11 ans dans la vie numérique 2.0… et si l’heure était à la vie 6.0 ?

En 2007, lors de mon 1er article, je voulais que mon blogue traite des enjeux de la nouvelle vie à l’ère 2.0. On disait 2.0 pour parler d’une nouvelle réalité, mais surtout pour indiquer que nous étions dans un Nouveau monde interconnecté, un monde d’interactivité qui allait changer notre propre rapport au monde, aux autres. Je vous ai partagé ma vision de ce Nouveau monde, je vous ai pris par la main en quelque sorte pour vous rassurer que cette réalité numérique était merveilleuse, mais non pas sans danger bien sûr.

Le plaisir de se connecter aux autres a vite été compris, et nous devons admettre que c’est même devenu un fléau ce désir d’être connecté en tout temps et en tous lieux. Une nomophobie qui rend même les enfants malades avec la complicité des parents inconscients. Nous sommes excellents, nous pauvres mortels, pour les excès et les comportements addictifs. C’est comme de la dopamine ces écrans, une véritable drogue.

Mais au-delà des drogués que les connectés sont devenus, ou deviennent un peu plus chaque jour, il y a aussi de nouveaux paradigmes qui s’ajoutent à ce monde en mutation.

La liberté d’expression au secours de l’humanité

Nous entendons haut et fort les cris d’alarme des indignés qui se mobilisent partout sur la planète pour l’urgence climatique, le trop-plein de taxes, le pas-assez de ceci ou de cela, les mouvements #moiaussi, les droits des uns et des autres, l’immigration, la discrimination, la violence et j’en passe. Nous pourrions croire que l’éveil collectif est bien en force et que le mouvement citoyen frappe partout pour réveiller ceux qui dorment encore dans leur berceau des illusions de la vie en rose. Oui c’est vrai, le printemps arabe a lancé une cascade de manifestations qui donnent l’impression aux citoyens d’avoir encore un peu de pouvoir dans cette utopie de société dirigée par une poignée de bien-pensants aux intérêts tout aussi louches que leur source de revenus.

Mais pourquoi chaque fois qu’on veut remettre en question les choses, il faut passer par les excès ? Les excès de violence, les oppositions et les désaccords à coup d’insultes par « tweet » ou dans l’arène publique.

Il y a quelques semaines, j’ai failli perdre un membre de famille dans un accident de motoneige. En fait, un n’a pas survécu et par miracle, l’autre oui. Cet autre, c’est un jeune, typique de la génération des millénariaux. En fait, il n’avait pas encore 20 ans lorsque j’ai commencé ce blogue. Il aime, comme sa gang de chums, tout ce qui fait du bruit, ce qui va vite, et coûte une fortune en essence sans compter le coût d’achat et entretien. Même après avoir frôlé la mort, ce qui le tient motivé, c’est le désir de retourner sur son bolide de danger qui non seulement lui a fait perdre un ami, mais qui a failli lui coûter la vie. En pleine convalescence, il a critiqué un journaliste qui remettait en question l’impact des sports motorisés sur l’empreinte écologique. Dans une grande éloquence, il l’a envoyé manger des barres de céréales nature!!! C’est fascinant de voir à quel point, l’idée d’être privé d’un tel plaisir polluant a échauffé les esprits sur sa publication.

Si je parle de ça, c’est pour dire que l’éveil des consciences, même avec un choc et un traumatisme d’une violence inouïe, ne vient pas naturellement. L’urgence climatique, c’est comme ce désir de faire un sport motorisé extrême, ce besoin d’adrénaline plus fort que tout. On veut bien la prudence, on veut bien agir, mais sans douleur, sans sacrifices et sans changer nos habitudes. En parlant avec des jeunes, ils m’ont résumé tout ça bien simplement : il y a la moitié des jeunes qui croient qu’ils seront les derniers humains sur terre, alors profitons-en (les YOLO, you only live once) et il y a les autres, ceux qui croient qu’ils peuvent sauver le monde (les sauveurs).

Il y a en quand même pas mal de ces sauveurs. Regardons le récent succès de Québec Solidaire, ce sont des éveilleurs de conscience qui se croient éveillés, et qui le sont peut-être, mais qui prennent l’approche : détruisons le modèle actuel, et faites-nous confiance, le nôtre sera meilleur.

Mais si nous pouvons en discuter librement, c’est parce que nous avons le pouvoir de la parole. La liberté d’expression que les médias sociaux et le Web en fait, nous ont apportée. Pensez-vous que ce parti d’extrême gauche aurait pu espérer une telle victoire sans notre vie hyper connectée ?

