L’éloge de l’infiniment petit en 2021

Il y a plusieurs jours que ce billet de fin d’année, ou début, me trotte dans la tête. Ce matin, un fort besoin de partager ces réflexions m’a conduit directement sur mon clavier, espérant très honnêtement que ce billet fasse le chemin jusqu’à toi qui me lit. Note ici que je délaisse volontairement le « vous » pour y aller d’un « tu » bien assumé, question d’être dans l’ambiance intimiste que je souhaite créer ici.

Si tu as suivi mes billets en 2020, je pense sans me tromper que tu comprends où j’en suis avec mes réflexions sur la polarisation et le nombrilisme qui me fout littéralement en rogne avec cette pandémie. Au passage, ma déception de voir des connaissances, amis(es), partenaires et familles qui ont révélé leur vraie nature en 2020. Des gens que je croyais munis d’une intelligence certaine qui ont basculé dans le monde apocalyptique du complot qui semble servir de toile de fond depuis trop longtemps. Celui des films prophétiques qui annoncent un Nouveau Monde, ma foi, pas trop joli.

Nous sommes divisés par un minuscule virus qui tient le monde par les « couilles », si tu me permets cette image forte tirée d’un monde d’hommes. Un infiniment petit ennemi qui a causé tellement de dommages infiniment grands et de toute nature au-delà des morts: des déchirures, des remises en question, de la violence, du chômage, des faillites, des crises de nerfs, des épuisements professionnels, des dettes pour des générations et j’arrête ici.

L’infiniment petit au service de l’infiniment grand

Maintenant que tu vois mon point sur la force de l’infiniment petit, laisse-moi te rappeler à quel point tout est dans les petites choses, les petits gestes et les petits pas. Combien de fois as-tu souri en 2020? Combien de fois as-tu perdu le souffle cette année dans le sens grandiose et non pulmonaire? Oui, essaie juste pour le plaisir de te souvenir d’au moins un moment. Tu sais ce petit je-ne-sais-quoi qui t’a fait oublier l’instant d’un moment l’état chaotique dans lequel nous vivons. Ahhhh voilà! Tu te souviens maintenant!

Je pourrais te parler de ma rencontre avec le grand héron cet été dans ma rivière magique ou de mon large sourire chaque fois qu’un colibri m’a honoré de sa présence dans la mangeoire juste en avant de la fenêtre où je travaille depuis le début de la pandémie. Je pourrais aussi parler du soulagement que j’ai eu après avoir reçu la confirmation que ma sœur était débarrassée de son cancer. Je pourrais aussi te parler de la joie que j’ai eue lorsque j’ai reçu une magnifique toile faite sur mesure pour moi.

Mais, tout cela est tout de même grandiose et s’éloigne de mon point. Je reviens aux petites choses. Le sourire que j’ai chaque fois qu’une amie pense à moi et m’envoie un petit coucou, comme ma famille ou mon Zoom hier avec mes vieilles chums de 20 ans. Le sourire que j’ai aussi quand tu lis, partages ou aimes une publication ou un billet de blogue. Chaque fois, je me dis : si j’ai touché une seule personne et c’est toi, et bien, le temps de préparer tout ça en valait largement l’effort.

La vérité est simple, les grands changements se font dans l’infiniment petit, dans l’effet cumulé dont j’ai parlé dans le billet précédent.  D’ailleurs mon surplus de poids en 2020, je l’ai pris un gramme à la fois, et je le perdrai de la même façon. Nos économies aussi, même principe, un dollar à la fois; on économise ou on dépense. Même logique avec le défi climatique, la somme cumulée de nos petits gestes est la solution en grande partie, et aussi le problème à l’inverse.

As-tu aussi remarqué que les grands leaders sont les plus discrets? Et à l’inverse, les égocentriques, mégalomanes et autres ordures de notre paysage sont toujours à la recherche de l’infiniment grand avec des appétits insatiables pour le cumul de richesses et d’attentions dans l’état d’esprit du ce-n’est-jamais-assez?

Je connais un médecin pathologiste qui passe sa vie les yeux rivés dans un microscope à voir le monde de l’infiniment petit. Un monde inquiétant à vrai dire. Il faut voir l’allure d’une tumeur cancéreuse ou d’un virus pour comprendre qu’un monde vit à l’abri de nos regards… et fort heureusement. Je connais aussi, une naturopathe qui pratique avec l’homéopathie. Tu sais la médecine de l’infiniment petit dont les esprits obtus doutent justement à cause de la dilution infiniment petite?

