À moins de vivre sous une roche, tu dois bien savoir que nous sommes dorénavant dans un show de télé-réalité que nous pourrions appeler le « Trumpaganda Show ». Nous sommes les otages captifs de ce spectacle aussi désolant qu’anxiogène pour nous tous. autant Québécois, Canadiens, États-Uniens, Mexicains, Panamiens, Groenlandais et autres citoyens du monde par la bande des tarifs.
Ici, je ne parlerai pas d’Elon Muskovite, car lui aussi est au centre du spectacle et il contribue au niveau d’anxiété parmi ses propres concitoyens et même sa clientèle. Qui veut se promener en Tesla en ce moment ou en acheter une? Assez ironiquement, ce même gars qui dit que la pire faiblesse occidentale est l’empathie, il ne comprend pas tant de haine à son égard. Disons que tout est dit, même les pingouins sont d’accord!


Nul doute que le chaos engendré de toutes parts par le cirque dans le Chapiteau-Blanc n’est pas qu’un spectacle de divertissement, c’est un massacre en temps réel diffusé sur toutes les chaînes du monde. J’oserais dire que les montagnes « Russes » ont presque un nom prédestiné à voir la « ride » qu’on prend collectivement avec la bourse et nos humeurs.
Donc, n’écoutant que ma curiosité, j’ai lu, écouté et fais de nombreuses recherches pour comprendre le véritable agenda de Trump, si évidemment, il y en a un.
Eh bien oui! Le Projet 2025 que les démocrates ont brandi comme un bréviaire du mal (le manuel satanique en fait) pendant la campagne électorale que Trump a nié connaître (un autre mensonge de la série « Art of the deal » – Deny, Deny) s’avère bien « Ze plan ». Vous n’avez qu’à consulter le tableau de bord pour suivre l’évolution de sa mise en application et les prochaines étapes. Tout est là, pas de surprises pour ceuzes qui croyaient que tout était improvisé.
Et pour les tenants du « Project 1925 » (le nom sous-entendu) qui prétendent vouloir restaurer la démocratie et rendre la grandeur à leur « Amérique », les choses vont très bien. Tout se détruit, même la confiance en la justice, comme prévu aux vues et au su de tout le monde entier. Une efficacité redoutable cette caravane clownesque au style « It » de Stephen King. En moins de 3 mois, ils ont déjà réussi une très grande majorité de leurs actions comme en fait foi le tableau de bord disponible ici. Nous les voudrions quasiment responsables de nos projets ici pour gérer nos institutions qui ne savent pas ce que la main droite fait et encore moins la gauche.
Bien que la fervente base électorale trumpiste, ces otages affectés du syndrome de Stockholm, en redemande et que Fox News fait perdre toute la crédibilité au journalisme, les indécis qui les ont fait gagner se réveille lentement, mais sûrement. Mais rendons au Projet 2025, ce qui n’appartient pas à Trump! Il n’est que le « Sharpie » qui signe des décrets… le dernier en liste : le débit d’eau pour améliorer la pression de sa douche. Narcisse est peut-être à l’origine du comportement narcissique, mais Trump va certainement finir dans le dictionnaire des superlatifs sous « trumpénisse ». Ça lui va bien je trouve.
Le résultat de mes recherches
Je te préviens, cette prochaine partie de mon billet sera écrite pour être aussi digestible que possible, mais c’est très alambiqué ce qui se passe actuellement et ce n’est pas étonnant que peu de gens en saisissent réellement l’ampleur et la complexité et les interrelations de tout ce massacre économique. Peut-être que toi, tu comprendras mieux, ou pas. Mais essaie au moins.
Ma surprise a débuté en regardant cette vidéo sur le système monétaire qui est comparé à une pyramide de Ponzi. C’est en anglais, mais je recommande l’écoute si tu veux approfondir.
Brève histoire du système monétaire international (tu peux passer et aller au point résumé, mais des éléments clés sont présents pour bien saisir la situation).
