Nous avons perdu le Nord, comment le retrouver en 2019?

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En ce début d’année 2019, tant de choses attirent mon attention. Notamment, une nouvelle sur le déplacement accéléré du pôle Nord magnétique qui serait maintenant plus près de la Sibérie que du Canada. Il change de cap à un point tel que les scientifiques doivent réviser de toute urgence les instruments de navigation moins d’un an et demi après les derniers ajustements. Normalement, ils le font selon un cycle quinquennal, mais ça ne suffit plus. Le plus inquiétant est qu’aucun scientifique ne semble avoir une explication claire et documentée sur ce phénomène. Vous pouvez en découvrir un peu plus ici.

Des changements de paradigmes qui s’accumulent

Sans faire une revue de l’année 2018, d’autres l’ont fait bien intelligemment, il m’apparaît important de souligner quelques événements importants qui ont marqué le pas pour des changements profonds dans notre société. Les élections québécoises ont mis l’accent sur le défi climatique permettant à un parti d’extrême gauche de prendre une place importante dans le paysage démocratique et politique; les gilets jaunes en France sur la nécessité de trouver le juste équilibre entre ceux à qui on demande des sacrifices au nom du défi climatique et ceux à qui ont devrait demander de le faire; le mouvement #metoo qui mène dans sa croisade une cascade de changements (mouvement pour un tribunal spécialisé en matière de crimes à caractère sexuel, des annonceurs comme Gillette qui profitent de l’occasion pour éduquer leur clientèle en valorisant de bons comportements chez les hommes, les corps policiers qui doivent ajuster leurs méthodes de collectes de plaintes, etc.) et des gros noms qui tombent au passage avec leur empire (Rozon, Salvail, Kevin Spacey, Weinstein, etc.). Sans compter un président américain qui change les relations internationales à coup de tweet chaque jour et qui détruit les efforts pour attaquer le défi climatique avec une cohérence internationale. La planète qui se dérègle plus vite qu’anticipée, comme la fin d’un rouleau de papier. J’arrête ici.

Bref! Le monde change et il faudrait vivre sur une autre planète pour ne pas le voir.

La principale courroie de transmission : nous et notre nouveau pouvoir de dire. Mais qu’en est-il de notre pouvoir de « bien » faire?

Des égos qui ont perdu le nord

C’est donc en réalisant que le pôle Nord magnétique avait changé de direction de manière imprévisible que j’ai pensé aux conséquences sur notre vie de tous les jours. Une analogie que certains considéreront comme boiteuse, et tirée par les cheveux, mais j’ose pour ceux qui auront l’ouverture d’esprit pour y réfléchir un peu. La boussole a été inventée il y a plus de 750 ans. Le pôle Nord magnétique a donc été utilisé pour guider de nouveaux explorateurs partis à la conquête d’un monde meilleur. Avant, les explorateurs se laissaient guider par les étoiles, et la Grande Ourse nous mènera toujours vers le nord, avec ou sans boussole. Donc, peu importe notre quête, nous avons besoin du nord pour ne pas perdre nos repères. Et si les boussoles sont détraquées, il faut ajuster la navigation.

La récente annonce des difficultés de la compagnie de Caroline Néron (compagnie de bijoux québécoise) a alimenté bien des discussions dans les médias et réseaux sociaux (et au-delà) sur la nécessité de soutenir cette « héroïne » entrepreneure  en saluant son courage et pour d’autres de la lapider sur la place publique. Mais Caroline Néron n’est pas la première et ni la dernière entrepreneure (ici le sexe importe peu) à souffrir du syndrome d’Icare et à se brûler les ailes. D’ailleurs, le mouvement de l’effet A (ambition féminine) vise à encourager l’ambition chez les femmes qui semblent de façon naturelle à en être dépourvues à la naissance. Attention ici les tomates… je dis simplement que pour encourager les femmes à voir grand, on sent le besoin de valoriser l’ambition parmi elles. Seule conclusion possible alors : les femmes en ont moins au départ! Les débats sont nombreux sur cette affirmation, mais qui parle du sens inné des femmes à la survie de leurs affaires, à la gestion réfléchie de leur entreprise qui ne font pas le pari de leur ambition aux risques du salaire des employés ou des comptes payables aux fournisseurs et tous ceux qui les financent?

