L’avenir n’est que perceptions : l’ingénierie sociale comme solution

Depuis le début de la course à la présidence des É.-U., je ressentais un serrement au cœur et au ventre à la perspective de voir un criminel (autorisé à briguer le suffrage contre toute logique) remporter les élections. Le coup fatal a été porté lors de sa victoire. J’ai écrit un billet assez émotif sur le coup de la confirmation, mais surtout bien senti sur le point de bifurcation inquiétant qui venait d’émerger pour l’avenir.

La liberté, cette valeur fondamentale depuis ses pères fondateurs, avait déjà pris un autre sens dans ce pays pourfendeur de cette valeur sur la planète. Je les imagine à penser à la constitution, ils n’avaient pas prévu ce scénario de toute évidence. Celui d’un paria (désolé pour ses admirateurs et sa cour) qui pourrait grâce à des contributions indécentes de milliardaires revenir comme un roi vengeur pour faire payer ceux et celles qui avaient essayé de faire respecter l’ordre et la loi face à ses agissements aussi amoraux qu’illégaux. Les pères de la constitution n’avaient pas plus anticipé les manquements au serment du Président de protéger la constitution et tous les États-Uniens sans exception.

Ce problème pourrait rester le leur à l’intérieur de leur propre pays, s’il ne semait pas le chaos partout avec leurs alliés de toujours. Nous voilà, Québécois de souche, devenus Canadiens de résistance par un vent d’agressivité du sud que nul n’avait vu réellement venir. Les fervents adeptes de Trump qui imitaient sa philosophie, pour ne pas dire sa recette, ont même eu à changer de stratégie pour éviter de perdre les prochaines élections. Tu devines qui !?!

Cette semaine, j’ai même reçu un appel pour soumettre ma candidature pour représenter le parti libéral dans une circonscription « Bloc » aux prochaines élections fédérales. Je n’ai aucune carte de partis politiques. Mais une amie m’a recommandé. J’ai discuté avec la députée libérale pour découvrir comment se passait le recrutement. J’ai été peu étonnée de voir que finalement, les libéraux osent chercher des candidats autres que des candidats « poteaux » dans des fiefs habituellement perdus d’avance. Ils ont espoir d’une vague d’unité nationale à la manière du NPD dans le temps de Jack Layton où la « candidate » désormais célèbre « Ruth Ellen Brousseau » a été élue contre toutes attentes, même les siennes.

Tout cela pour dire que le cauchemar trumpiste actuel fait bien des vagues et pour ne pas dire des tsunamis. La trumpaganda fait des heureux parmi les dictateurs de la planète et leurs électeurs armés jusqu’aux dents et éduqués jusqu’aux orteils. Sans oublier les riches jusqu’aux oreilles et par-dessus la tête, ou toutes les têtes.

Pendant ce temps chez nous, la fibre canadienne fait voir des feuilles d’érable partout et nous rappelle que l’achat chez nous est primordial pour rééquilibrer les forces du mal en action. Devant un ennemi commun, nous sommes unis envers et contre un. Une aubaine pour nos compagnies locales qui rivalisent d’imagination pour nous rappeler qu’elles sont québécoises et canadiennes.  Qualinet m’a fait bien rire avec sa pub.

Mais peu importe comment je regarde la situation, ou bien que les milliers d’experts, diplomates, électeurs, gouvernements mondiaux et élites sensées la regardent, le chaos est la seule certitude. Ce virus du protectionnisme ne semble pas avoir de vaccin sauf les « tarifs » pour celui qui a contaminé le monde et veut le mettre à ses genoux.

Pendant ce temps, les complotistes s’en donnent à cœur joie avec leurs théories sans fondements. Le monde à multiples vérités bat son plein, comme si nous étions dissociés collectivement. Nous pourrions croire que nous sommes dans une version de la série « Dissociation » et les trumpistes et complotistes vivent dans le sous-sol de Lumon en oubliant la réalité extérieure. Pas une seule journée ne passe sans que la mâchoire me décroche devant la bêtise ayant dorénavant un trône.