Le système monétaire international : une brève histoire
Avant l’argent tel qu’on le connaît
Il y a longtemps, les gens échangeaient des biens directement. Par exemple, une personne qui avait du blé pouvait l’échanger contre un outil ou des vêtements. Ce type d’échange s’appelle le troc. Mais ce n’était pas toujours simple : il fallait que les deux personnes aient quelque chose dont l’autre avait besoin. C’est pour ça qu’on a inventé la monnaie. Le docteur avait souvent plus d’œufs qu’il ne pouvait en manger, il devait les échanger pour du blé ou autre. Tu vois le problème de revenir au troc?
L’arrivée de la monnaie
Au début, la monnaie était souvent faite de métaux précieux comme l’or ou l’argent. Ces pièces avaient de la valeur en elles-mêmes. Par exemple, une pièce en or valait cher parce qu’elle contenait de l’or, un métal rare et apprécié.
Avec le temps, les gens ont commencé à utiliser du papier-monnaie. Mais pour que ce papier ait de la valeur, il devait être lié à quelque chose de concret. C’est là qu’entre en jeu l’étalon-or.
C’est quoi l’étalon-or ?
L’étalon-or, c’est un système dans lequel la valeur de l’argent (comme les billets) est garantie par une certaine quantité d’or. Par exemple, une banque pouvait promettre qu’un billet de 20 $ pouvait être échangé contre une quantité précise d’or. Ça rassurait les gens : le billet avait une vraie valeur tangible.
Pendant longtemps, ce système a aidé à créer de la stabilité dans les échanges entre pays. Si tous les pays s’accordaient sur la valeur de l’or, ils pouvaient mieux échanger entre eux sans que leurs monnaies varient trop.
Pourquoi a-t-on abandonné l’étalon-or ?
Avec le temps, le commerce mondial est devenu plus complexe. Lors de grandes crises comme la Grande Dépression (dans les années 1930)(dont les indices précurseurs se répètent à 100% en ce moment), certains pays ont voulu imprimer plus d’argent pour aider leur économie. Mais l’étalon-or limitait cette possibilité : on ne pouvait pas créer plus d’argent que ce que l’on avait en or. Cela a poussé certains pays à sortir de ce système. Donc, à faire de la monnaie qui avait une valeur intangible.
Le système de Bretton Woods
Après la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les pays se sont réunis à Bretton Woods (aux États-Unis) pour créer un nouveau système. Ils ont décidé que leur monnaie serait liée au dollar américain, et que le dollar, lui, resterait lié à l’or. C’était une sorte d’étalon-or indirect. Ce système a duré jusqu’en 1971. La principale réserve fédérale d’or est détenue à Fort Knox dans le Kentucky. De là, se faisaient les dépôts et les retraits d’or.
Et aujourd’hui ?
Dans les années 1960, plusieurs pays (notamment la France de De Gaulle) ont commencé à demander à échanger leurs dollars contre de l’or. Cela a mis une énorme pression sur les réserves américaines.
Résultat : en 1971, le président Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or. Oui, celui-là qui a dû démissionner avec le scandale du Watergate. C’est la fin du système de Bretton Woods, et le début de la monnaie fiat (fiduciaire), qui n’est plus garanti par l’or, mais uniquement par la confiance dans l’État qui l’émet.
Depuis, ce sont les banques centrales et les marchés financiers qui déterminent leur valeur. On appelle cela un système de changes flottants. Cela donne plus de souplesse, mais aussi plus d’incertitudes, car la valeur d’une monnaie peut beaucoup bouger selon la confiance qu’on lui accorde.
La Dette et le Système Monétaire comme Schéma de Ponzi
Ce système est critiqué pour donner aux gouvernements le pouvoir de créer de la monnaie sans contrainte, ce qui est perçu comme une source d’instabilité économique.
Plusieurs intervenants comparent le système monétaire actuel, basé sur la dette, à un schéma de Ponzi. Lorsque le gouvernement américain a besoin d’argent, il émet des obligations (IOU) achetées par la Réserve fédérale (qui crée la monnaie) et par d’autres acteurs.
Pour rembourser la dette et les intérêts, il faut émettre encore plus de dette. La Chine détient tellement d’obligations des É.-U. achetées en grande quantité lors de la crise de 2008, que le rachat en masse cette semaine a fait reculer Trump sur les tarifs. Le taux d’intérêt montait et donc le coût de la dette grimpait au point de faire craindre une autre crise similaire à 2008 et faire tomber de grandes banques américaines.
