Journalisme à l’ère 2.0 : le pouvoir d’abattre ou le devoir de débattre?

J’ai vécu toute une expérience avec le lancement de mobybak la semaine dernière. Ce fut un véritable marathon avec le milieu journalistique qui a saisi la nouvelle au bond pour créer un peu de sensation et de provocation dans leur média respectif. Entre des animateurs radio et des journalistes trop contents de crier à l’invasion et la paranoïa de la surveillance et ceux trop heureux de voir enfin une alternative aux solutions drastiques proposées pour encadrer les jeunes au volant comme le couvre-feu, il ne semblait pas y avoir de place pour une position ambigüe.

Des débats à sens uniques à l’ère de l’interactivité!

C’est quand même curieux de constater que certaines personnes agissant à titre d’animateurs prétendent stimuler des débats avec le public, alors qu’ils ne laissent aucune place pour les opinions contraires à la leur. Ils annoncent d’emblée un débat par exemple sur le nouveau système de repérage par GPS de mobybak et la minute après, me voilà en entrevue expéditive pour savoir si le système pourrait être utile aux couples qui souhaitent surveiller leur conjoint. Une utilisation dérivée d’un système qui n’a pas été conçu pour ça et surtout qui vise d’abord à faire la promotion des bonnes habitudes de conduite et non des bonnes règles de conduites morales. Aucune question sur l’utilité de notre outil de coaching. Finalement, le débat n’est pas encore commencé qu’il est déjà dévié. Le pire c’est que même dans leur site, la capacité de nourrir le débat lancé était inexistante. Un débat à une vitesse… la leur et surtout à un sens unique!

J’écoutais un épisode de Mirador et le fils ambitieux disait de son père qui a subit une commotion cérébrale : « Le père n’a plus de filtre, il dit

tout ce qui lui passe par la tête. Il est comme un animateur de radio de Québec!». J’imagine que leur réputation est faite et même surfaite, alors pourquoi m’étonner d’un tel comportement.

Pourtant qui de mieux qu’un journaliste pour influencer et changer nos comportements?

7500 jeunes meurent sur les routes en Amérique du Nord à chaque année. Les coûts d’assurance sont si élevés que bien des jeunes sont privés de la liberté de conduire faute de moyens. Face à un tel constat, le coroner Yvon Garneau a suggéré l’imposition d’un couvre-feu qui semble un peu drastique, mais pourtant une idée qui fait son chemin dans les coulisses du pouvoir.

Pourquoi ne pas proposer des solutions volontaires endossées par les compagnies d’assurance afin de réduire les risques? Pourquoi ne pas permettre aux parents inquiets de jouer leur rôle de coach avec leur jeune? Une solution qui fait la promotion des bonnes habitudes de conduite mériterait alors toute l’attention requise pour changer les perceptions et les habitudes. Mais les perceptions ont la couenne dure et parfois qui de mieux qu’un journaliste objectif pour faire avancer les mentalités?

Comme le disait Clay Shirky, un journaliste américain spécialiste des nouvelles technologies de l’information et de la communication :

« La révolution n’arrive pas lorsque la société adopte de nouveaux outils, elle arrive quand la société adopte de nouveaux comportements! »

J’aime penser et je le dit souvent, que la pluie fait pousser aussi bien les tomates que la mauvaise herbe. Ce n’est pas la technologie qui fait le travail, c’est l’humain qui l’utilise. Il me semble qu’un œil objectif peut comprendre cette nuance. Décevant, notre niveau de débat dans les médias. Apprendre et comprendre sont pourtant des mots à leur portée. Avec leur pouvoir, ils peuvent changer tellement de choses. Souvenez-vous des guichets automatiques dans le milieu des années 80, personne n’en voulait et pourtant on ne pourrait plus s’en passer.

L’information à l’ère des nouveaux médias

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la démocratie avec les médias sociaux. Les journalistes ne sont plus les seuls fiduciaires de l’information s’il en est, mais ils peuvent devenir les courroies du changement pour encore qu’ils fassent preuve de vision et que les faits ne servent pas seulement à justifier le passé, mais à construire l’avenir. Avec les médias sociaux, nous pouvons aussi abattre les bonnes idées, mais je pense qu’avec l’interactivité, on peut surtout en débattre. C’est ça le journalisme à l’ère 2.0!

Donnez son opinion : est-ce un droit ou un privilège selon vous?

Détails du communiqué du lancement de mobybak

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