Musk qui a oublié qu’il était avant tout un homme d’affaires qui ne s’occupe plus de ses affaires, vante les économies faites à la tronçonneuse sans montrer aucune preuve tangible ou lorsque qu’ils en présentent, elles sont littéralement gonflées et exagérées. Et ses fervents admirateurs en redemandent et gobent à la petite cuillère les âneries débitées de manière solennelle quotidiennement par la porte-parole qui croit tout ce qu’elle dit. La technique « flood the zone » fonctionne à merveille, les médias sont totalement étourdis, comme nous.

L’opinion publique mondiale se polarise davantage chaque jour. Je vois des connaissances qui souhaiteraient voir un « Musk » ici chez nous avec sa tronçonneuse et même ailleurs en France à lire les différents commentaires dans les publications. Les « maudits » libéraux ont cassé le Canada, les maudits démocrates ont cassé les É.-U., les maudits centristes de gauche à Macron ont cassé la France et tutti quanti. En vérité, ce qui est cassé, c’est le modèle économique totalement inadapté à la nouvelle réalité environnementale et sociale.

Les opposants critiquent à chaque occasion les décisions antérieures qui ont coûté beaucoup d’argent aux contribuables. Mais ils oublient que sans les vérificateurs indépendants, ces scandales à la SAAQclic et l’application de la Covid ou le système de la paie au Fédéral par exemple, les citoyens n’en sauraient rien. Rôles que Trump a mis à la porte pour nommer ses fidèles et loyaux sous-fifres afin d’annuler les enquêtes sur les différentes entreprises de Musk. Un des « paybacks » pour l’investissement de Musk dans le projet 2025 de Trump. Preuve que l’argent peut acheter tout, enfin presque.

De tous les temps, de nombreuses anomalies de la gestion des finances publiques ont ponctué le règne de chaque parti au pouvoir. On a déjà eu les années « Harpeur », il ne faudrait pas l’oublier. Bref! C’est assez hallucinant de voir les supporteurs de cette vague d’attaques à la démocratie et aux droits de la personne se réjouir de la situation et souhaiter le retour au conservatisme.

Même des personnes que je croyais connaître me scient les deux jambes avec leurs publications aussi fausses que désobligeantes. On dirait des enragés qui profitent des tensions pour en rajouter et se défouler. Le monde est frustré, il n’y a aucun doute. Le thermomètre populiste fracasse des records de température. Je connais très peu de personnes qui ne soient pas dégoûtées du manque de rigueur dans la gestion des finances publiques. Nous sommes tous d’accord que le statu quo n’est plus une option. Est-ce que la méthode « tronçonneuse » est la bonne? Je n’en débattrai pas ici.

Frapper sur le mauvais clou n’est pas la solution

Je me couche le soir en me demandant pourquoi les « DEI » (Diversité, Équité et Inclusion) nuisent-ils tant à leur vie de milliardaires. Comme si donner une chance égale à compétences égales à tous sans racisme, sexisme, homophobie et avec handicap pour un emploi pouvait changer quelque chose à leurs privilèges de riches.

Comme si le sang de ceux qui ne pensent pas comme eux avait la moindre influence dans les compétences. Comme si le problème de Fentanyl leur faisait verser la moindre larme ou provoquer la moindre émotion. Quels genres de cerveaux lobotomisés peuvent même imaginer des choses aussi inhumaines? Comment une infime minorité de transgenres peut-elle à ce point nuire à leurs valeurs et les empêcher de vivre leur vie normalement? Comment peut-on profiter du malheur des toxicomanes pour négocier de fausses conditions avec ses alliés?

Je n’ai pas nécessairement un doctorat en la matière, mais je sais une chose, chacun a le droit de vivre sa vie à sa manière. Faut être foutrement insécure pour penser que les enfants vont changer de sexe ou d’orientation parce que nous en parlons. Faut être foutrement fêlé pour éliminer les données sur le climat, les textes de loi sur le « DEI », les données scientifiques sur les virus et les vaccins, l’éducation sexuelle d’ouverture et j’arrête ici, parce que j’ai mal au cœur et à ma dignité humaine basée sur des valeurs de justice et d’équité, mais surtout de liberté de choix et d’être.