Tu te souviens de Bernie Maddoff? Cet escroc qui demeure à ce jour, le créateur de la plus grande pyramide de Ponzi? Et bien, je suis convaincue qu’au sommet de sa réputation, il aurait pu se présenter à la présidence des É.-U et être élu tellement les riches « futurs ruinés » croyaient en lui. Les illusionnistes du succès ont meilleure presse que les gens qui disent la vérité. Cela explique pourquoi les É.-U. ont un méga problème, et nous aussi, car nous sommes intrinsèquement liés à cette économie de pacotille basée sur une pyramide de Ponzi.
résumé sur l’état du système monétaire
En résumé, le système monétaire mondial est basé sur la valeur « perçue » ou de la confiance envers les billets verts ou le dollar US si tu préfères. Tant que le monde s’entend sur la capacité des É.-U. de maintenir le leadership sur la valeur monétaire en tant que valeur « fiduciaire », tout va pour le mieux. Or, rien ne va plus pour le mieux. Cette confiance s’effrite plus vite qu’une neige fondante au soleil. Autrefois perçu comme les stabilisateurs du monde, Trump accélère cette chute de confiance déjà fragile et menace tout l’équilibre mondial en devenant le « déstabilisateur du monde ».
Tu me perds? En termes clairs, les É.-U. sont en faillite technique. Et si c’était une entreprise, ils seraient sous la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies au lieu de la pseudo protection d’un inculte illettré qui n’a jamais lu un livre de sa vie et qui s’en vante. Il a dorénavant le surnom de « gangster of Mar-a-Lago » qui se prend pour un roi et qui a créé une véritable oligarchie. Il fait même des délits d’inités devant les caméras comme si c’était tout à fait normal et légal. Un criminel en charge de la plus gande puissance, ça donne ça!
Le système actuel est décrit comme intrinsèquement instable et dépendant d’une expansion continue de la dette. Les tentatives des gouvernements pour résoudre les crises par des plans de sauvetage et l’impression monétaire ne sont vues que comme des mesures temporaires qui aggravent le problème à long terme.
Tu te souviens de l’excellente série « La casa del papel »? Ils se sont servis brillamment de cette illogique impression massive de monnaie qui dope les économies. Mais en réalité, nous ne vivons pas dans une fiction. Cette impression massive de monnaie est un risque majeur de dévaluation rapide du dollar et de perte de confiance mondiale dans cette monnaie de réserve. Le scénario de l’hyperinflation est évoqué, avec ses conséquences désastreuses sur l’économie et la vie quotidienne de tout le monde.
Retiens que les É.-U. ont un énorme problème à maintenir leur rôle de gardien des valeurs fiduciaires avec leur dette qui ne cesse de croître. Un moment donné, ça va éclater. Est-ce que Trump veut ça? Est-ce qu’il le sait? Bien sûr qu’il le sait, du moins certains sous-fifres lui disent. Ils lui rappellent qu’il est sur le point de faire effondrer l’économie dans sa volonté de sauver la leur. Ses fidèles croient mordicus ce que Trump fait croire lorsqu’il prétend être le maître de l’art de la négociation. Bravo champion!
La vision de l’économiste essayiste français, Charles Gave
Un point de vue européen. Le très volubile économiste Charles Gave était en entrevue avec Mathieu Bock-Côté qui n’a rien à envier côté volubilité et franchement, j’ai été sidéré par ses propos à propos des motivations de Trump. Si tu veux écouter l’entrevue, à partir de la 20e minute, tu ne manqueras rien.
Pour bien comprendre, voici le résumé de cette grande entrevue très pertinente pour comprendre la situation actuelle.
