à vivre des problèmes. C’est mieux que rien vous me direz, mais je ne parie pas ma chemise sur les effets secondaires. L’idée ici est de valider avec ceux qui résistent aux nouvelles technologies, si tout cela ne vient pas d’une mauvaise expérience avec du mauvais équipement.

Comment ne pas s’inquiéter du phénomène de l’analphabétisme moderne?

Il est parfois réellement inquiétant de constater à quel point les jeunes ne savent plus écrire, même s’ils peuvent écrire des centaines de textos par jour. Je comprends les employeurs et les parents d’être préoccupés par le phénomène. Par contre, dans une société qui vieillit, l’allergie aux technologies pour une certaine catégorie de la population est toute aussi préoccupante. Tour à tour, les instances gouvernementales numérisent de nombreux services, même chose avec les compagnies publiques qui nous convainquent de passer à la facturation Internet ou maintenant la télé qui nous prive des plaisirs analogiques. Décidément, difficile d’imaginer que nous réussirons à sauver les irréductibles déconnectés. Dans notre monde en mutation, vaut mieux avoir les mains pleines de pouces pour survivre à l’impitoyable clavier. Je dis pleine de pouces parce que c’est prouvé que les jeunes sont en mutation physique. Ils se servent plus de leurs pouces que de leur index. Demandez à un jeune d’appuyer sur le bouton d’une sonnette de porte pour voir ; 99% Lire la suite

La synchronicité des communications, vous connaissez le sens réel?

TextoIl m’arrive depuis un bon moment de constater que communiquer est plus difficile qu’auparavant. Pourtant, je n’ai jamais eu autant de moyens de communication à ma disposition. En réfléchissant à la question, j’ai réalisé que quantité n’était certainement pas synonyme de qualité. Avec les tonnes de courriels que nous recevons (pour ma part, je ne cesse de m’étonner du nombre croissant), la messagerie instantanée, les « crackberries », iPhone, les téléphones cellulaires, les messages textes, les téléphones analogiques du bureau et de la maison, le courrier ordinaire du bureau et de la maison etc., garder le fil est un réel défi.

Nous développons des trucs pour prendre des raccourcis, parfois heureux, parfois un peu moins, afin d’être « efficace ». Pour des messages compliqués et longs, le courriel est un bon moyen. Il assure la clarté (dépendant qui l’écrit évidemment) et permet des liens ou des fichiers qui complètent l’information. Je suis toujours un peu surprise que certains utilisent le courriel comme moyen de communication instantanée comme si nous étions tous branchés sans fil en tout temps.

Probablement parce qu’en réalité certains le sont et qu’ils ne prennent aucun répit, pas même en meeting avec le patron et les collègues, 5 minutes pour répondre en moyenne selon une étude. D’où l’expression née de la contraction des « crackspots » avec « Blackberry » soit les « crackberries ». Des maniaques de textos, que je suis devenue en 6 mois à peine. Donc, nous pouvons même oublier que le téléphone est encore un moyen fort utile pour régler une question efficacement, l’échange est immédiat et l’émotion est claire. Donc pour la pinte de lait, le message texte est parfait, mais pour le menu de ce soir pas vraiment!

Rejoindre des clients potentiels ou des fournisseurs : un jeu de chat et de souris!

J’ai aussi remarqué que certains messages trouvent la voie pour ne pas être entendus ou lus et d’autres trouvent toujours leur chemin pour être vus ou entendus et parfois aussi par des destinataires inutiles voir nuisibles. Ainsi, la notion de synchronicité vient s’ajouter à la notion d’adéquation du moyen utilisé en fonction de son interlocuteur. Soyons honnête, vous connaissez sûrement des gens qui n’ouvrent pas souvent leur boîte de courriel et qui plus est, ne savent pas ouvrir le fichier « zip » joint? Ou des gens qui ne regardent pas leur boîte de messages pourriels et qui perdent des messages importants? Ici on peut parfois questionner la bonne foi, le cyber espace a le dos large pour des retours d’appels ou de courriels qui ne viendront jamais!!! Il est même frustrant de faire du démarchage d’affaires, car on se heurte à un mur de tous bords et tous côtés.

Savoir choisir le meilleur moyen de communication Lire la suite

Comment définit-on un entrepreneur handicapé?

L’été 2011 m’aura fait vivre toute une expérience avec un groupe d’entrepreneurs bien spécial. Action des femmes handicapées (Montréal)
a organisé un cours de lancement d’une entreprise en collaboration avec le CEFQ. Ces entrepreneurs m’ont enseigné bien plus que ce que j’ai pu leur apprendre. Entre des couples d’entrepreneurs malentendants et sourds, des personnes à mobilité réduite, d’autres souffrant de maladies dégénératives ou survivantes de cancer, certaines affligées de paralysie cérébrale et tutti quanti au rayon des handicaps, je crois que la plus handicapée finalement c’était moi. Enseigner le marketing, le branding et le Web à de futurs entrepreneurs motivés comme pas un, s’est avéré pour moi une véritable révélation sur la force et le courage humain. Après avoir enseigné à une multitude d’entrepreneurs de tous acabits, en bonne forme physique et sans handicaps apparents, j’ai réalisé que ces entrepreneurs ont un cœur gros comme la terre. Oui, c’est bien de là qui vient le mot « courage », avoir la rage au cœur, la volonté d’aller plus loin malgré les obstacles que la vie a mis sur leur route.

Une conception des affaires à la mesure de leur courage

Vous savez que les plus grands militaires sont souvent réputés pour leur courage. Si cette définition est vraie pour tous ceux qui ont mis leur vie en péril pour la paix dans le monde ou pour la liberté des uns au détriment des autres, je dois dire que chacun des entrepreneurs que j’ai rencontré avait sa propre bataille et ce, à tous les jours. Je peux donc affirmer que le courage va bien au-delà de notre conception héroïque et patriotique et c’est vraiment une affaire de cœur. Je lisais par hasard dans ma revue de presse que le nouveau président de GM, Dan Akerson était sans contredit à la tête d’une nouvelle escouade militaire ayant comme mission de produire des voitures et des camions mieux que les autres. Cet ancien militaire a peu d’intérêt pour les voitures, mais en revanche a une passion pour le travail. Pour lui, la survie de GM passe d’abord par la fin de « Generous Motors » comme il aime le dire. Pour lui les affaires c’est la guerre. Des heures de travail qui ne doivent plus se compter et surtout que personne ose se plaindre de son sort : il pourrait être sur la longue liste de ceux qui n’ont plus d’emploi chez GM. Donc entre un ex militaire devenu PDG et Lire la suite