Il faut aussi être foutrement imbu de soi-même pour penser qu’en tant qu’homme, on a le droit de gérer le corps des femmes et de faire des lois en ce sens. C’est comme si une femme au pouvoir décidait de faire castrer tous les hommes qui ont violé ou « grabbé des pussys » ou leur imposer la vasectomie pour les empêcher de se reproduire lorsqu’ils fécondent un ovule sans le consentement de la femme. On la traiterait sûrement d’hystérique et on dirait qu’elle se mêle du corps des hommes sans droits souverains sur ceux-ci. Et pourtant? Ils sont des millions à trouver normal que les hommes le fassent.

En attendant, les seules promesses qui ont fait élire Trump; régler l’immigration et réduire le coût du panier d’épicerie ne sont pas près d’être réalisées. La grogne s’élève partout et la lune de miel pourrait se terminer très rapidement avec les énormités qui se déroulent sous nos yeux écartillés de consternation. La Russie est notre voisin de frontière dorénavant. Et nul doute que ce cauchemar ne fait que commencer. Je ne suis pas « Woke », mais je vois clair comme la majorité des gens encore sensés. Le coup de pied dans le nid de guêpes a été donné, et il n’y aura que des perdants… à moins que….

Et maintenant?

Parlons d’ingénierie sociale

Après ma longue mise en contexte, j’aborde avec conviction le sujet en titre. Peu de gens sont conscients que nous sommes actuellement dans une opération d’ingénierie sociale opérée par le duo Trump et Musk depuis un bon moment. Cette tactique peut être définie comme l’ensemble des techniques de manipulation ou d’influence visant à inciter un individu ou un groupe à adopter un comportement spécifique, souvent en exploitant des mécanismes psychologiques, cognitifs ou sociaux. Je pense que Hitler n’a pas inventé cette méthode, mais il a démontré que ça fonctionne à merveille tant que le vent souffle en sa faveur. Les dictateurs excellent en ingénierie sociale et les outils technologiques les maintiennent dans leur autoritarisme et leur tyrannie un peu plus chaque jour.

Caractéristiques essentielles de l’ingénierie sociale :

  • Elle repose sur la compréhension des comportements humains et des dynamiques sociales.
  • Elle peut être utilisée à des fins malveillantes (fraude, désinformation, manipulation politique) ou constructives (éducation, sensibilisation, mobilisation citoyenne).
  • Elle s’appuie sur divers leviers psychologiques, tels que l’autorité, l’urgence, la pression sociale, la curiosité ou la confiance.

Deux dimensions de l’ingénierie sociale

DimensionExemple négatif (malveillant)Exemple positif (constructif)
Manipulation cognitiveDésinformation et fake news pour influencer une élection.Campagne éducative pour sensibiliser aux dangers des fausses nouvelles.
Exploitation des émotionsEscroquerie basée sur la peur (« votre compte est compromis, cliquez ici! »).Campagne de santé publique jouant sur l’empathie pour encourager la vaccination.
Utilisation des normes socialesPression pour conformer les opinions à une idéologie autoritaire.Encouragement à adopter des comportements écologiques via l’exemple collectif.
Incitation à l’actionPiratage via hameçonnage (phishing).Formation en cybersécurité avec tests simulés pour renforcer la vigilance.

Une approche neutre et objective

L’ingénierie sociale est donc un outil de communication et d’influence, dont l’impact dépend de l’intention et du contexte dans lequel elle est utilisée. Elle peut servir à manipuler et exploiter les individus, comme Trump et Musk et leurs idoles le font si habilement et si dangereusement. Ou au contraire, elle peut favoriser la prise de conscience et renforcer la résilience collective face aux défis sociétaux et aider à métamorphoser la société comme le projet de l’Institut d’Écohérence qui prend forme actuellement.

Il ne faut jamais oublier que le futur n’existe pas, il n’est qu’une projection fait de perceptions. Il ne dépend que de nos actions du moment présent alimentées par notre projection du futur souhaité. Nous créons donc le futur à chacune de nos actions du présent. En résumé, le futur est composé de perceptions collectives qui nous orientent vers des actions et des choix cohérents avec nos perceptions individuelles rassemblées en concertation collective. En d’autres mots, s’il y a un concensus social partagé et connu de tous, les décisions sont facilitées et plus susceptibles d’être un succès.