- La situation économique des États-Unis comme contexte aux actions de Trump : Lorsque Donald Trump est arrivé au pouvoir, les États-Unis étaient perçus comme étant en train de perdre une guerre (en Ukraine, avec un armement inférieur à celui de la Russie) et leur leadership militaire était remis en question. De plus, le privilège impérial des États-Unis et la domination du dollar comme monnaie de réserve discuté dans le point précédent étaient en déclin, notamment avec la Russie vendant son pétrole en roupies à l’Inde et la fin de l’accord pétrodollar. Cette perte de leadership militaire et économique a créé un contexte où des actions étaient jugées nécessaires pour redresser la situation des États-Unis.
- Les tarifs de Trump comme réponse à la mondialisation et à la situation américaine : Charles Gave suggère que les tarifs imposés par Trump n’étaient pas un acte de folie, mais une tentative de réindustrialisation des États-Unis face à ces défis. L’idée est de ramener la production sur le territoire américain, car avec la fin du privilège impérial, les États-Unis doivent désormais payer leur commerce extérieur comme n’importe quelle autre nation. De plus, Gave explique que ces tarifs étaient aussi une manière d’augmenter les impôts sur les grandes multinationales américaines qui utilisent des systèmes comptables internationaux pour ne pas payer d’impôts aux États-Unis. En taxant les importations de leurs produits, Trump s’attaquait indirectement à ces entreprises. Ici un exemple concret pour bien comprendre :
Comment Apple évite de payer des impôts sur les iPhones
- Prenons un exemple simple pour comprendre ce qui est souvent appelé « optimisation fiscale agressive ».
- Apple fabrique un iPhone en Chine. Le coût de fabrication de ce téléphone est d’environ 100 $.
- Normalement, on pourrait s’attendre à ce qu’Apple le vende directement aux États-Unis à 1000 $, ce qui représenterait un profit de 900 $ par téléphone. Sur ce bénéfice, Apple devrait alors payer environ 30 % d’impôt aux États-Unis, soit 270 $ par appareil.
- Mais Apple (comme beaucoup de multinationales) ne fait pas ça.
- À la place, Apple vend l’iPhone depuis la Chine vers une filiale en Irlande, où l’impôt sur les sociétés est extrêmement bas (dans certains cas autour de 2 % grâce à des accords fiscaux avantageux).
- Donc :
- Apple Chine vend l’iPhone à 100 $ à Apple Irlande.
- Puis Apple Irlande revend l’iPhone à 900 $ aux États-Unis.
- Le client achète à 1000 $ donc, le profit est de 100 $ au lieu de 900 $.
- Résultat : les États-Unis ne voient qu’un tout petit bénéfice en Irlande, taxé à 2 %. Le fisc américain ne touche presque rien.
- Apple conserve la majorité de son profit dans des filiales à l’étranger, souvent dans des paradis fiscaux ou des pays à très faible imposition.
- Ce système permet à Apple (et à d’autres) de conserver des milliards de dollars à l’étranger sans les rapatrier, pour éviter de payer les impôts américains.
Pourquoi c’est important ?
- Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c’est que les taxes douanières imposées plus tard par les États-Unis (sous Trump, par exemple) sur les importations de produits comme l’iPhone revenaient en réalité à forcer ces entreprises à payer ce qu’elles auraient dû verser en impôt.
- En gros, si Apple importe un iPhone fabriqué en Chine via sa filiale en Irlande, et qu’il y a 25 % de taxe à l’entrée sur ce produit, cela revient à dire :
- « Tu ne veux pas payer d’impôt sur les bénéfices ? Très bien. On va te taxer sur le produit lui-même à l’importation. »
- C’est une façon détournée de rééquilibrer le jeu fiscal, surtout vis-à-vis des multinationales qui profitent des règles comptables mondiales pour échapper à l’impôt dans leur pays d’origine.
- J’ajoute que c’est la preuve que nous payons trop cher comme consommateur sans oublier que le coût environnemental ignoré est totalement indécent avec les appareils électroniques.
Maintenant que les technos milliardaires ont tous courbé l’échine face au nouveau roi, cette guerre des tarifs est directement une flèche au cœur de cette évasion fiscale. Elon Musk a déjà commencé à se rebeller, et les autres aussi. D’ailleurs le S&P 500 est composé en majorité de ces titres. Donc, si Apple et autres sont touchés, la valeur boursière dégringole ultra rapidement. Ce sont des vases communicants de 1er niveau. Retournement, après la publication de cet article, vendredi soir, Trump a enlevé tous les droits de douane réciproques sur les produits électroniques. Donc, toute cette guerre pour éviter de frapper là où ce projet devait frapper. Il semble qu’il n’y ait plus rien à comprendre. Celle-là, elle prouve que la girouette applique une recette et décide d’enlever les ingrédients principaux.