Bien voilà, tu as tout compris. Si un virus invisible peut tuer, il faut bien admettre que le remède dans l’infiniment petit peut aussi guérir. N’est-ce pas le principe du vaccin aussi? Ceux qui y croient et ceux qui les fuient, pour les mêmes raisons : l’infiniment petit ingrédient qui protège ou nuira selon nos convictions.

Le jour est venu de comprendre l’infiniment petit

En amour, comme en affaires, comme en amitié, ce sont les petits gestes qui construisent ou détruisent. Combien d’entreprises ont été à la hauteur cette année? Combien ont servi des excuses prêtes à servir de la COVID? Et que dire de celles qui se sont élevées à la hauteur de cette situation, mettant leur créativité au service des autres? Je ne mettrai pas au pilori les cancres de la classe, mais j’aimerais tout de même rappeler que les grandes choses se réalisent dans les petites actions.

J’ai une cliente qui a fait des pieds et des mains pour trouver une poupée qui ne se vend plus pour apaiser la peine d’un enfant qui l’avait perdue. Le temps investi pour trouver « la poupée sauveuse » n’a laissé aucune trace visible à sa large clientèle. Mais que dire de la trace dans le cœur de la maman et de son enfant lorsqu’elle a pu lui annoncer qu’elle en avait trouvé une?

En fait, il ne faut jamais que tu sous-estimes le pouvoir de tes mots, tes gestes et tes efforts, quels qu’ils soient. Combien de fois, des mois, voire des années plus tard, je me suis fait dire, tu sais quand tu as dit ceci ou cela, ça changé ma vie. L’inverse est aussi vrai. Il arrive un moment, où la ligne est franchie, le vase déborde et voilà, nous mettons fin à une relation d’amitié, d’amour, d’affaires. L’effet cumulé généralement, encore. Et parfois, il suffit d’une fraction de seconde, d’un geste déplacé, d’une parole malhabile, d’une décision stupide pour faire oublier tout le bon que l’on a fait. Même dans l’infiniment petit, le négatif est plus fort aux yeux du tribunal public et des autres.

L’attitude idéale en 2021 : conscience de l’infiniment petit

Nous sommes tous écœurés de la situation. Comme jamais toi, ou moi, avions pensé qu’un jour nous pouvions tous être dans le même bateau. Nous disons souvent que les premiers à quitter un bateau en naufrage se sont les rats. Moi, sincèrement, je préfère les capitaines qui restent jusqu’au dernier passager à sauver. En ce moment, nous sommes dans des chaloupes de sauvetage, chacun dans nos bulles, et on nous demande d’être patient et collaboratif. Un effort de « ne rien faire » pour ne pas nuire aux autres. Et ce petit effort est trop pour les infiniment trop petits dans leur jugement, ces rats qui appellent les dociles, les moutons.

Chaque personne à qui tu feras du bien en 2021, chaque petit geste, même invisible que tu feras pour faire partie de la solution au lieu du problème, chaque pensée négative que tu remplaceras par une pensée positive, chacun de ces microscopiques gestes que tu feras consciemment, rappelle-toi de leur infiniment grand pouvoir sur le moral des autres et sur le tien.

Il faut cesser de croire que les petites choses ne sont pas importantes, qu’elles sont insignifiantes. Mais il faut surtout cesser de croire seulement ce que tu vois… parce que l’infiniment petit est invisible pour les yeux. Si cette pandémie ne te convaincs pas, qu’est-ce qu’il faudra? D’ailleurs, as-tu remarqué que le virus a divisé ceux qui ne croient que ce qu’ils voient ou entendent avec ceux qui croient tout ce qu’ils voient et entendent? Pendant ce temps, ceux qui attrapent le virus, perdent le goût et l’odorat… quatre sens… il reste le toucher… et curieusement, c’est celui qui manque le plus à tout le monde et que tout le monde veut retrouver en 2021. Ce sens qui fait cruellement défaut à notre nature humaine, qui se remplace par le toucher du coeur. Tu sais, le plaisir d’une étreinte de tous ceux qu’on aime et qui nous manque. Finalement, cette pandémie, c’est juste une question de sens, et le gros bon sens si possible!

Bonne année dans cet univers qui a besoin de chaque petit geste pour se remettre sur les bons rails. Et surtout, rejoins la liste de ceux qui font partie de la solution et non du problème…

Je te la souhaite infiniment grande cette année…et tu auras sans doute deviné que la Présence est exactement l’infiniment petit au service de l’infiniment grand.

Sylvie Bédard - Mind Drop

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