Alvin Toffler (1970 – « Le choc du futur ») avait déjà compris, il y a 55 ans :  “ni utopie, ni dystopie, le futur n’est pas écrit : il est ce que nous voudront en faire,.“ Il promeut l’adaptabilité sociétale (institutions et règles) et la résilience psychologique sociale (les gens, les individus), pour éviter l’effondrement psychologique possible du fait de l’accélération des changements. »

Il n’est pas difficile de comprendre que nous faisons face actuellement à des points de bifurcation majeurs en ce qui concernent notre avenir collectif. Ceci nous oblige à reconsidérer nos certitudes passées. Le futur n’est pas la suite du passé quoiqu’en pensent les experts en futurologie. L’heure n’est plus au « gambling » avec des données du passé qui ne servent plus les prédictions. Le contexte est trop inconnu et radicalement animé par le chaos et l’imprévisibilité.

Nous n’avons jamais eu autant de raisons de nous mobiliser collectivement pour repenser notre cadre de référence sociétale. Remettre en question l’ordre établi pour arriver à vivre dans une société qui mettra l’économie en cohérence avec l’écologie. L’occasion nous est donnée de reconsidérer nos options pour le futur des générations au-delà de commentaires égoïstes que j’ai entendus comme : « y s’arrangeront! ». L’écriture chinoise résume bien le mot crise :

Les climatosceptiques peuvent bien nier les enjeux climatiques. Mais s’ils regardent le monde qui change, ils comprendront ce qui motive l’agressivité de Trump envers ses alliés traditionnels. Ses ambitions actuelles comme annexer le Canada, acheter le Groenland, s’approprier le contrôle du canal de Panama et arracher par le chantage les droits d’exploitation miniers à l’Ukraine (bien qu’au moment d’écrire, il semble qu’un accord (gagnant/gagnant?!?) soit sur le point d’être signé entre l’Ukraine et le POTUS), la guerre contre la gouvernance technologique, que faut-il de plus pour comprendre que la panique est prise chez les milliardaires face aux pénuries réelles et anticipées de ressources naturelles?

Ces agressions reflètent en tous points leurs peurs les plus fondées de manquer de ressources premières et non d’argent. Comme la citation du chef Sioux, Sitting Bull le dit si bien :

« Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson. Alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas.« 

Quand la philosophie d’extrême droite et la technologie se heurtent: un avenir incertain pour l’humanité

Pendant que les climatosceptiques envahissent le discours populiste, nous assistons en direct à la création d’une nouvelle carte géopolitique menée par deux hommes entre le désir d’un passé conservateur et d’un futur technologique débridé. J’ai encore le mot de J.D. Vance qui résonne comme une fausse note ou un trait d’ongles sur un tableau noir qui disait devant les dirigeants européens réunis à Munich pour la fameuse Conférence annuelle sur la sécurité :

« Si la démocratie américaine peut survivre à dix ans de sermons de Greta Thunberg, vous pouvez survivre à quelques mois d’Elon Musk. »

Le futur se déchire comme dans un mauvais rêve et le choc des valeurs n’a jamais été aussi contradictoire et anxiogène. D’un côté, l’élection de Trump a vu une résurgence des philosophies d’extrême droite qui cherchent à ramener le monde à des valeurs conservatrices datant d’un siècle avec une rhétorique nationaliste et conservatrice, et Elon Musk, l’homme le plus riche de la planète, avec ses visions technologiques audacieuses aux côtés de ses compétiteurs du GAFAM qui ne veulent aucune embûche et restriction à leurs ambitions.

Ces idéologies prônent le repli sur soi, le nationalisme exacerbé, et un rejet des avancées sociales et des valeurs libérales. Un déni total des enjeux climatiques et des dangers de l’intelligence artificielle. Trump n’aura de répit que lorsque toutes les politiques auront restreint les droits des minorités, des femmes et des personnes LGBTQ+, et que les institutions internationales et les accords climatiques seront rejetés. Il a déjà réussi en moins d’un mois. Il sourit. Nous sommes sur le …..