C’est aussi ça, l’écosystème du Web, le pouvoir de changer les choses. Pour le mieux ? Ça, c’est la relativité absolue. Les partisans de Trump sont totalement convaincus que oui. L’important c’est de savoir que si nous le pouvions, nous ne voudrions pas revenir en arrière, même si nous avons laissé beaucoup derrière avec ce besoin d’être «connecté en tout temps» qui nous tient ironiquement déconnectés de nous-mêmes.

Que nous réserve la prochaine décennie ?

On ne pourra pas demander aux enfants de sauver la planète s’ils ne se sont jamais connectés avec la nature. De la même façon, on ne pourra pas s’attendre que ceux qui profitent du système tel qu’il a été conçu et entretenu par une caste de profiteurs et inconscients fassent quoi que ce soit pour le changer. Nous sommes bien d’accord. Alors quelles sont les solutions pour changer de direction, particulièrement si cette direction ne fait pas l’unanimité ?

Nous sommes dans les grandes annonces à coup de millions pour la recherche en IA (intelligence artificielle). Montréal devient un pôle de cerveaux qui n’a qu’un objectif, changer notre futur. Mais quel futur ? Pour qui ? Pour quoi ? Pour sauver la planète ? Réduire les gaz à effet de serre ? Réduire notre empreinte écologique ? Qui donne les priorités ? Ceux qui investissent bien sûr. Et qui investit ? Des compagnies qui aimeraient bien comprendre notre cerveau avant que nous nous comprenions nous-mêmes et pouvoir anticiper nos besoins, extraire les données pour en faire des outils prédictifs. Les prochaines années nous réservent bien des surprises, et je ne sais pas s’il faut se réjouir.

Je sais une seule chose, il ne faut pas faire les erreurs des médias, des gouvernements et des entreprises de chez nous qui n’ont pas su agir assez vite avec le phénomène Internet. Résultat, nous avons perdu des milliards de revenus collectifs au profit des É.-U. avec les Amazon, Netflix, Google, Apple, Microsoft de ce monde. Croyez-vous que les centres de recherches en IA vont remplacer ces revenus qui ne reviendront jamais ?

Impossible, parce que les découvertes seront de toute façon achetées à un coût qui sera bien en deçà des revenus qu’ils généreront d’une part, et surtout ces intérêts ne sont pas de chez nous, ou très peu. Ce ne sont pas des recherches gouvernementales, ce sont des recherches d’intérêts privés. Imaginez si nous avions les plus grands centres de recherches environnementales pour trouver des énergies propres, des solutions de nettoyage et toutes questions relatives à l’amélioration de notre bilan écologique. J’en rêve.

Le prochain défi : gérer l’IA avant qu’elle nous gère!

Alors pendant qu’on cherche à imiter l’intelligence humaine, très peu de personnes se préoccupent de comment nous allons imiter le sens moral humain. C’est un débat important, mais qui portera ces questions fondamentales sur la place publique ? Qui pourra tirer une ligne claire dans ces grandes questions éthiques ? Après de nombreuses recherches, il semblerait que je ne suis pas la seule, loin de là, à me poser ces questions. Ça me fascine, mais ça me fait peur à la fois. J’ai peut-être trop d’imagination, mais je sais une chose, ce qui arrive avec la vie 2.0, je l’avais prédit depuis le départ. Et ce qui vient devant est prévisible. Nous ne pouvons pas faire semblant de ne pas savoir. Nous n’avons pas le luxe de nous tromper. Parce qu’à l’instar de la bombe nucléaire, il faut ériger les barrières avant que cela ne tombe entre les mauvaises mains.

La Présence et la vie numérique 6.0

Exit la vie 2.0, nous devons réaliser que nous existons dorénavant de manière holistique même sur le plan numérique. Il faut saisir la Présence dans son axe vertical (une énergie vitale qui relie tout), et ce, dans toutes les dimensions. Un concept difficile à voir certes, mais ce qui ne se voit pas tangiblement peut exister pourtant. Vous avez déjà vu de l’air ? Et pourtant, si nous en manquons, notre vie est menacée. C’est impalpable, inodore, invisible et pourtant nous vivons grâce à l’air… La conscience humaine est invisible, impalpable, mais pourtant fondamentale.