La vision de Charles Gave sur les défis internes des É.-U. explique aussi les actions actuelles menées avec fracas par Elon Musk et sa « chainsaw » comme un nouveau Freddy en liberté et en quête de vengeance. La nécessité de baisser radicalement les dépenses, les 3 plus grands postes de dépenses, la dette, l’armée et la sécurité sociale. Donc, ça explique aussi la volonté de ne plus vouloir être les gendarmes du monde, car ils n’en ont plus les moyens.
Quant à la nécessité de réindustrialiser les É.-U., les barrières réglementaires tombent les unes après les autres afin de motiver les corporations à investir chez eux. Mais ce plan est voué à l’échec par la plupart des analystes. Ça prendra des années avant que cela se produise. Et surprise, si leur plan s’avérait viable, il aurait besoin de la main-d’œuvre immigrante pour maintenir la masse salariale au plus bas. Or, ils les foutent à la porte. Plusieurs blagues circulent sur le fait que son peuple veut le retour des manufactures, mais pas y travailler.
Je précise ici, que l’IA et la robotisation s’ajoutent dans les défis du futur. Peut-être finalement que ce seront les seuls emplois disponibles lorsque l’IA aura remplacé les « cerveaux » encore fonctionnels.
Donc, si Trump aime son pays du temps du protectionnisme, il doit leur dire clairement ce qui les attend : il aura fallu 30 ans après la grande dépression pour remettre le pays sur les rails de la prospérité. Ce n’est pas juste un peu de douleur, ce sont deux générations minimalement qui s’en vont vers une grande dépression. Et ici, les films d’un futur dystopique nous laissent imaginer un monde sans foi, ni loi, ni libertés, divisé entre ultra riches et pauvres et géré par l’IA et une surveillance tous azimuts.
La vision du prospectiviste Yves Lusignan
Depuis plus de 25 ans, Yves Lusignan tente de nous prévenir que nous allions frapper un mur et que l’effondrement de la mondialisation était inévitable. Il donne des conférences depuis plus d’une décennie sur l’impérative nécessité de redéfinir les cadres de référence de la société. La conférence « L’inévitable démondialisation » explique la situation, et ce, bien avant l’élection de Trump. Si tu veux écouter la présentation complète, clique ici.
Pour bien comprendre, j’ai fait un résumé de la situation qui perdure depuis un bon moment, Trump ne fait qu’accélérer la démondialisation.
- L’effondrement prévu de la mondialisation comme toile de fond : La conférence d’Yves Lusignan apporte un éclairage sur un effondrement inévitable de la mondialisation, motivé par des facteurs plus larges que la seule politique américaine, tels que les changements climatiques, les tensions géopolitiques, la raréfaction des ressources et les pénuries de main-d’œuvre.
Dans ce contexte, les actions de Trump peuvent être vues comme une anticipation ou une réaction précoce à cette tendance de démondialisation. Sa politique protectionniste, avec les tarifs douaniers, visait à rendre l’économie américaine plus résiliente en réduisant sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement mondiales, une préoccupation également soulevée par l’économiste en chef de Développement économique Canada cité par Lusignan.
- Yves Lusignan insiste sur la nécessité pour les économies de passer d’une logique de profit à une logique de résilience face à la démondialisation. Il suggère que les pays devront relocaliser leurs économies pour s’adapter aux besoins locaux et réduire leur empreinte écologique. Il y a une convergence qui nous ramène vers la production et les achats locaux. Durant la pandémie nous avons eu un avant-goût de notre dépendance aux chaînes d’approvisionnement du type « juste à temps ». Cette logique ne tient plus dans le contexte de l’urgence climatique et des fragilités de l’économie mondiale. Il faut toutefois distinguer les motivations de Trump et de Lusignan qui ne prône pas la richesse, mais bien la réduction de notre empreinte environnementale avec une économie qui sera nécessairement bonne pour l’écologie.