Parallèlement, Elon Musk, avec ses entreprises comme Tesla, SpaceX, et Neuralink, pousse l’humanité vers un avenir hypertechnologique. Les voitures autonomes, les robots qu’il veut mettre en marché dès 2027, et l’intelligence artificielle sont au cœur de sa vision. Musk voit dans ces innovations la prochaine étape inévitable de l’évolution humaine, une évolution qu’il perçoit comme positive et nécessaire.

Cependant, cette course à la technologie soulève de nombreuses questions éthiques et sociales. Qui contrôlera ces nouvelles technologies ? Quelles seront les conséquences pour les travailleurs remplacés par des robots ? L’humanité sera-t-elle prête à accepter les implants cérébraux et les voyages interplanétaires ? Ses amis et admirateurs le croient bien intentionné. Les autres doutent avec raison.

Le choc des valeurs : un paradoxe frappant

D’un côté, les conservateurs rêvent d’un monde où le modèle traditionnel d’il y a un siècle serait la norme en éliminant tout ce qui est différent, et de l’autre les technomilliardaires qui rêvent de dominer le monde par la technologie. Comment ce paradoxe peut-il survivre dans le temps?

Une première réponse tient dans le fait que la programmation des algorithmes est sous leur contrôle entier. Ils maîtrisent un des outils critiques de l’ingénierie sociale. Les Muskovites peuvent donc altérer à leur guise les bases de données et les contours de valeurs sans que personne ne puisse comprendre comment faire pour contrôler les anomalies. Les tentatives de gouvernance, bien que limitées, sont un minimum de rempart contre cette menace réelle.

Le monde se trouve donc à un carrefour critique, tiraillé entre des forces conservatrices souhaitant un retour au passé et des innovations technologiques poussées par des milliardaires. Pour naviguer dans ce paysage complexe, il est essentiel de trouver un équilibre entre le progrès technologique et l’évolution sociale.

Sans cela, nous risquons de créer un avenir où les avancées technologiques ne profitent qu’à une élite, laissant la majorité de l’humanité derrière. Il est crucial de réfléchir aux implications éthiques et sociales de ces transformations, pour s’assurer que l’évolution soit bénéfique à l’ensemble de l’humanité.

J’ai écrit un livre sur la souveraineté numérique en 2023, et aujourd’hui, il faudrait déjà avoir la souveraineté économique qui se dirige vers un mur avec la guerre économique lancée par Trump (oui, c’est la vérité contrairement à Trump qui accuse Zelensky d’avoir commencé la guerre et d’être un dictateur ☹).

Avec les multiples défis qui nous forcent à nous questionner sur les actions à prendre pour le futur, voulons-nous réellement que la technologie dicte notre avenir?

Voulons-nous que les maîtres du monde décident à leur guise de nous déconnecter au gré de leur volonté dictée par des valeurs rétrogrades qui renient les valeurs libérales prônant l’égalité, la justice sociale, et la protection des droits individuels? Un monde où la liberté d’expression est confondue avec liberté de diffamation?

Et si nous appliquions la recette de l’ingénierie sociale au service de la collectivité?

Aussi souvent que possible, je m’efforce d’expliquer des concepts complexes en les simplifiant au maximum, mais le défi est grand. Aussi grand que celui de métamorphoser la société.

Mais je crois que la cartographie des perceptions collectives est la réponse aux différents algorithmes de manipulation que nous ne contrôlons d’aucune façon. Un peu comme le mycélium qui agit tel un réseau de communication entre les arbres dans la forêt (Voir Fantastic Fungi), expliciter la conscience collective est l’équivalent d’un système de démocratie participative où les objectifs ne sont pas la recherche de solutions, mais bien de compréhension commune des enjeux que soulèvent des défis hypercomplexes prioritaires afin d’orienter efficacement les chercheurs de solution.