Reconnaître que nous sommes tous liés les uns aux autres, c’est un premier pas de l’éveil de conscience. Nous avons les moyens de faire des choses grandioses. Avec tous les cerveaux qui travaillent à reproduire le cerveau humain, pourrions-nous aussi injecter de la conscience collective en priorité ? Pourrions-nous prendre la meilleure parcelle de chacun de nous pour en faire un merveilleux assemblage de la plus belle intelligence sur terre ?

Déjà de comprendre que nous devons arrêter nos comportements saboteurs, addictifs et irréversibles sur la terre qui nous nourrit. Faire chacun son bout de chemin, en réduisant son empreinte individuelle devrait être le premier pas. C’est pour ça que je dis 6.0, parce que la 6e dimension est associée à l’éveil de la conscience, à la logique cosmique qui répond à ses propres règles. Si nous cherchons à toujours évoluer en tant qu’humains avec l’aide des machines, il faudra bien demeurer connecté sur les vraies choses. Il faudra comprendre que l’égrégore qui représente l’esprit de groupe, une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun, se doit d’être le seul et unique objectif . C’est peut-être un peu trop ésotérique, mais gardez en tête que la place des humains devrait justement se différencier dans ses idées d’évolution, et non de révolution.

Que nous soyons un groupe en entreprise ou un individu, chacun de nous a le devoir de faire mieux qu’hier et moins que demain. Devenir de meilleurs humains devrait être la seule voie possible. Pas de copier les humains pour en faire des clones améliorés physiquement. Quelle que soit votre mission de vie, il y a une raison d’être et il y a le mot « vie ». L’intelligence artificielle ne sera jamais « vie ». Mais si nous ne mettons pas les limites et les objectifs de ce futur déjà dans nos vies, nous n’aurons que nous à blâmer. Nous serons l’arbre qui fournit le bois à l’allumette, ou le manche à la hache.  Je refuse que nous prenions nos meilleurs cerveaux pour nous imiter en version améliorée et infatigable si la Présence n’y est pas.

Une déclaration qui vous invite à donner votre opinion

J’ai donc fait des recherches sur la situation actuelle en regard de la gouvernance et l’éthique sur l’IA. Il appert que nous avons une sommité internationale en IA ici à Montréal, le chercheur Yoshua Bengio qui semble s’en préoccuper à chaque occasion. Nous avons même la déclaration de Montréal pour une IA responsable. J’ai pris le temps de répondre à ce questionnaire, pour partager mon opinion. Je vous invite à faire de même, c’est réellement fascinant de voir quelles questions soulèvent ces technologies. Je vous partage le lien du  questionnaire. Pour moi, la ligne est toujours tirée dès que nous tentons de prendre une décision qui implique des valeurs humaines. Jamais je ne voudrai qu’une machine soit programmée pour prendre des décisions éthiques qui touchent à la dignité et aux libertés individuelles. Votre intérêt et votre opinion sont la meilleure occasion de faire partie du débat public.

Donc, comme vous pouvez le constater, j’ai encore bien des fascinations et des préoccupations à partager. Des solutions aussi, car chaque jour je continue d’aider les entreprises à améliorer leur rapport avec les clients grâce aux technologies notamment. J’appelle cela la Présence avec un grand P. Jamais je ne vais conseiller à une entreprise de laisser parler Wale ou Ève (même s’ils sont très sympathiques) en lieu et place d’un humain. Par contre, il ne serait pas inconcevable que je sois d’accord avec une FAQ (foire aux questions) améliorée à l’extrême pour répondre à 80% des questions répétitives sans valeur ajoutée, mais qui peuvent en enlever (de la valeur) si on doit attendre 15 minutes au téléphone pour obtenir une simple réponse. Cela résume aussi ce que je dis et répète : « La Présence ce n’est pas d’être partout où vos clients ne veulent pas vous voir, mais d’être là lorsque vos clients vous cherchent! »

Merci à mes fidèles lecteurs et lectrices, cette aventure des dernières onze années, m’amène à une autre étape. Celle de vous parler de la vie 6.0 et j’espère que cette vision d’un monde où nous mettons nos meilleurs cerveaux au bien-être de l’humanité et son évolution vous rejoindra.

Ce 339ème  article est officiellement, le 1er de ma 12ème année. Je ne sais si j’aurai cette même cadence dans la prochaine décennie, c’est beaucoup d’heures, je dois l’admettre. C’est vous ma motivation, alors participez à cette préparation de l’avenir avec moi. 👍

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