Enfin, mon point ici est que toutes les débâcles financières tiennent de la mauvaise gestion : soit financière, soit opérationnelle, soit marketing, soit RH (ressources humaines) ou technologique. Il n’y aucune faillite qui arrive par une opération maléfique que nous ne contrôlons pas. Oui, un entrepreneur peut rencontrer des embûches, oui il se peut qu’une nouvelle règle de marché vienne assombrir nos perspectives de réussite, voire même tuer une ligne d’affaires, ou qu’un fournisseur nous lâche subitement, etc. Être en affaires c’est un risque continu, mais il doit être calculé. Mais tous ces revers pour une entreprise en santé ne sont que des occasions de se relever et changer les paradigmes. Oui, un entrepreneur peut se tromper, il doit aussi assumer ses décisions.

La faillite arrive seulement si la direction n’a pas de boussole et qu’elle gère au jour le jour sans vision claire. Sears savait que la vente en ligne était l’avenir, mais ils se sont entêtés. Target savait que ça prenait du stock sur les tablettes, mais ils ont ouvert quand même en présentant une image peu reluisante qui n’a pas convaincu les Canadiens. Dans ma 1re carrière bancaire, je n’ai jamais vu une faillite qui n’ait pas été motivée par un aveuglement volontaire ou une ambition démesurée. Dans tous les cas, il semble que les grandes réussites de ce monde aient d’abord passées par une ou des faillites de l’entrepreneur auparavant. Mais qui a donc payé pour ces formations en échecs répétitifs du grand héros ou héroïne? À quand, une école de faillite pour futurs héros? La mentalité entrepreneuriale doit se développer sur la résilience certes, mais aussi sur le respect des autres.

Donc, il y a toujours quelque part un méga égo qui s’entête à faire route dans les vents contraires. Certains appellent ça le « guts » et d’autres le « harakiri ». J’admire ces qualités lorsque l’on veut changer des choses positivement, mais je trouve ça stupide lorsque le seul but est de bâtir un empire de consommation polluante aux frais des autres. Que nous présentent les médias : les héros entrepreneurs bien sûr? L’émission dans l’Oeil du dragon en est un bel exemple. Que fait un entrepreneur sans argent dans une télé-réalité comme ça? Un entrepreneur qui n’a que de la poudre aux yeux et une expérience dont le fondement repose sur de l’intuition? Ça nourrit les égos.

Parce qu’un entrepreneur qui a vraiment réussi et qui veut aider les autres, c’est rare. Il faut qu’il soit hyper humain et foncièrement axé sur autre chose que son égo. Normalement, c’est pour faire de l’argent qu’on investit du temps ou de l’argent en tant qu’entrepreneur. Les mécènes sont indépendants de fortune et ne cherchent pas la gloire, bien au contraire.

Mais en voulant montrer des héros à qui tout semble réussir, il serait opportun de se poser des questions. Pensons à « Martine » de Sinorama qui jouait à la dernière incarnation d’une réussite en affaires, la vérité a montré des choses pas mal moins roses. Qui aurait pu croire ça? Même pas Guylaine Tremblay en fait. Mousser la culture entrepreneuriale c’est excellent, encourager les entrepreneurs qui osent c’est important, mais la vraie question est : qui osent quoi et pourquoi? C’est ça qu’il faut encenser. Imaginez que Caroline Néron avait inventé une solution innovante pour réduire nos gaz à effets de serre. Tous les Québécois iraient sur un site de crowdfunding (socio financement) pour la sauver, j’en ai aucun doute.