Si nous voulons trouver les bonnes solutions aux mégas enjeux qui nous pendent au-dessus de la tête telle l’épée de Damoclès, il faut d’abord bien comprendre le problème. Einstein disait :

« Si j’avais une heure pour résoudre un problème dont ma vie dépendait, je passerais les 55 premières minutes à chercher la meilleure question à me poser, et lorsque je l’aurais trouvée il me suffirait de 5 minutes pour y répondre »

Une fois que nous avons bien saisi l’hypercomplexité d’un problème et ses ramifications, il est plus facile de trouver la bonne solution. Ceci est de la pure ingénierie sociale orchestrée par la collectivité impliquée au service de la collectivité globale. Si tous nos décideurs et politiciens avaient accès à cette sagesse collective, à cette intelligence non artificielle, mais bien réelle, imaginez à quel point les décisions seraient plus consensuelles.

L’acceptabilité sociale est devenue un enjeu critique pour les décisions des politiciens. Elle ne doit pas être négociée après une décision imposée, mais en être l’origine initialement. Or, nous n’avons jamais eu de tels outils pour bien comprendre les enjeux et les partager collectivement.

Nous avons besoin d’un outil d’ingénierie sociale constructif et dépourvu de biais programmés afin de partager les perceptions collectives et permettre de faire évoluer le discours et les décisions qui en découlent. La vraie démocratie n’est pas un exercice autour de quelques promesses aux quatre ans, mais un accès en continu aux besoins de la société, peu importe qui gouverne. Nous ne parlons pas ici de consultations publiques pour approuver ou désapprouver des propositions ou projets d’une instance gouvernementales ou municipales, mais bien d’une boussole en temps réel en fonction des événements externes pour faire ressortir les enjeux sur lesquels nous devons nous concentrer collectivement. Une agilité démocratique collective qui veille à nous maintenir sur la bonne voie.

Gérer les opérations du gouvernement est une chose qui requiert des responsables et les élections permettent de déléguer ce pouvoir de gestion. Mais les décisions qui concernent l’avenir de notre société en regard des enjeux actuels requièrent une vision qui n’appartient qu’à ses citoyens. Aucun parti politique n’a le monopole de la vérité basé sur des perceptions quant à notre futur. Aujourd’hui plus que jamais, car les enjeux sont trop critiques.

Repenser notre avenir : une démocratie participative face au capitalisme sauvage

En fait, si nous souhaitons changer les choses, il faut déjà commencer par remettre en question l’inertie actuelle. Et pour ça, je continue de dire un grand merci à nos nouveaux voisins, grâce à ce brassage bien involontaire, nous émergerons plus résilient et plus ouvert à changer notre manière de voir l’avenir. Nous avons bien des méthodes différentes et des divergences pour y arriver, mais l’ennemi est commun.

Une approche basée sur la démocratie participative et la cocréation de notre avenir peut métamorphoser la société en rendant l’économie cohérente avec l’écologie et en remplaçant le capitalisme sauvage qui conduit à une régression sociale sans précédent. Ensemble, nous pouvons construire un nouveau futur qui dépasse les limites du capitalisme outrancier et crée un monde meilleur pour tous dans le respect des limites de la biosphère.

Si jamais tu veux faire partie de notre communauté du changement constructif, il faut un début à tout… viens, on va coconstruire un futur dépourvu d’appréhension, mais rempli de bonnes intentions guidées par une volonté de créer la qualité de vie pour tous, incluant notre terre nouricière.

Et à ceux et celles qui ne croient pas à un tel projet ou qui rejettent l’idée qu’essayer est utile, prière de ne pas déranger ceux et celles qui osent tracer un sillon dans une voie qui n’existe pas. Personnellement, je crois que le meilleur remède à l’anxiété est l’action. As-tu mieux à proposer que l’inertie actuelle?

En terminant, les études démontrent qu’il ne faut que 3.5% de la population pour créer un changement majeur dans le cadre de référence d’une société. De la même façon, il suffit de 4% de la population pour faire une rébellion. C’est quand même fou de penser que si nous avons une démocratie aujourd’hui, c’est bien parce que 4% de nos patriotes se sont soulevés. Aujourd’hui, j’ai le goût de me soulever pour changer les choses de manière ultra pacifique et démocratique… et je ne rêve pas… j’agis comme mes collègues qui sont aussi convaincus que moi.

Sylvie Bédard - Mind Drop

PS Si tu veux rejoindre la communauté d’Écohérence, nous avons commencé à construire le 3.5% et comme nous n’avons pas de financement, votre adhésion fait toute la différence.


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