En conclusion, les actions de Trump avec les tarifs peuvent être interprétées comme une réponse à une situation économique américaine perçue comme fragilisée dans un contexte de déclin de la domination des États-Unis et du dollar. Ces actions s’inscrivent potentiellement dans un mouvement plus large et inévitable de démondialisation, où les nations cherchent à renforcer leur résilience économique face à un monde devenu plus instable et moins globalisé.
Ce qui m’étonne, c’est l’absence d’explications véritables à la population sur l’urgence de la situation. Au moment d’écrire ce billet, il apparaît évident que tous les décrets signés sont dirigés vers une autocratie en processus sous nos yeux.
Donc les ambitions vont au-delà de réindustrialiser les É.-U. et protéger leur économie. C’est clairement un pacte avec ce que les États-Uniens ont de plus laid : la misogynie, le racisme, l’homophobie, la condescendance, l’arrogance, l’ignorance, le goût démesuré de l’argent, le dédain des plus démunis et j’arrête ici. J’ai déjà entendu un discours qui disait que pour réussir à réduire l’empreinte écologique drastiquement, il faudrait un gouvernement autoritaire. Les É.-U. en ont dorénavant, malheureusement son but est très différent. Si certains aspects des stratégies peuvent être légitimes, sa mise en application est d’une honte historique dont les É.-U. ne se remettront pas de si longtemps. Trump jouera encore au golf pendant que les otages seront pris à jongler avec les ruines économiques.
Et maintenant, on fait quoi?
Je n’ai jamais senti autant d’anxiété autour de moi. Même durant la pandémie, le monde est devenu fou avec la protection face au virus, mais outre la frustration, je n’ai jamais senti une peur à un tel niveau. Les menaces de Trump de faire de nous un 51e état ont pesé lourd dans l’anxiété généralisée. Plusieurs ont commencé à craindre une guerre… et bien, nous en avons une. Une guerre qui s’exprime en tarifs, mais aussi une guerre de valeurs qui polarise le monde en deux clans.
Nous sommes en élection au Canada, et franchement, j’en connais peu qui s’intéressent à d’autres enjeux que ceux que Trump nous jette à la figure via son réseau social ironiquement nommé « Truth Social » à tous moments.
Un président imprévisible qui après toutes mes analyses semble justifié de vouloir ramener les industries au pays et urgemment. Vu la fragilité de sa dette, et sa perte de leadership militaire, il souhaite se protéger. Il envisage le Canada et le Groenland comme dans un jeu de RISK pour contrôler le territoire. Le canal de Panama pour contrôler le flux de marchandises. Bref! Il agit comme quelqu’un qui sent qu’une bombe va tomber bientôt sur les É.-U. La meilleure défensive, c’est l’attaque.
Lorsqu’on a des préoccupations qui sont aussi basiques dans la pyramide des besoins de Maslow, la sécurité notamment, on se fout des problèmes à plus long terme, comme l’environnement et les préoccupations sociales.
Ce qui me turlupine, c’est pourquoi autant d’acharnement sur les programmes DEI (Diversité, Équité et Inclusion) alors que ces programmes sont nés surtout parce qu’il y avait de la pénurie de main-d’œuvre. Les entreprises voulaient élargir les bassins de recrutement et se montrer ouvertes face à leur clientèle également. Il n’y a jamais eu une seule entreprise qui l’a fait pour des raisons purement sociales et grandeur d’âme. Elles l’ont toute faite par nécessité. Enfin, ça démontre à quel point, la méthode de Trump et les objectifs du « Projet 1925 » et sa machine à voyager dans le temps sont totalement une réplique du KKK (Ku Klux Klan) en version décomplexée et vengeresse.
Nous serons donc tous d’accord pour dire qu’il nous faut une éclaircie pour avoir un peu de lumière au bout du tunnel sans que ça soit celle du train qui fonce droit sur nous.