La Présence comme une boussole pour garder le nord

Les entrepreneurs qui gèrent leur entreprise avec la Présence n’ont guère de temps pour nourrir leur égo, ils travaillent sans relâche pour assurer la pérennité de leur entreprise. Ils ont une vision et une mission claires, des objectifs « smart » et assurer l’avenir de leurs employés est leur première préoccupation. Ils ont des responsabilités et leur ambition est de changer quelque chose de plus grand qu’eux sans perpétuer les modèles de consommation vides de sens. Je choisis d’ailleurs mes clients en fonction de cela aussi. De toute façon, ça ne marche jamais pour moi avec des entrepreneurs qui ont perdu le nord et qui s’entêtent à inverser les pôles magnétiques.

Que vienne ou non la gloire, ils rentrent à la maison à des heures parfois indécentes, mais jamais ils n’abandonnent. Ils ne sentent pas le besoin de jeter de la poudre aux yeux, ils n’ont pas besoin de se promener en jaguar pour affirmer leur réussite. Leur réussite c’est le bonheur de leurs clients et de leurs employés…et bien sûr, leur compte en banque ultimement.

Mais, comme le disait un chef d’entreprise bien connu au Québec, une fois que tu as une maison gigantesque, un super chalet, une maison dans le sud et/ou en Italie, un bateau, trois voitures, deux motos et que tu fais autant de voyages que tu en as envie, tu as dépensé combien? C’est quoi la richesse si on ne laisse pas une contribution à la société, une trace positive de notre passage, pas une trace de carbone et un trou dans les finances des autres?

Souhaits pour 2019… liste des choses à regarder avec attention :

Je souhaitais faire une liste des choses à faire en 2019. Mais pour plusieurs entrepreneurs, la liste est déjà longue. Vous pouvez déjà regarder ma liste de 2018, je suis sûre que vous pouvez encore la lire comme si je l’avais écrite hier. Tout est encore d’actualité et davantage.

Je préfère vous faire une liste qui se résume un peu comme un appel à vous questionner pour retrouver, ou garder, votre nord. J’ai perdu des amis au cours de dernières années pour cause de maladie. J’ai appris récemment qu’une amie a un diagnostic d’Alzheimer à un âge où on commence à profiter de la retraite. Et j’en perdrai d’autres c’est certain.

Qui connaît sa propre date d’expiration?

Bref! Le temps ne s’achète pas, par contre vous pouvez connaître votre date d’inspiration et c’est maintenant!

Alors 3 simples questions :

  1. Pourquoi?
  2. Pourquoi?
  3. Pourquoi?

Pourquoi faire ceci ou cela? Une fois la réponse trouvée : dites-vous si je fais ceci ou cela pourquoi je mettrais du temps dans ça? Si le résultat anticipé se présente après avoir mis du temps dans ceci ou cela, posez encore la question : pourquoi j’aurai tout fait ça? Ici mesurez le coût vs les gains au final. Si vous passez le test des trois « pourquoi », faites-le! Sinon, rincez et répétez l’exercice. La Présence c’est d’abord faire les bonnes choses et pour les bonnes raisons! En fait, il faut imaginer l’histoire que vous aimeriez écrire!

Que 2019 vous apporte la Présence dans vos affaires et dans vos vies!

Blogue La Présence des idées

PS Je suis une entrepreneure qui a perdu beaucoup d’argent dans une grande aventure sensée révolutionner le monde. J’ai eu des échecs, j’ai fait les Dragons. J’ai des actions dans quatre entreprises. Je travaille comme une folle. Mais chaque jour, je me pose la question : pourquoi? Et chaque jour, je renouvelle mon enthousiasme pour faire ce que je fais… et quand la réponse à mon pourquoi ne fait plus de sens et ne m’enthousiasme plus, je dois agir et changer les choses.

J’aide les entrepreneurs à faire des affaires de sens à l’ère numérique, pour moi, c’est injecter de la Présence, un entrepreneur à la fois.

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