Il
m’arrive de me demander si mes voisins sont virtuels ou réels. Je ne les vois jamais. Tout ce que je vois, c’est leur réseau sans fil « les grosses têtes » qui me rappelle qu’ils habitent dans mon rayonnement immédiat. Cela me fait réfléchir sur notre propension à chercher au loin, ce qui est tout près de nous. Je parlais justement avec un client qui me disait à quel point la pensée populaire (du moins son comité de direction) perçoit le Web comme un outil de conquête mondiale par opposition à un outil de succès local. Un autre paradigme issu de la fracture numérique entre des gens de deux époques. En effet, d’un côté une génération dite « émigrante numérique » qui a adapté sa vie avec un outil qu’elle n’aurait pas inventé et de l’autre côté, une génération dite « native numérique » qui a inventé un nouveau mode de vie totalement branché grâce à Internet et qui invente des utilisations insoupçonnées à tous les jours.
Pour les jeunes, travailler dans un bureau sans Internet, c’est exactement comme travailler dans un bureau sans fenêtre. Je dois dire que sur ce seul critère : je suis officiellement jeune! Ils organisent leur vie au fur et à mesure que les textos apparaissent sur leur mobile ou dans leur Facebook. Ils sont dans un continuel « zoom out » pour regarder la grande planète et en « zoom in » pour interagir avec l’ami assis sur la chaise d’à côté. Sur l’autre côté de la fracture, on regarde le Web avec scepticisme en se disant que finalement la globalisation c’était une très mauvaise idée et on peine à communiquer de manière fluide puisque branché de manière intermittente. La réponse arrive après que la question ait déjà changé. Il faut voir les échanges de courriels déguisés en « chat » … impossible de suivre : un vrai dialogue de sourds! Lire la suite