Il faut repenser tous nos cadres de références sociétaux et devenir une société résiliente. Une société moins dépendante des importations et qui réduit drastiquement son empreinte environnementale. Le mouvement de solidarité canadienne est une réponse positive, mais il doit devenir permanent et naturel à partir de maintenant. Je devrais ajouter la solidarité québécoise en priorité.
S’il y a une chose qui est maintenant très claire, dorénavant on ne doit compter que sur nous-mêmes. Il faut aussi réaliser que la richesse de nos ressources premières est extrêmement convoitée. En tête de lice, l’eau est certainement en voie de devenir l’or bleu avec la valeur la plus critique dans le monde. Trump la veut parce que sa douche manque de pression « drip, drip, drip ». Nous pouvons lui en redonner de la pression, celle qu’il nous met sur la tête chaque jour depuis des semaines.
Donc, on doit commencer la co-construction de la prochaine société dans laquelle nous souhaitons vivre et les générations suivantes. Les certitudes structurelles actuelles sont fissurées et le tremblement de terre de Trump accélère la décrépitude de nos systèmes actuels. Les perspectives soulevées par Yves Lusignan se sont rapprochées dans le temps depuis Trump. Ce dernier nous rappelle l’urgence de quitter le bateau du néolibéralisme de façon volontaire et pacifique avant que ce dernier ne s’effondre sous nos yeux.
Le projet de l’Institut d’Écohérence n’a jamais été aussi pertinent en ces temps où nous sommes tous perdus ou très perdus puisque le but est d’agir comme une boussole sociétale. Il a été pensé et développé pour permettre le partage de nos perceptions collectives en rendant disponible l’utilisation de nouveaux outils d’holosystémie qui permettent l’analyse des dynamiques d’évolution hypercomplexes. Pour résoudre nos défis collectifs, il faut d’abord bien comprendre ce qui doit être priorisé pour métamorphoser notre société. Ne pas la transformer pour l’adapter, mais bien repenser les cadres de références de la société pour qu’elle passe d’une chenille qui dévore tout à un papillon qui régénère la biosphère. Donc, nous travaillons à comprendre les problèmes et les dynamiques avant de permettre leur solution. J‘ai quelques billets à ce sujet si tu as le goût d’en savoir plus.
Je sais, c’est gros, et ça peut créer un peu d’anxiété. Mais est-il nécessaire que je répète les éléments clés du film dans lequel nous jouons actuellement, bien malgré nous? Rien n’est inventé ici. C’est la triste réalité. Je n’ai même pas abordé les enjeux autour de la guerre qui risque de pointer à tous moments dans sa 3e version mondiale. Trump met les éléments dans la marmite. Il admet à la face du monde sa faiblesse face à la Russie et la Chine. Et en bonus, ces bouffons donnent les plans militaires sans aucun effort. Ça ne s’invente pas!
Toute ma vie, j’ai choisi l’action face à l’adversité et à la résolution de problème. Il n’est pas temps de baisser les bras.
Alors si tu es du genre métamorphoseur et que tu as la curiosité d’assister à une séance d’information, je t’invite à t’inscrire à notre infolettre pour ne rien manquer.
Moi, je sais que si tu as lu jusqu’ici, tu es mûre pour faire partie du changement.
J’ai la profonde conviction que ce projet de démocratie participative est une grande partie de la solution pour nous orienter vers un futur désirable et enviable. Et je crois comme tous mes collègues que le Québec a tous les atouts pour réussir cette première cartographie de la conscience collective pour métamorphoser notre société gravement malade et l’étendre à d’autres territoires.
En attendant, achète local, va voter, évite les É.-U. et respire profondément et engage-toi à métamorphoser la société.

PS Tu peux me poser des questions, mais si tu es du genre « troll » qui veut me prouver que Trump est brillant, ou que les politiques du « Projet 1925 » sont bonnes ou que tous les politiciens sont de la « merde » ou que les démocrates ont fait pire ou peu importe ce qui sort totalement des faits documentés…. Je n’embarquerai pas dans une escalade. Mon énergie est 100% consacrée à informer, éduquer et surtout prendre action pour mettre en place les bases d’une société écohérente.
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3 commentaires sur « Eh bien! Maintenant on fait quoi ? »